Atelier de recherche

Les pratiques transnationales émancipatrices face au « paradigme espéranto ». Expériences du long XXe siècle.

06 septembre | 10h00

Atelier – Pratiques des langues en contexte transnational – 6 au 8 septembre 2021
Les usages et circulations des langues minoritaires dans un contexte international permettent d’observer des fonctionnements « transversaux ». L'espéranto qui apparaît en 1887 constitue une expérience linguistique non centralisée. Le pouvoir de décision est rapidement dévolu à la communauté des locuteurs, qui fonctionne comme un « collège invisible » faisant évoluer la langue par l'usage. De même, les espérantistes font immédiatement un effort soutenu de diffusion auprès d'un grand nombre de communautés linguistiques, vers les langues « impériales » (français, anglais, allemand, russe...), mais également en direction de peuples dominés et sans État. Ils s’adressent à l'ensemble de la communauté des nations, bien au-delà de l’Europe.Dans d'autres registres de l'action collective, on peut s'intéresser au statut des langues et aux pratiques linguistiques dans les mouvements et/ou groupes transnationaux se revendiquant d'une éthique égalitaire. Les langues d'échange des communautés en migration ou en diaspora offrent aussi un terrain particulièrement riche pour l'analyse de ces circulations et usages linguistiques à l'échelle mondiale, qui échappent à une autorité linguistique centralisée.

Le séminaire est ouvert aux étudiants en master, doctorat et aux post-doctorants de toutes les universités. Les candidats sélectionnés recevront un financement pour leurs frais de voyage et d'hébergement à Berlin (financement de l'Université Franco-Allemande).

Présentation générale du cycle d'ateliers

Berlin, Bonn, Paris, 2021-2023

A partir de la fin du XIXe siècle, les échanges internationaux s’intensifient. Alors que les revendications nationales se renforcent avec la multiplication des États-nations, on voit apparaître des organisations interétatiques de niveau mondial. L’usage d'une poignée de langues dominantes se généralise parmi les élites. Cependant les organisations internationales qui visent à moderniser et à standardiser le monde se structurent toujours à partir du niveau national.Dans le même temps, émergent de nombreux mouvements issus de mobilisations citoyennes ou militantes, qui se sont engagés sur une autre voie des relations entre des peuples de langues et de nationalités différentes. Ils ne partent pas de « l’unité nation » et visent avant tout à renforcer des échanges directs et promouvoir l’action collective transnationale.Le « paradigme espéranto » intervient ici. À l’exemple du mouvement pour l’établissement et la diffusion d’une langue de communication internationale « neutre », nous nous intéressons à toute forme innovante et autonome d’association non contraignante entre des individus mettant en œuvre une action au-delà des frontières. En puisant des exemples dans différents domaines, nous chercherons à décrire et à caractériser ces expériences d'organisation décentralisée à l'échelle mondiale.L'objectif du cycle d'ateliers est de fournir un lieu d’échange et de réflexion commune sur ces formes spécifiques de mondialisation, issues de mécanismes de mobilisation citoyenne ou militante mais sans projet direct et immédiat de transformation politique. Il s’agit enfin de favoriser l’émergence de terrains de recherche nouveaux, de poser la question de la constitution des sources relatives aux mobilisations transnationales non institutionnalisées.

Le programme est composé de trois ateliers qui se tiendront en 2021 à Berlin, en 2022 à Bonn et en 2023 à Paris.

Partennaires

CNRS, University of St Andrews, Universität Bonn,