Individu, société et culture à l'époque nationale-socialiste

Responsable : Klaus-Peter Sick

L’approche culturelle du nazisme constitue l’axe des travaux menés au sein de ce groupe de recherche du Centre Marc Bloch. En même temps, le groupe replace son analyse de la dictature nationale-socialiste dans le contexte plus large de l’histoire allemande et européenne du dix-neuvième et vingtième siècle en s’ouvrant, par exemple, à des travaux sur la dictature de Vichy.

Ce groupe, fondé fin 2010, analyse l’individu dans le contexte de la société et de la culture à l’époque du nazisme. Il adopte, pour ce faire, une perspective transdisciplinaire qui se sert aussi bien des méthodes des sciences de la culture que de celles de la sociologie.

L’axe déterminant ses travaux en 2013/14 est l’analyse des relations entre l’individu, la société et la culture à l’exemple du nazisme – sans pour autant perdre de vue les autres dictatures de l’époque, celle de Vichy par exemple, mais aussi celle en URSS. Le groupe représente ainsi l’un des centres d’intérêt traditionnels de la recherche française sur l’Allemagne, raison pour laquelle il réunit une part relativement importante de ses (jeunes) chercheurs et chercheuses. Ces chercheurs et chercheuses ont adopté souvent, dans leurs propres travaux sur la dictature allemande, une approche culturelle, reflétant ainsi le déplacement des paradigmes de la recherche sur le nazisme : la violence, l’exclusion, mais aussi la mémoire ou le langage sont ainsi des sujets de ses débats. Le groupe organise un séminaire de groupe de recherche sous le titre « Itinéraires/biographies individuel(le)s et expériences collectives à l’époque nationale-socialiste ».

Ce séminaire se réunit au minimum une fois par mois, voire plus s’il y a une demande correspondante de la part de ses membres ou de chercheurs extérieurs souhaitant présenter leurs travaux. Des textes clé de la recherche « biographique » récente sont lus en commun ou présentés, afin de déterminer leur apport à l’analyse du nazisme. Depuis 2011, ont été lus par exemple des textes de François Dosse ou de Michael Wildt. Mais le séminaire donne surtout l’occasion à des chercheurs et chercheuses (jeunes ou confirmé.e.s) qui adoptent dans leurs travaux une approche « biographique » – des exemples depuis 2011 sont Freddy Raphael, Michel Cullin ou Fabien Théofilakis – de proposer leurs thèses dans un cadre restreint qui permet une discussion à la fois amicale et serrée. Le groupe essaie d’inviter à l’occasion des interventions de ses membres ou de ses invités extérieurs, des répondants qualifiés afin de faciliter un débat fructueux et ce, tout particulièrement, entre des chercheurs et chercheuses français.es et allemand.e.s réuni.e.s par des approches ou des thèmes partagés.

Chez les uns, ce sont des travaux se servant d’autobiographies, chez les autres des travaux sur des biographies politiques « classiques », sur des itinéraires intellectuels ou sur des réseaux. En 2011/12 s’est formé au sein du groupe de recherche un noyau autour du sujet de l’occupation, à l’époque de la Seconde Guerre mondiale, d’autres Etats par l’Allemagne nationale-socialiste. Ici, la résistance contre l’occupant est redevenue un centre d’intérêt. Ceci reflète, peut-être, un mouvement de la recherche historique qui s’était longtemps intéressée plus aux collaborateurs qu’à ceux qui ont lutté contre l’occupant allemand, mais qui semble revenir, sous de nouveaux angles d’approche, à l’analyse de la Résistance et des résistant.e.s. En 2012/13 par contre, les séances du groupe de recherche se sont concentrées plutôt sur les acteurs nazis – et en particulier sur les acteurs SS. Mais ce faisant, le groupe a essayé de ne pas perdre de vue quelques notions clé, comme celle de la « génération politique ». Cette dynamique thématique de ce groupe de recherche du Centre Marc Bloch reflète la fluctuation des chercheurs et chercheuses travaillant dans son cadre. Et elle reflète ce faisant aussi l’une de ses tâches principales : d’être dans le contexte franco-allemand un lieu de soutien et de formation de jeunes chercheurs et chercheuses. C’est sous cet aspect que le groupe de travail est devenu, et souhaite devenir à nouveau à l’avenir, le toit sous lequel peuvent s’élaborer, par ses membres, des ateliers de recherche ou des séminaires de doctorants, comme cela avait été le cas en juin 2011 (atelier « ‘Vom Gegner lernen’ : Transferts d’expériences d’occupation en Europe (1914-1968) ») ou en mars 2013 (séminaire de doctorants « Politique et altérité »).

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