Bloch'Notes - Newsletter




Newsletter octobre 2018


Vorwort - Jakob Vogel - Im Verlaufe seiner mehr als 25-jährigen Geschichte hat das Centre Marc Bloch bereits eine ganze Reihe von Wechseln in seiner Leitung miterlebt. Nach Étienne François, Catherine Colliot-Thélène, Pascale Laborier, Patrice Veit und Catherine Gousseff darf ich nun als sechster Direktor das Centre Marc Bloch und seine lebendige Crew von ForscherInnen und DoktorandInnen in den nächsten Jahren führen. Das ist eine besondere Ehre und Herausforderung und ich bin froh, mit Markus Messling und ab dem 1. Januar 2019 Katia Genel zwei besonders kompetente und engagierte stellvertretende DirektorInnen an meiner Seite zu wissen. Dass wir uns auf ein eingespieltes Team in der Verwaltung und eine sehr aktive Gruppe von ForscherInnen und  DoktorandInnen aus Deutschland, Frankreich und anderen Ländern, aber auch auf enge Beziehungen mit unseren Trägerinstitutionen stützen können, ist ein besonderes Glück bei dieser außerordentlich spannenden Aufgabe. [mehr lesen...]

 


Éditorial - Jakob Vogel - Au cours de son histoire, qui dure désormais depuis plus de 25 ans, le Centre Marc Bloch a déjà assisté à de nombreux changements au sein de sa direction. Après Étienne Francois, Catherine Colliot-Thélène, Pascale Laborier, Patrice Veit et Catherine Gousseff, j’ai donc la chance de devenir le sixième directeur du Centre Marc Bloch et de pouvoir, depuis la rentrée, diriger une équipe très active de chercheur.e.s et de doctorant.e.s. C’est un grand honneur mais aussi un défi et je suis ravi, pour remplir cette mission, de pouvoir compter à mes côtés sur Markus Messling et, à partir du 1er janvier 2019, Katia Genel, deux directeur et directrice adjoint.e.s engagé.e.s et compétent.e.s.  Nous pouvons également compter sur une équipe administrative expérimentée, un groupe de chercheur.e.s et de doctorant.e.s. venu.e.s d’Allemagne, France et de nombreux autres horizons, ainsi que sur nos tutelles. C’est un atout primordial pour cette mission qui s’annonce passionnante. [lire la suite...]

 

Sommaire






Actualités


Vorwort / Éditorial

Im Verlaufe seiner mehr als 25-jährigen Geschichte hat das Centre Marc Bloch bereits eine ganze Reihe von Wechseln in seiner Leitung miterlebt. Nach Étienne François, Catherine Colliot-Thélène, Pascale Laborier, Patrice Veit und Catherine Gousseff darf ich nun als sechster Direktor das Centre Marc Bloch und seine lebendige Crew von ForscherInnen und DoktorandInnen in den nächsten Jahren führen. Das ist eine besondere Ehre und Herausforderung und ich bin froh, mit Markus Messling und ab dem 1. Januar 2019 Katia Genel zwei besonders kompetente und engagierte stellvertretende DirektorInnen an meiner Seite zu wissen. Dass wir uns auf ein eingespieltes Team in der Verwaltung und eine sehr aktive Gruppe von ForscherInnen und  DoktorandInnen aus Deutschland, Frankreich und anderen Ländern, aber auch auf enge Beziehungen mit unseren Trägerinstitutionen stützen können, ist ein besonderes Glück bei dieser außerordentlich spannenden Aufgabe.

Das Centre Marc Bloch, das sich stets durch eine besonders dynamische, interdisziplinäre Forschung ausgezeichnet hat, ist längst aus der Berliner wie auch darüber hinaus aus der deutschen und französischen Wissenschaftslandschaft nicht mehr wegzudenken. Generationen von ForscherInnen und DoktorandInnen haben bei ihren Aufenthalten am CMB die Chance gehabt, sich wechselseitig über ihre eigenen Arbeiten wie auch die Forschungen anderer auszutauschen, Bücher und Aufsätze zu verfassen oder ihre Forschungen gegenüber einer breiteren Öffentlichkeit vorzustellen und zu diskutieren.

Dieser besondere lebendige Austausch über disziplinäre und andere Grenzen hinweg soll auch in Zukunft unsere Stärke ausmachen, damit das CMB auch weiterhin die Rolle eines „Inkubators“ neuer Forschungsansätze und -themen besitzt. Gerade in der heutigen Zeit, in der „Drittmittel“ nicht nur in Deutschland zum Zauberwort des universitären Betriebs geworden ist, ist die Dynamik und Produktivität des gedanklichen Austauschs auch jenseits der klassischen Disziplingrenzen eine wichtige Basis für die Entwicklung neuer Projekte, die ihrerseits die vier Forschungsschwerpunkte des CMB bereichern.

Die beiden ERC-Projekte, die Leyla Dakhli und Camille Roth im vergangenen Jahr „gewonnen“ und am CMB angesiedelt haben, zeugen in diesem Sinne nicht nur von der Exzellenz der hier betriebenen Forschung, sondern auch von ihrer Lebendigkeit und dem Mut, neue Themen und Fragestellungen zu verfolgen! Dass sie gleichzeitig aber auch das Team und die ForscherInnen vor neue Herausforderungen stellt, gehört zu den erfreulichen Nebeneffekten derartiger Großprojekte, denen sich das CMB und seine neue Leitung gerne stellen.

Von den vier Forschungsschwerpunkten, welche die Forschung im Centre Marc Bloch bündeln, stellt dieser Newsletter den ersten vor, der sich elementar mit den verschiedenen Aspekten der Politik und des Politischen befasst. Unter dem Titel „ Staat, Recht und politischer Konflikt“ vereint er unter der Leitung von Andrea Kretschmann und Guillaume Mouralis ForscherInnen und DoktorandInnen aus der Soziologie, der Politikwissenschaft, den Geschichtswissenschaften und der Philosophie, die sich zweiwöchentlich zum internen Seminaraustausch treffen. Daneben werden aber auch andere kollektive Forschungsvorhaben, Tagungen und Workshops von dem Forschungsschwerpunkt organisiert.

Dies ist jedoch nur ein Beispiel für die vielfältige Forschung am CMB, von der wir Ihnen hier sowie schon sehr bald auch auf unserer neuen Webseite einige Ausschnitte vorstellen. Wir würden uns sehr freuen, Sie alle nicht nur als unsere Leserinnen und Leser, sondern recht bald auch bei einer unserer Veranstaltungen begrüßen zu dürfen!

Jakob Vogel


Le mot du directeur

Au cours de son histoire, qui dure désormais depuis plus de 25 ans, le Centre Marc Bloch a déjà assisté à de nombreux changements au sein de sa direction. Après Étienne François, Catherine Colliot-Thélène, Pascale Laborier, Patrice Veit et Catherine Gousseff, j’ai donc la chance de devenir le sixième directeur du Centre Marc Bloch et de pouvoir, depuis la rentrée, diriger une équipe très active de chercheur.e.s et de doctorant.e.s. C’est un grand honneur mais aussi un défi et je suis ravi, pour remplir cette mission, de pouvoir compter à mes côtés sur Markus Messling et, à partir du 1er janvier 2019, Katia Genel, deux directeur et directrice adjoint.e.s engagé.e.s et compétent.e.s.  Nous pouvons également compter sur une équipe administrative expérimentée, un groupe dynamique de chercheur.e.s et de doctorant.e.s. venu.e.s d’Allemagne, de France et de nombreux autres horizons, ainsi que sur une coopération fructueuse avec nos tutelles. C’est un atout primordial pour cette mission qui s’annonce passionnante.

Le Centre Marc Bloch, qui se caractérise par une recherche particulièrement dynamique et interdisciplinaire, fait partie intégrante du paysage scientifique berlinois mais aussi allemand et français. Plusieurs générations de chercheur.e.s et de doctorant.e.s ont eu la chance de pouvoir échanger pendant leurs séjours au CMB sur leurs différents travaux de recherche, publier de nombreux ouvrages et articles, et faire connaître les résultats de leurs recherches au plus grand nombre.

Cet échange vivant et dépassant les frontières, notamment disciplinaires, doit rester notre force à l’avenir, afin que le CMB continue à jouer son rôle d’ « incubateur » de nouveaux projets et thèmes de recherche. Á l'heure où les « financements tiers » sont devenus, et pas seulement en Allemagne, un élément-clé du fonctionnement universitaire, le dynamisme et la productivité de l’échange intellectuel, au-delà des frontières disciplinaires classiques, servent de base importante pour le développement de nouveaux projets, qui viennent à leur tour enrichir les quatre pôles de recherche du Centre Marc Bloch.

Les deux projets ERC, qui ont été « remportés » l’année dernière par Leyla Dakhli et Camille Roth, et qui sont désormais rattachés au CMB, témoignent ainsi non seulement de l’excellence de notre recherche mais aussi de sa vivacité et du courage de nos chercheur.e.s de développer de nouveaux thèmes et de nouvelles problématiques. Que ces projets soient synonymes de nouveaux défis pour l’équipe du Centre et ses chercheur.e.s, est l’une des conséquences logiques de tels projets de grande envergure. La nouvelle équipe de direction se réjouit de pouvoir répondre à ces défis.

Parmi les quatre pôles de recherche qui concentrent les différents travaux de recherche du CMB, c’est le premier qui est à l’honneur de cette Newsletter. Un pôle qui se penche sur les différents aspects de la politique et du politique. Sous le titre « État, droit et conflit politique », il réunit sous la direction d’Andrea Kretschmann et de Guillaume Mouralis des chercheur.e.s et doctorant.e.s venu.e.s de la sociologie, des sciences politiques, de l’histoire et de la philosophie, qui se retrouvent toutes les deux semaines pour un séminaire interne. En parallèle sont organisés sur cette thématique de nombreuses conférences et ateliers de travail au Centre.

C’est donc un exemple parmi tant d’autres de la diversité du travail de recherche au CMB qui est présenté dans cette lettre d’information, mais également bientôt sur le tout nouveau site Internet du Centre. Chères lectrices, chers lecteurs, nous serions ravis de pouvoir vous rencontrer bientôt lors de prochaines conférences au Centre Marc Bloch.

Jakob Vogel



Jahresvortrag / Conférence inaugurale - Gisèle Sapiro

Die französische Wissenschaftlerin Gisèle Sapiro wird am 15. Oktober den Jahresvortrag des Centre Marc Bloch halten. Die Veranstaltung zum Thema "Die Figur des Intellektuellen im Wandel" wird in Kooperation mit dem Wissenschaftskolleg zu Berlin organisiert.

Zum feierlichen Auftakt des akademischen Jahres lädt das Centre Marc Bloch jährlich wichtige Persönlichkeiten der französischsprachigen Wissenschaftslandschaft ein. Nach Henry Laurens (2015), Mireille Delmas-Marty (2016) und Enzo Traverso (2017) freuen wir uns nun, die renommierte Soziologin Gisèle Sapiro bei uns begrüßen zu dürfen.

Ausgehend von Zolas Engagement in der Dreyfus-Affäre hat sich in Frankreich eine Figur des "Intellektuellen" herauskristallisiert, die seither untrennbar mit kritischem Denken und der Verteidigung universeller Werte verbunden ist. Umso erstaunlicher mutet also an, dass derzeit ausgerechnet neoreaktionäre Intellektuelle am stärksten in den Medien vertreten sind, die sich die Bewahrung "nationaler Identitäten" auf die Fahne geschrieben haben und fremdenfeindliche Stimmung gegen Migranten verbreiten. Dieser Vortrag nimmt die Strukturen und den Wandel des intellektuellen Felds (nach Bourdieu) entlang seiner Kontinuitäten und Brüche seit dem ausgehenden 19. Jahrhundert in den Blick. Anhand des französischen Falls soll hierbei ein Modell erstellt werden, das zwischen verschiedenen Formen des intellektuellen Engagements – je nach symbolischem Kapital, Autonomie und Spezialisierung der Akteure – differenziert und Fragen nach der Rolle der Intellektuellen im heutigen Europa aufwirft.

Gisèle Sapiro ist Professorin für Soziologie an der EHESS und Forschungsdirektorin am CNRS sowie Fellow des Wissenschaftskollegs zu Berlin 2018/2019. Nach einer vielfältigen akademischen Laufbahn, in der sie sich mit Poesie und Literatur, mit Philosophie und Soziologie beschäftigt hat, hat sie sich auf die Untersuchung der intellektuellen Sphäre sowie der internationalen Verbreitung von Ideen, insbesondere im Bereich der Literatur, spezialisiert. Seit ihrer Promotion bei Pierre Bourdieu im Jahre 1994 hat sie eine Vielzahl von Büchern und Artikeln veröffentlicht, unter anderem La Guerre des écrivains (1940-1953) (Fayard, 1999) und zuletzt Les Écrivains et la politique en France : De l'Affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie (Le Seuil, 2018).

 

Datum: 15. Oktober 2018, 18 Uhr

Ort: Centre Marc Bloch, Germaine-Tillion-Saal (7. OG), Friedrichstraße 191, 10117 Berlin

Eintritt frei – Vortrag in französischer Sprache mit Simultanübersetzung

Anmeldung erwünscht: risbourque@cmb.hu-berlin.de


Conférence inaugurale avec Gisèle Sapiro

Pour sa conférence inaugurale qui se tiendra le 15 octobre, le Centre Marc Bloch aura l’honneur d’accueillir Gisèle Sapiro. Cette manifestation consacrée aux "Métamorphoses de la figure de l'intellectuel" est organisée en coopération avec le Wissenschaftskolleg zu Berlin.

Le Centre Marc Bloch invite traditionnellement des grandes figures du monde scientifique francophone pour sa conférence inaugurale tel qu'Enzo Traverso (2017), Mireille Delmas-Marty (2016) ou encore Henry Laurens (2015) et se réjouit de pouvoir compter sur la présence de la sociologue de renom Gisèle Sapiro pour cette nouvelle rentrée.

La figure de l'intellectuel s'est cristallisée autour de l'engagement de Zola dans l'affaire Dreyfus. Elle a été depuis associée à la pensée critique et à la défense de valeurs universelles. Comment expliquer alors que de nos jours, les intellectuels les plus médiatiques soient des voix néo-réactionnaires défendant les identités nationales et diffusant des sentiments xénophobes contre les migrants? Cette conférence analysera la structure et les transformations du champ intellectuel tel que défini par Bourdieu, en portant au jour les continuités et discontinuités depuis la fin du 19e siècle. Le cas français servira à construire un modèle différenciant les formes d'engagement des intellectuels selon leur capital symbolique, leur autonomie et leur spécialisation, ainsi qu'à interroger leur rôle dans l'Europe d'aujourd'hui.

Gisèle Sapiro est directrice de recherche au CNRS, Directrice d'études à l'EHESS et Fellow du Wissenschaftskolleg zu Berlin 2018-2019. Forte d’un parcours académique extrêmement diversifié, allant de la poétique et littérature comparée à la sociologie en passant par la philosophie, elle s’est spécialisée dans l’étude du champ intellectuel et de la circulation internationale des idées, notamment dans le domaine de la littérature. Elle a soutenu sa thèse de doctorat en sociologie en 1994, sous la direction de Pierre Bourdieu, et a publié depuis de nombreux ouvrages et articles – parmi lesquels La guerre des écrivains (1940 – 1953) (Fayard, 1999) ou, dernièrement, Les Ecrivains et la politique en France : De l'Affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie, (Le Seuil, 2018).

Date: 15 octobre 2018 - 18 heures

Lieu: Centre Marc Bloch - Salle Germaine Tillion (7e étage)

Friedrichstraße 191 - 10117 Berlin

Entrée libre - Conférence en français avec traduction simultanée

Inscription souhaitée à l'adresse risbourque@cmb.hu-berlin.de


Compte-rendu


„We all wanna change the world“

Der internationale Workshop „We all wanna change the world“. The Revolutionary Sixties in the Mediterranean and the Middle East fand am 11. und 12. Oktober 2018 am Centre Marc Bloch in Berlin statt.

Ein halbes Jahrhundert nach dem legendären Jahr 1968 werden Erbe und Erinnerung der Global Sixties hauptsächlich anhand der Entwicklung einiger weniger Orte in Europa und den Vereinigten Staaten in den Blick genommen. Dutzende wichtige Protestbewegungen und revolutionäre Organisationen sowie breiter studentischer Aktivismus in Ländern des Mittelmeerraums und des Nahen Ostens bleiben jedoch in diesem eurozentrischen Narrativ unbeachtet.

Der Workshop befasste sich mit konkreten transnationalen Kontakten und Mobilitäten zwischen dem Mittelmeerraum, dem Nahen Osten und anderen Teilen der Erde während der revolutionären Global Sixties. Darüber hinaus wurde danach gefragt, wie verschiedene Strömungen innerhalb der breiteren Bewegung antiimperialistischen Protestes – nationalistisch, islamisch, feministisch, die Interessen der Dritten Welt vertretend – miteinander interagierten. Der Workshop legte zudem einen Fokus auf die Frage, wie sie sich durch Solidaritätsaktionen andere Widerstandsbewegungen, insbesondere in Algerien, Palästina, im Jemen und im Vietnam, zu eigen machten und sich paradigmatisch von ihnen inspirieren ließen. Die 1960er-Jahre wurden nicht allein aus der Perspektive transnationaler politischer und intellektueller Geschichte betrachtet, sondern auch in sozialgeschichtlicher Herangehensweise, die die Lebenswelten und Erfahrungen der Akteure aufgreift. Deshalb haben wir ebenfalls die Rolle von Gender, Jugend und körperlicher Performanz untersucht, welche die Bewegungen im Laufe des revolutionären Jahrzehnts geformt haben. Die gemeinsame Untersuchung dieses Zeitraumes ging über biografische Quellen und die Überbetonung der „Zeitzeugen“ hinaus und führte jüngere Ansätze der Geschichtsschreibung der revolutionären 1960er-Jahre zusammen.

Das detaillierte Programm ist hier einsehbar:

https://cmb.hu-berlin.de/kalender/termin/we-all-wanna-change-the-world-the-revolutionary-sixties-in-the-mediterranean-and-the-middle-east/

Diese Kooperation zwischen dem Centre Marc Bloch, dem Zentrum Moderner Orient und dem ERC-Projekt DREAM – „Drafting and Enacting the Revolutions in the Arab Mediterranean“ wurde von der Fritz Thyssen Stiftung gefördert.


Le workshop international « We all wanna change the world ». The Revolutionary Sixties in the Mediterranean and the Middle East s’est tenu les 11 et 12 octobre 2018 au Centre Marc Bloch à Berlin.

Alors que nous célébrons le cinquantième anniversaire de l’iconique année 1968, l’étude de l’héritage et de la mémoire des Global Sixties demeure largement centrée sur les développements en un petit nombre d’endroits en Europe et aux États-Unis. Or, des dizaines d’importants mouvements de contestation, d’organisations révolutionnaires et d’activisme étudiant dans de nombreux pays en Méditerranée et au Moyen-Orient se trouvent exclus par cette perspective eurocentrique.

Au cours de ce workshop, il s’agissait de se pencher sur les formes concrètes d’interactions et de mobilités transnationales entre la Méditerranée, le Moyen-Orient et le reste du monde durant les Global Sixties révolutionnaires. Nous nous sommes intérogés aussi sur la manière dont différents courants au sein des grands mouvements de contestation anti-impérialiste – tiers-mondistes, nationalistes, islamiques, féministes… – interagissaient entre eux. Le workshop s'est également concentré sur l’appropriation et l’inspiration paradigmatique d’autres mouvements de résistance, comme par exemple en Algérie, en Palestine, au Yémen et au Vietnam, à travers des actions solidaires. L’objectif a été d’appréhender les années soixante non pas uniquement du point de vue de l’histoire transnationale politique et intellectuelle, mais d’y ajouter une dimension socio-historique en envisageant l’expérience vécue des acteurs impliqués. C’est ainsi que nous avons également examiné le rôle du genre, de la jeunesse et de la performance corporelle dans la construction de ces mouvements de la décennie révolutionnaire. Il s’agissait de dépasser le seul usage des sources biographiques et l’importance excessive accordée aux « témoins » dans le traitement historique de la période, au profit d’approches historiographiques plus récentes dans l’étude des années 60 révolutionnaires.

Vous trouverez un programme détaillé ici : https://cmb.hu-berlin.de/kalender/termin/we-all-wanna-change-the-world-the-revolutionary-sixties-in-the-mediterranean-and-the-middle-east/

La manifestation a été co-organisée par le Centre Marc Bloch, le Zentrum Moderner Orient et le projet ERC DREAM – Drafting and Enacting Revolutions in the Arab Mediterranean et financée par la Fondation Fritz Thyssen.


Portrait


Jakob Vogel, erster deutscher Direktor des CMB / Jakob Vogel, premier directeur allemand du CMB

Am 1. September dieses Jahres hat Jakob Vogel die Nachfolge von Catherine Gousseff als Direktor des Centre Marc Bloch angetreten. Das Centre ist dem Historiker gut vertraut: Bereits als Postdoc-Forscher war er hier beschäftigt, später auch als stellvertretender Direktor.

 

Die Vergangenheit hat natürlich eine große Bedeutung, gerade als Historiker weiß man das. Doch was ich heute besonders spannend finde, ist, neue Verbindungen und Kontakte für das Centre zu schließen und neue Synergien zu schaffen. Ich denke, dass sich hier eine ganze Reihe von interessanten Perspektiven ergeben.Jakob Vogel ist schon seit Langem eng mit dem CMB verbunden. Der gemeinsame Weg beginnt, als er an seiner Dissertation arbeitet – das Centre steckt damals noch in den Kinderschuhen: „Mein erster Kontakt mit dem CMB war eine Tagung zum Thema ‚Nation und Emotion‘, die ich als Doktorand an der FU gemeinsam mit Étienne François und Hannes Siegrist vorbereitet habe, als es das Centre noch gar nicht gab; das war eine der ersten Tagungen, die am CMB stattfanden. Offiziell kam ich erst 1995 mit einem Postdoc-Stipendium hierher. Wir waren damals nur sehr wenige Deutsche, das Centre zog vor allem junge Doktorandinnen und Doktoranden aus Frankreich an, die vom Berlin im Wandel nach der Wiedervereinigung fasziniert waren.

Nach einer Tätigkeit als Wissenschaftlicher Assistent am Frankreichzentrum der Technischen Universität Berlin kehrt Jakob Vogel 2006 als erster deutscher stellvertretender Direktor zurück ans CMB und arbeitet hier an der Seite von Pascale Laborier und Yves Sintomer. „Das Centre war zu diesem Zeitpunkt, nicht zuletzt auch dank der Förderung des BMBF, schon mehr und mehr eine binationale Institution geworden.“ Dieses deutsch-französische Miteinander spielte sich auch auf dem Fußballfeld ab. Zu dieser Zeit schloss sich eine kleine deutsch-französische Fußballmannschaft am CMB zusammen, und Jakob Vogel erinnert sich noch gut an die Sternstunde des Teams: ein Turnier in den Berliner Ministergärten.

Im Jahr 2008 wird Jakob Vogel auf die Professur für die Geschichte Europas und des europäischen Kolonialismus des 18. bis 20. Jahrhunderts an der Universität zu Köln berufen. „Das war eine sehr interessante und spannende Zeit, in der ich mich unter anderem sehr in der Doktorandenausbildung engagiert habe. So habe ich z.B. mit Kolleginnen und Kollegen am Aufbau einer Graduiertenschule mitgearbeitet. Aber als dann die Möglichkeit kam, nach Paris zu Sciences Po zu gehen, war das für mich eine ganz großartige Perspektive.“ An dieser renommierten Hochschule lehrt er als Professor für Europäische Geschichte des 19. und  20. Jahrhunderts am Centre d’histoire und leitet von 2016 bis 2018 die Zeitschrift Histoire@Politique. Er unterrichtet sowohl in Paris als auch auf dem deutsch-französischen Sciences-Po-Campus in Nancy und in Reims. „Die Zeit in Reims, wo ich im euro-afrikanischen Studiengang lehrte, war äußerst spannend, da ich meinen Blick auf die europäische Geschichte des 19. Jahrhunderts hier viel stärker globalhistorisch ausrichten musste.

Die Erfahrungen in Köln und Paris bleiben für Jakob Vogel prägend. „Ich bin jemand, der extrem gerne reist, und ich bin immer wieder der Meinung, dass auch für uns Historiker und Sozialwissenschaftler Reisen und Auslandsaufenthalte extrem wichtig sind, um die Perspektive zu wechseln und sich neue Forschungsfelder zu erschließen. In Köln habe ich mich z.B. mit der Geschichte des Osmanischen Reiches und des Mittelmeerraumes beschäftigt, was für mich völlig neu war. In den letzten Jahren hat sich wiederum meine alte Liebe für Lateinamerika neu entwickelt, die ich im Austausch mit Kolleginnen und Kollegen aus Brasilien, Mexiko oder Chile auch in meine Forschungen einbringen konnte. Solche Begegnungen sind außerordentlich wichtig, um sich auch über das Deutsch-Französische hinaus die breiteren europäischen Verbindungen vor Augen zu führen.“ Und mit einem Zitat des französischen Künstlers Francis Picabia fügt er hinzu: „Unser Kopf ist rund, damit das Denken die Richtung ändern kann.

Die europäische und internationale Ausrichtung des CMB zu stärken, das ist also eines der Ziele, die sich Jakob Vogel für sein Mandat gesetzt hat. Sein Antritt als neuer Direktor ist an sich bereits ein Ereignis, denn er ist der erste Forscher an der Spitze des Centre Marc Bloch, der aus Deutschland stammt: „Vor dem Hintergrund meiner eigenen Biografie und der Rolle, die das Centre in meiner Laufbahn gespielt hat, hat diese Etappe für mich eine ganz besondere Bedeutung, und ich bin mir der großen Verantwortung bewusst, die diese Stelle mit sich bringt. Es ist mir ein wichtiges Anliegen, die exzellente deutsch-französische und interdisziplinäre Forschung hier am CMB weiter voranzubringen und ihr neue Anregungen zu geben, wobei ich auch aus meinen Erfahrungen außerhalb des Centre Marc Bloch schöpfen kann.

Interview: Sébastien Vannier


Jakob Vogel, premier directeur allemand du Centre Marc Bloch

 

Succédant à Catherine Gousseff, Jakob Vogel a pris au 1er septembre ses fonctions de directeur du Centre Marc Bloch. Une institution que l’historien connaît bien pour y avoir déjà séjourné en tant que post-doctorant puis directeur adjoint.

 

« Le passé a évidemment une dimension importante. En tant qu’historien, je partage naturellement cette vision. Néanmoins, aujourd’hui, ce qui me semble important, c’est d’établir de nouveaux contacts, de mettre en place de nouvelles synergies et d’ouvrir ainsi au Centre Marc Bloch de nouvelles perspectives. » Jakob Vogel a une relation de longue date avec le CMB. Ce parcours commun commence alors qu’il est doctorant et que le Centre Marc Bloch n’en est qu’à ses balbutiements : « Doctorant à la Freie Universität, j’avais préparé avec Étienne François une conférence sur  Nation und Emotion  alors que le CMB était en train de se construire. Je ne suis officiellement arrivé qu’en 1995 avec un contrat de post-doctorant. Nous étions très peu d’Allemands à cette époque où le Centre attirait beaucoup de jeunes doctorants français et doctorantes françaises qui étaient fasciné.e.s par la chute du Mur et ses conséquences sur le développement de Berlin. »

Après un poste de Wissenschaftlicher Assistent (Maître de conférences) au Frankreichzentrum de la Technische Universität de Berlin, Jakob Vogel revient en 2006 en tant que premier directeur adjoint allemand du CMB, travaillant ainsi avec Pascale Laborier et Yves Sintomer. « Le Centre était devenu bien plus binational, notamment à travers l’engagement croissant du Ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la Recherche ». Une longue expérience franco-allemande qui s’est jouée également sur les terrains de football, se rappelle Jakob Vogel, puisque c’est à cette époque que s’est créée au CMB une petite équipe franco-allemande qui connaîtra son heure de gloire lors d’un tournoi se déroulant dans les Ministergärten de Berlin.

C’est à l’université de Cologne que Jakob Vogel obtient en 2008 une chaire professorale d’Histoire de l’Europe et du colonialisme européen. « Ce fut une période extrêmement intéressante et enrichissante durant laquelle je me suis – entre autres – engagée dans la formation doctorale en dirigeant avec quelques collègues un collège doctoral très actif. Mais s’est alors présentée l’opportunité de rejoindre Sciences Po Paris, ce qui professionnellement constituait une énorme chance. » Il y rejoint le Centre d’histoire en tant que professeur de l’Histoire de l’Europe (19e-20e s.) et devient rédacteur en chef, de 2016 à 2018, de la revue Histoire@Politique. Il enseigne aussi bien à Paris que sur le campus franco-allemand de Sciences Po à Nancy puis sur le campus de Reims : « L’expérience à Reims, dans le cadre du cursus euro-africain, a constitué un défi passionnant car elle m’a permis de repenser mon rapport à l’histoire européenne du 19e siècle dans une perspective globale ». 

Jakob Vogel insiste sur l’importance de ces deux postes, à Cologne et à Paris. « Je suis quelqu’un qui aime les voyages. Et je pense que c’est important en tant que chercheur, en tant qu’historien, d’avoir cette opportunité de séjourner dans d’autres villes et d’autres pays. Cela permet de s’ouvrir à d’autres horizons, d’autres champs de recherche. A Cologne, par exemple, j’ai eu l’opportunité d’enseigner l’histoire de l’Empire ottoman, ce qui était totalement nouveau pour moi. Et ces dernières années, j’ai pu raviver une ancienne passion pour l’Amérique Latine et son histoire, ce qui m’a permis des échanges fructueux avec des collègues aussi bien brésiliens, mexicains que chiliens... Ce sont des ouvertures primordiales pour dépasser notre horizon franco-allemand. » Et, en clin d’œil, Jakob Vogel cite l’artiste français Francis Picabia : « Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction. »

Renforcer l’ancrage européen et international du CMB est donc l’une des missions que Jakob Vogel s’est donnée à son arrivée comme directeur. Un événement en soi puisqu’il devient le premier chercheur allemand à diriger le CMB : « Au vu de mon parcours et de l’importance du CMB dans ma carrière, ce poste représente une étape particulière pour moi et je suis conscient de l’importance de la tâche qui m’est confiée. Je me suis fixé comme mission de continuer à développer l’excellence de la recherche interdisciplinaire franco-allemande pratiquée au Centre Marc Bloch tout en y insufflant de nouveaux éléments inspirés notamment de mes expériences passées. »

Entretien : Sébastien Vannier


Recherche en cours


Recht in Bewegung / Le droit en mouvement

Rechtliche Phänomene sind in den letzten Dekaden nur relativ selten in den Mittelpunkt sozialwissenschaftlicher Debatten gerückt, wobei es freilich Unterschiede in den einzelnen Ländern und Wissenschaftskulturen gibt. In den Sozial- und Geisteswissenschaften, und hier vor allem in den deutschsprachigen Ländern, wurde das Recht als Gegenstand nach einer kurzen Konjunktur, die von den 1970er- bis in die 1990er-Jahre reichte, fast ganz aus den universitären Lehrplänen verdrängt. Anders sieht die Lage in Frankreich aus, wo seit den 1990er-Jahren ein steigendes Interesse der Sozialwissenschaften (Soziologie, Geschichte, Politikwissenschaften und Anthropologie) zu beobachten ist. Dennoch ist auch hier die Auseinandersetzung mit rechtsbezogenen Themen weniger ausgeprägt als die mit anderen Themenfeldern.

In den letzten Jahren jedoch sind vor allem in den deutschsprachigen Wissenschaften vermehrt Bestrebungen erkennbar, Recht als wissenschaftlichen Gegenstand erneut aufzugreifen. Ob in der Anthropologie, der Soziologie, den Geschichtswissenschaften, den Politikwissenschaften oder (im Rahmen sozialwissenschaftlicher Forschung) den Rechtswissenschaften – überall lässt sich ein erneutes bzw. verstärktes Interesse an einer sozial- und geisteswissenschaftlichen Beschäftigung mit dem Recht erkennen. Dieses Interesse gründet u.a. auf der Beobachtung, dass Recht in unseren Gegenwartsgesellschaften nicht nur eine tragende, sondern heute durch Verrechtlichungstendenzen auch eine immer bedeutendere und nicht selten politisiertere Rolle spielt. Dieser erkennbare Wandel des Rechts wirft für die Sozial-, Rechts- und Geisteswissenschaften neue Fragen zur gegenwärtigen, aber auch zur historischen Beschaffenheit, Rolle und Funktion des Rechts auf. Recht gerät hier buchstäblich – und zwar in einem doppelten Sinne – in Bewegung.

Aus ebendiesem Grund setzt auch das Centre Marc Bloch seit einiger Zeit einen Schwerpunkt auf die Analyse des Rechts; vertreten durch ForscherInnen, Promovierende und Assoziierte aus Frankreich und Deutschland in Forschungsprojekten, Ringvorlesungen, Tagungen, Seminaren und Publikationen wie auch durch eine ständige Kooperation mit der Juristischen Fakultät der Humboldt-Universität. Im inhaltlichen Fokus steht die Entstehung und Umsetzung gesellschaftlicher und formalrechtlicher Normen durch Regierungen und staatliche Verwaltungen, aber auch durch soziale Gruppen. Die Forschenden am Centre berücksichtigen zum einen nicht-staatliche Einheiten und Gemeinschaften, die sich abseits des Staates oder in aktiver Opposition zu ihm positionieren. Hier wird etwa der Umgang sozialer Bewegungen mit Recht thematisiert. Zum anderen werden staatliche, trans- und internationale Regelsysteme untersucht, etwa anhand der Entstehung internationaler Gerichtshöfe und Rechtsbestände. In beiden Feldern wird neben der Genese und Strukturiertheit der (Rechts-)Normen deren Anwendung durch die Verwaltung oder die RechtsadressatInnen analysiert. Einen Schwerpunkt bildet dabei die Frage nach der Aneignung von gelebten oder kodifizierten Normen in der professionellen und nicht-professionellen juristischen Praxis.

Besonders gewinnbringend in der Zusammenarbeit am Centre ist die Auseinandersetzung mit dem deutsch- und dem französischsprachigen Forschungsstand, da beide sich in ihren theoretischen Anlagen, aber auch in ihren Forschungsfragen teilweise erheblich voneinander unterscheiden. Zudem ermöglicht der Kontext des Centre es in besonderem Maße, Vergleiche zwischen dem deutschen und dem französischen Rechtssystem vorzunehmen, wodurch sich Besonderheiten, aber auch Gemeinsamkeiten in und zwischen beiden aufdecken lassen.

In diesem Dossier stellen wir einige der ProtagonistInnen dieses Forschungskontexts vor und geben exemplarisch Einblick in einige einschlägige Forschungsaktivitäten: Sébastien Vannier stellt den Forscher Guillaume Mouralis vor. Tim Wihl präsentiert seine laufende Arbeit zum Thema „Protestrecht“, und Ulrike Zeigermann berichtet über eine für Januar 2019 geplante Tagung zum Thema „Laien im Recht“, die in Kooperation mit der Universität Magdeburg stattfindet. Andrea Kretschmann stellt abschließend einen von ihr herausgegebenen und in Kürze im Verlag Velbrück erscheinenden Sammelband zum Thema „Pierre Bourdieus Rechtsdenken“ vor.

 

Text: Andrea Kretschmann, Guillaume Mouralis

Foto: MichelGaida, pixabay

 


Le droit en mouvement

 

Ces dernières décennies, les sciences sociales se sont diversement intéressées aux phénomènes juridiques. En Allemagne, dans les années 1990, le droit en tant qu’objet d’étude a été presque totalement évincé des programmes d’enseignement universitaires des sciences humaines et sociales. Toutefois, on assiste, dans le contexte scientifique germanophone, à un renouveau très récent des travaux consacrés au droit envisagé comme une pratique sociale dans des disciplines aussi diverses que l’anthropologie, la sociologie, l’histoire, les sciences politiques ou même juridiques. En France, l’intérêt de ces disciplines pour le droit est plus ancien et connaît un développement très intense à partir de la fin des années 1990.

Le renouveau des études de sciences sociales consacrées au droit dans les contextes francophones puis germanophones tient à plusieurs facteurs : les chercheur.e.s ont d’abord pris conscience du rôle central de la régulation juridique dans des sociétés contemporaines particulièrement complexes ; ils observent aussi une juridicisation croissante d’activités et de pratiques qui semblaient jusqu’ici – au moins en partie – échapper au droit. Cette transformation palpable des sociétés par le droit (et vice-et-versa) soulève de nouvelles questions en sciences sociales. Nos disciplines doivent donc s’interroger sur la nature, le rôle et la fonction du droit dans le passé comme dans le présent. Elles doivent interroger les rapports complexes entre temporalités juridiques, sociales et politiques. Le droit se met littéralement – et dans un double sens – en mouvement.

L’analyse historique, sociologique ou anthropologique des pratiques juridiques situées occupe depuis longtemps une place importante au Centre Marc Bloch. Aujourd’hui, elle se poursuit sous une forme renouvelée, comme en témoignent les travaux de plusieurs chercheur.e.s et doctorant.e.s français.es et allemand.e.s consacrés au droit et aux pratiques juridiques. Cette vitalité se traduit aussi par des projets de recherche, des cycles de conférences, des colloques, des séminaires et des publications, ainsi qu’à travers une coopération pérenne avec la faculté de droit de l’Université Humboldt. Une attention particulière est portée, dans ces travaux et projets, à la production, à l’interprétation et à l’appropriation des normes juridiques (formelles ou matérielles) par les acteurs institutionnels et étatiques mais aussi par une variété de groupes sociaux qui, d’une manière ou d’une autre, « ont intérêt » au droit. Plusieurs chercheur.e.s du Centre s’intéressent ainsi aux acteurs et groupes d’acteurs qui agissent en dehors de l’État ou en opposition à celui-ci, en étudiant par exemple le rapport au droit des mouvements sociaux et les formes diverses de mobilisation du droit pour faire avancer telle ou telle cause. On mentionnera également les recherches en cours sur la production de normes transnationales et de juridictions internationales. Dans ces deux domaines, l’analyse porte autant sur la fabrication de normes et d’institutions juridiques que sur leur mise au travail et à l’épreuve dans des contextes sociaux et politiques plus ou moins stables. Dans ces travaux, le droit est toujours envisagé comme une pratique située qui met aux prises des professionnels du droit et des non-spécialistes et qui n’existe qu’à travers leurs interactions. Une des questions discutées aujourd’hui au Centre Marc Bloch est celle de la création, de l’appropriation et de la mobilisation des normes juridiques par ces non-spécialistes ou « profanes » du droit.

Compte tenu de traditions et de divisions disciplinaires différentes en France et en Allemagne, la confrontation des travaux de sciences sociales consacrées au droit dans ces deux pays nous paraît particulièrement féconde. De plus, la coopération, au Centre, entre collègues français.es et allemand.e.s facilite la comparaison entre les systèmes juridiques des deux pays. Elle favorise enfin l’étude des circulations de normes, idées et savoir-faire juridiques entre ces deux sous-espaces de l’Union européenne.

Dans ce dossier, nous présentons quelques-unes des recherches individuelles menées au Centre ainsi que plusieurs projets collectifs. Sébastien Vannier propose un portrait du chercheur Guillaume Mouralis. Tim Wihl évoque son travail sur le « droit à la protestation ». Ulrike Zeigermann présente une double journée d’études intitulée « Le droit saisi par les profanes » (prévue en janvier 2019). Enfin, Andrea Kretschmann présente l’ouvrage collectif qu’elle a dirigé sur « la pensée juridique de Pierre Bourdieu » (à paraître aux éditions Velbrück).

 

Texte : Andrea Kretschmann, Guillaume Mouralis

Photo: MichelGaida, pixabay



G. Mouralis, Co-Leiter des Schwerpunkts „Staat, Recht und politischer Konflikt“ / G.Mouralis, co-responsable du pôle "État, droit et conflit politique"

Der CNRS-Forscher Guillaume Mouralis arbeitet seit 2017 am Centre Marc Bloch. Gemeinsam mit Andrea Kretschmann leitet er den Schwerpunkt „Staat, Recht und politischer Konflikt“. In seiner Forschung, die von den Prozessen kommunistischer Beamter über die Nürnberger Prozesse bis hin zu zivilgesellschaftlichen Tribunalen reicht, verknüpft er Soziologie und Historiografie, um nationale und internationale Praktiken des Rechts auszuleuchten.

 

Etwas nostalgisch ruft sich Guillaume Mouralis seinen ersten Aufenthalt am Centre Marc Bloch in Erinnerung, als unter den Fenstern seines Arbeitsplatzes am Schiffbauerdamm noch die Boote vorbeizogen: „Ich habe drei Jahre hier verbracht – von 2000 bis 2003 –, um meine Promotion über die Prozesse gegen ex-DDR-Staatsangestellte nach der Wiedervereinigung vorzubereiten. Ich bin der Frage nachgegangen, warum in Deutschland so viele DDR-Beamte und -Funktionsträger strafrechtlich verfolgt wurden, während sie in den anderen ehemals kommunistischen Ländern kaum juristisch behelligt wurden. Um das zu verstehen, was ich als ‚épuration judiciaire‘, also ‚justizielle Säuberung‘, bezeichnet habe, habe ich eine detaillierte Untersuchung über die Entstehungsgeschichte dieser Prozesse durchgeführt und festgestellt, dass der juristische Kalte Krieg zwischen BRD und DDR, aber auch die westdeutsche Erfahrung der NS-Prozesse eine entscheidende Rolle in der Gestaltung der DDR-Prozesse nach 1990 gespielt haben.“ Seine Doktorarbeit erschien 2008 unter dem Titel Une épuration allemande. La RDA en procès. 1949-2004 bei Fayard.

 

Diese erste Berliner Zeit war für ihn „sowohl auf wissenschaftlicher als auch menschlicher Ebene eine äußerst bereichernde Erfahrung“, bei der er Herangehensweisen und DoktorandInnen verschiedenster Horizonte kennenlernte. „Das war zu Catherine Colliot-Thélènes Zeit. Mehrere Forscher, die inzwischen wieder in Berlin sind oder waren, waren damals schon am Centre – etwa Fabien Jobard, Laure de Verdalle oder auch Jakob Vogel, der gerade zum Direktor ernannt wurde.“ Nach der Aufnahme ans CNRS 2008 (mit Anbindung an das Institut de sciences sociales en politique) wandte sich Guillaume Mouralis einer anderen Epoche der deutschen Geschichte zu und betrachtete nun den internationalen Nürnberger Prozess gegen die Hauptkriegsverbrecher unter dem ungewöhnlichen Gesichtspunkt seiner Verbindungen zur amerikanischen Rassenfrage. „Ich wollte verstehen, warum die Amerikaner in Nürnberg so viel Einsatz zeigten, wo doch die amerikanischen Regierungen vor und nach 1945 starkes Misstrauen gegen das internationale Strafrecht an den Tag legten und sogar versuchten, dieses zu unterminieren.“ Bei Forschungsaufenthalten in Deutschland und den USA begann der Sozialhistoriker also, die Definition von rassistisch motivierten Verbrechen im spezifischen Fall der Nürnberger Prozesse zu hinterfragen. „Diese Verbrechen, die nach Nürnberger internationalem Strafrecht als Verbrechen gegen die Menschlichkeit gelten, werden sehr eng definiert. Sie können nicht außerhalb eines kriegerischen Kontextes geahndet werden, und die amerikanischen Juristen haben sehr genau darauf geachtet, dass die neuen, damals geschaffenen Straftatbestände in keiner Weise das Prinzip der absoluten Souveränität der Staaten verletzt. Ganz eindeutig hatten sie hier die amerikanischen Rassengesetze im Hinterkopf.

 

Dieses langfristig angelegte Forschungsprojekt bietet einen neuen Blick auf die amerikanische Geschichte des 20. Jahrhunderts entlang der widersprüchlichen Beziehung der USA zum Völkerrecht. Auf der Grundlage dieser Forschung hat sich Guillaume Mouralis 2017 habilitiert. Aktuell arbeitet er an der Buchfassung, die Anfang 2019 bei den Presses de Science Po erscheinen soll. Diese Arbeit bildet einen wichtigen Meilenstein in seiner Karriere, die ihn 2017 ans Centre Marc Bloch geführt hat, wo er sich nun neuen Horizonten zuwendet.

 

Zunächst ist da sein neues Forschungsvorhaben, das sich anhand von zivilgesellschaftlichen oder Meinungs-Tribunalen gerade mit dem Fehlen von internationalem Recht beschäftigt. „Es handelt sich hier um alternative Tribunale, die in der Regel von Aktivisten einberufen werden. Angesichts des Rückzugs der internationalen Rechtsprechung nehmen diese die Dinge selbst in die Hand und richten Tribunale ein, um öffentlichkeitswirksam Verbrechen anzuprangern. Das erste historische Beispiel, das gleichzeitig den Kern meines Projekts ausmacht, ist das von Bertrand Russell initiierte Vietnam-Tribunal von 1966/67, an dem sich auch Jean-Paul Sartre und Simone de Beauvoir beteiligten und das über die von den USA in Vietnam begangenen Kriegsverbrechen richtete.

 

Sein zweites großes Projekt am Centre Marc Bloch ist die gemeinsame Leitung des neuen Forschungsschwerpunkts „Staat, Recht und politischer Konflikt“ mit der Soziologin und Kriminologin Andrea Kretschmann. Der Schwerpunkt gründet sich unter anderem auf Fragen des Rechts, soll aber Arbeiten aus ganz verschiedenen Fächern hervorbringen. „Wir sind dafür zuständig, die verschiedenen Projekte zusammenzubringen und anhand der Gemeinsamkeiten zwischen den unterschiedlichen Herangehensweisen und wissenschaftlichen Horizonten eine starke Kohärenz zu schaffen.“ Die Arbeit des Schwerpunkts lässt sich in seinem Blog auf der Forschungsplattform Hypothèses.org nachvollziehen.

Interview: Sébastien Vannier


Interview avec Guillaume Mouralis, co-responsable du pôle « État, droit et conflit politique »

Chercheur au CNRS et affecté au Centre Marc Bloch depuis l’année dernière, Guillaume Mouralis co-dirige avec Andrea Kretschmann le pôle de recherche « État, droit et conflit politique ». Des procès de fonctionnaires communistes aux tribunaux citoyens, en passant par le grand procès de Nuremberg, il hybride dans ses travaux sociologie et histoire pour étudier les pratiques judiciaires nationales et internationales.

 

Ce n’est pas sans une tonalité de nostalgie que Guillaume Mouralis évoque son premier passage au Centre Marc Bloch. L’époque où, encore doctorant, les péniches passaient sous les fenêtres du CMB alors situé au Schiffbauerdamm. « J’ai passé trois ans ici, de 2000 à 2003, en préparant une thèse sur les procès de fonctionnaires de la RDA après l’unification. Je tente d’y expliquer pourquoi il y a eu tant de procès, en Allemagne, pour crimes commis sous le régime socialiste alors qu’il n’y en a quasiment eu aucun dans les autres pays de l’ancien Bloc de l’Est. Pour comprendre ce que j’ai appelé une ‘épuration judiciaire’, il y a fallu revenir à la genèse de ces procès : la Guerre froide judiciaire entre les deux Allemagne mais aussi l’expérience ouest-allemande des procès criminels nazis ». Cette thèse débouchera finalement sur la publication, en 2008, du livre Une épuration allemande. La RDA en procès. 1949-2004 aux éditions Fayard.

 

De cette première période berlinoise, il retient une « expérience très riche, aussi bien scientifiquement qu’humainement» qui lui a permis de découvrir méthodes et doctorant.e.s de tous horizons. « C’était l’époque de Catherine Colliot-Thélène et plusieurs chercheurs entretemps revenus à Berlin étaient déjà associés au Centre. Je pense par exemple à Fabien Jobard, Laure de Verdalle ou Jakob Vogel, qui vient d’être nommé directeur ». Entré au CNRS en 2008 et rattaché à l’Institut de sciences sociales en politique, il change alors de période de l’histoire allemande pour s’intéresser à d’autres procès historiques : ceux de Nuremberg. Sous un prisme particulier puisqu’il lie ce sujet à celui de la question raciale américaine. « J’ai essayé de comprendre pourquoi les Américains se sont autant investis dans cette expérience de Nuremberg, sachant que avant et après 1945, les gouvernements américains se sont surtout méfié de la justice pénale internationale et ont même tenté de la torpiller ». En s’appuyant sur des séjours de recherche en Allemagne et aux États-Unis, le socio-historien en vient à s’intéresser donc à la définition des crimes motivés par une idéologie raciale dans le cas précis de Nuremberg. « La définition de ces actes, qui relèvent du crime contre l’humanité dans le droit international de Nuremberg, est très limitée. Ils ne peuvent pas être punis en-dehors d’un contexte de guerre et les juristes américains ont très soigneusement veillé à ce que les nouveaux crimes créés à cette époque ne remettent pas en cause le principe absolu de souveraineté des États, et ils avaient très clairement derrière la tête le problème des lois raciales domestiques américaines. »

Ce projet de recherche au long cours permet une relecture de l’histoire américaine du XXe siècle à travers le prisme du rapport – pour le moins ambigu - des États-Unis à la justice internationale. C’est en s’appuyant sur ce travail que Guillaume Mouralis soutenu en 2017 son Habilitation à diriger des recherches. Le chercheur travaille actuellement à une version de ce livre qui devrait paraître au début de l’année 2019 aux Presses de Sciences Po. Cette publication marquera une transition importante vers deux nouveaux chantiers qui sont directement liés à son arrivéeau Centre Marc Bloch en 2017.

Le premier concerne son futur travail de recherche qui aborde cette fois la question de l’absence de justice internationale par le biais des tribunaux citoyens ou d’opinion. « Ce sont des tribunaux alternatifs initiés en général par des militants qui, devant l’absence d’une justice internationale, vont créer eux-mêmes un tribunal de manière à attirer l’attention sur des crimes. Le premier exemple historique, et qui sera le cœur de mon travail, c’est le tribunal Sartre-Russell de 1966-67 pour juger les crimes américains au Vietnam. »

Le deuxième chantier est la co-direction du nouveau pôle de recherche du Centre Marc Bloch intitulé « État, droit et conflit politique ». Un pôle conçu avec la criminologue allemande Andrea Kretschmann autour du droit mais ayant vocation à accueillir des travaux de divers horizons disciplinaires. « Notre rôle, c’est de fédérer les travaux et de trouver une certaine cohérence, des points communs entre des travaux de disciplines et d’univers scientifiques différents ». Les travaux de ce pôle de recherche peuvent désormais être suivis sur le blog de la plate-forme Hypothèses.org.

Entretien: Sébastien Vannier



Publikation: Das Rechtsdenken Pierre Bourdieus / La conception du droit chez Pierre Bourdieu

Pierre Bourdieu ist ein Klassiker der Soziologie; er gilt als der meistzitierte Soziologe der Nachkriegszeit. Sein Rechtsdenken ist jedoch – selbst innerhalb des frankophonen Wissenschaftskontextes – immer noch relativ unerschlossen. Hierzu mag einerseits die Bruchstückhaftigkeit seines Rechtsdenkens beitragen (Bourdieu hat sich nie systematisch mit dem Recht auseinandergesetzt), andererseits der Umstand, dass sich seine Thesen erst vor dem Hintergrund seines Gesamtwerks erschließen. Hinzu kommt, dass sich sein Rechtsdenken keiner rechtstheoretischen Strömung zuordnen lässt.

Bourdieus Auseinandersetzung mit dem Recht birgt für die sozialwissenschaftlich ausgerichtete Rechtsforschung jedoch einiges an Potenzial, um die Rolle und Funktionsweise des Rechts in Gesellschaften besser zu verstehen und zu erklären; auch wenn er hierbei weder ausformulierte Soziologiken noch empirisch fundierte Analysen beibringt. So wusste Bourdieu etwa auch im Recht Subjektkonzeptionen mit größeren gesellschaftlichen Entwicklungen zu verweben, er legte konzeptionelle Hinweise auf die Verzahnung von rechtlicher Struktur und professioneller und alltäglicher Praxis an oder kombinierte strukturelle und symbolische Qualitäten von Recht. Gelesen in Verbindung mit seinem übrigen Werk, hält er so einen reichhaltigen Fundus bereit, aus dem sich rechtssoziologisch schöpfen und der sich weiterentwickeln lässt.

Der in Kürze bei Velbrück Wissenschaft erscheinende Sammelband Pierre Bourdieus Rechtsdenken nähert sich Bourdieus Rechtsdenken systematisch an. Zu diesem Zweck werden einschlägige Texte Bourdieus zum Recht erstmals in deutscher Sprache zugänglich gemacht und an Bourdieus Rechtsdenken angelehnte sozialtheoretische und empirische Beiträge aus der deutschsprachigen und der französischsprachigen Wissenschaftskultur versammelt. Beiträge aus Soziologie, Geschichte, Politik- und Rechtswissenschaften setzen sich mit Bezug auf das Recht mit Bourdieus Grundbegriffen auseinander und zeigen auf, wie sich diese innerhalb der einzelnen Disziplinen für empirische Analysen nutzbar machen lassen.

Der Band will so einen Beitrag zu der sich allmählich entwickelnden Auseinandersetzung mit Bourdieus konzeptionellen Werkzeugen für theoretische und empirische sozialwissenschaftliche Analysen des Rechts leisten. Er richtet sich an RechtssoziologInnen und mit dem Gegenstand „Recht“ befassende SozialwissenschaftlerInnen anderer Disziplinen ebenso wie an SoziologInnen und SozialwissenschaftlerInnen, die sich allgemeiner mit Bourdieus Werk beschäftigen. Nicht zuletzt adressiert der Band auch rechtssoziologisch interessierte RechtswissenschaftlerInnen.

Text: Andrea Kretschmann

Foto: Thierry Hermann, flickr

Andrea Kretschmann (Hg.), Pierre Bourdieus Rechtsdenken, Weilerswist-Metternich: Velbrück Wissenschaft, im Druck.


Publication : La conception du droit chez Pierre Bourdieu

 

Pierre Bourdieu est un « classique » de la sociologie : il est l’un des sociologues les plus influents de l’après-guerre. Sa conception du droit reste néanmoins en grande partie inexploitée, même au sein du contexte scientifique français. Cela s’explique d’un côté par le caractère fragmenté de sa conception du droit (Bourdieu ne s’y est jamais consacré de manière systématique), de l’autre par le fait que ses thèses sur ce sujet ne peuvent se comprendre que par rapport à l’ensemble de son œuvre. De plus, sa conception du droit ne correspond à aucun courant théorique du droit.

L'approche bourdieusienne nous paraît utile pour l'étude du rôle et du fonctionnement du droit dans les sociétés – bien que l’auteur ne fournisse ni concepts sociologiques structurés ni analyses empiriquement fondées. Le point fort de son approche du droit réside dans sa faculté à articuler une conception du sujet (social) avec l'analyse des grandes évolutions sociétales. Bourdieu a également proposé des concepts pour appréhender  l'articulation entre structures juridiques et pratiques professionnelles ou quotidiennes, ou encore entre les propriétés matérielles et symboliques du droit. L'ensemble de son oeuvre fournit une base très riche dans laquelle la sociologie du droit peut puiser et développer de nombreuses idées.

Le recueil Pierre Bourdieus Rechtsdenken, à paraître prochainement aux éditions Velbrück Wissenschaft, analyse de manière systématique la conception bourdieusienne du droit. À cet effet, des textes pertinents de Bourdieu sur le droit sont pour la première fois traduits en langue allemande et le recueil réunit des contributions théoriques et empiriques d'auteurs germanophones et francophones. Ces contributions venant de la sociologie, de l’histoire, des sciences politiques et du droit abordent les pratiques juridiques au prisme des notions-clé de Bourdieu, montrant de quelles manières celles-ci peuvent être utilisées par les différentes disciplines pour des analyses empiriques.

Cet ouvrage contribue à la discussion actuelle sur l'utilisation des outils conceptuels de Bourdieu dans l’analyse sociologique empirique et théorique du droit. Il s’adresse à des sociologues du droit ainsi qu’à des chercheur.e.s en sciences sociales d’autres disciplines qui prennent le droit comme objet d’étude ; mais aussi à des sociologues et chercheur.e.s en sciences sociales qui s’intéressent plus généralement à l’œuvre de Bourdieu. Cet ouvrage est également destiné aux juristes s’intéressant à la sociologie du droit.

 

Texte : Andrea Kretschmann

Photo: Thierry Hermann, flickr



Protestrecht / Le droit de protester

In diesem Forschungsprojekt geht es darum, die rechtlichen Konsequenzen eines Formwandels des politischen Protests zu untersuchen. Das Ziel ist nicht, ein neues Rechtsgebiet zu etablieren, sondern vielmehr auf Querverbindungen zwischen überkommenen juristischen Fragestellungen aufmerksam zu machen und einen sozialwissenschaftlich informierten theoretischen Unterbau zu liefern. Bisher ist es hingegen eher unüblich, Probleme des Demonstrationsrechts, des Rechts der politischen Vereine oder des politischen Strafrechts durch die Brille der Protestforschung als juristisches Ensemble zu betrachten. Das Postdoc-Projekt ist institutionell am Fachbereich „Politik und Recht“ des Otto-Suhr-Instituts der FU Berlin (Prof. Dr. Christian Volk) angesiedelt und wird auch dort finanziert. Es ist auf drei Jahre angelegt.

Im ersten Schritt gilt es, in Kooperation gerade auch mit SozialwissenschaftlerInnen und HistorikerInnen am Centre Marc Bloch eine begriffliche Definition des politischen Protests zu erarbeiten, die für die Rechtswissenschaft handhabbar ist.

Im zweiten Schritt wäre dieser Begriff an verschiedenen Phänomentypen klassifikatorisch auszufalten, wobei ein Schwerpunkt auf dem Wandel der Protestformen liegen soll.

Drittens wären bisherige Reaktionsweisen, aber auch Überformungen des Protests im Verfassungs- und Verwaltungsrecht nachzuzeichnen. Die Folgen für das angrenzende politische Strafrecht und das Zivilrecht werden dadurch zwangsläufig berührt. Rechtsvergleichende Exkurse, die politisch-kulturell zu kontextualisieren sind, können in diesem Zusammenhang Regelungsalternativen illustrieren. Besonders aufschlussreich scheint hier das französische Beispiel – man denke nur an die Erlaubnis zum politischen Streik.

Viertens will das Projekt, inspiriert durch die dargestellten Alternativen, möglichen Reformbedarf aufzeigen.

Akademisch eröffnet sich mit der Protestforschung ein weites Feld. Hier ist es nicht das Ziel des Projekts, neue empirische Einsichten zu gewinnen. Die Sozialwissenschaft liefert diese mit der Protest- und Bewegungsforschung schon seit langer Zeit. Die Rechtswissenschaft hat dieser Perspektive höchstens hinzuzufügen, dass das Recht selbst nicht nur reaktiv neuen gesellschaftlichen Entwicklungen hinterherhinkt, bekannte Gefahren präventiv abwehrt oder überkommene Ordnung repressiv wiederherzustellen trachtet, sondern Protest auch erst ermöglichen kann und Unordnung sogar herausfordern mag. Der Autor schließt hier an seine bisherige Forschung zu „Aufhebungsrechten“ an. Rechte sind aus dieser Sicht eine moderne Rechtsschicht, die sich fundamental von ordnendem, repressivem Recht unterscheidet. Sie sind Institutionen rechtlicher Ermöglichung politischen Fortschritts hin zu mehr gleicher Freiheit in Individualität. Die Hypothese ist, dass das Protestrecht eine Widerspiegelung dieses Gedankens im einfachen Recht darstellt. Wir sind an den Grenzen des ordnenden Rechts und treiben es – rechtlich! – immer aufs Neue über sich selbst hinaus.

Der Formwandel des Politischen, den die Geschichts- und Politikwissenschaft fast einmütig diagnostiziert – hervorgehoben seien hier die Forschungen von Pierre Rosanvallon zur „contre-démocratie“ –, muss  sich in einem Wandel der Protestformen, -teilnehmenden und ‑formate niederschlagen. Naheliegende Stichworte sind hier Individualisierung, Digitalisierung, Transnationalisierung. Inwiefern darüber hinaus weitere Tendenzen wirksam werden, ist ein innovativer Schwerpunkt des Projekts.

Theoretisch bedeutsam ist darüber hinaus, inwieweit wir es mit einer „dritten Sphäre“ des Öffentlichen neben Staatsapparat und Privateigentümergesellschaft zu tun haben. Während sich der Staat und die Marktgesellschaft weltweit ausreichend bis hervorragend zu halten oder gar zu expandieren vermögen, gerät diese dritte, nicht konkurrenz- oder sicherheitsorientierte Sphäre eines „wahrhaft menschlichen“, sinnerfüllten Daseins ins Hintertreffen. Welche Rolle und Verantwortung hat hier das Recht?

Es muss – so das Postulat – den Staat wie auch den Markt zurückzudrängen helfen und Menschen ermächtigen, individuell und kollektiv Sinngebung zu wagen. Das Recht kann hier, anders als es bestimmte marxistische Strömungen insinuieren, eine konstruktive, wenn auch vielleicht nicht die entscheidende Rolle spielen. Das Protestrecht ist Grenzauflöser von Ordnungskategorien und -mächten sowie Glutkern des „neuen Rechts“ menschlicher Emanzipation.

Christoph Menke hat in seinem Buch „Kritik der Rechte“ einen Vorschlag unterbreitet, wie dieses „neue Recht“ zu begreifen sei: angelehnt an Nietzsches Figur des Sklavenaufstandes nämlich, allerdings mit einer „inneren Gegenwendigkeit“ (Kolja Möller), die sich gegen einen jakobinischen Voluntarismus wendet, der seine Instantiierungsbedingung des Aufstandes aus dem Blick verliert. Es drohen in der Politik beständig Reifizierungen des Daseienden, gerade auch nachdem sich eine neue Ordnung etabliert hat. Dies ist der Moment, in dem aufhebendes in ordnendes Recht umzuschlagen droht. Der entsprechende Umschlag ist zu vermeiden, indem aktives und passives Moment des Aufstandes in eine Balance gebracht werden. Das aktive Moment ist das teilnehmende Aufbegehren, das passive Moment ist der sich auf sich zurückziehende Widerwillen. Es ist wesentlich, in der Kategorie des Protestrechts für beide Momente einen Ort bereitzuhalten. Denn ein Recht der beständigen Teilnahme könnte nicht mehr ein aufhebendes sein, weil es seine eigene Grundlage nicht mehr infrage stellt. Daher muss beispielsweise ein Recht der Versammlung nicht nur antinomisch die inhaltliche Gegen-Versammlung schützen, sondern auch dialektisch die andere Versammlung, die das bisherige politische Handeln durch neue Formen nach herkömmlicher Kognition stummen, typischerweise unhörbaren Protests unterläuft. Es wäre auszuloten, welche Spielarten des stummen Protests ein falsches Ressentiment kanalisieren und welche Typen im Gegenteil ein wahres Bedürfnis, „nicht dermaßen regiert zu werden“ (Foucault), zum Ausdruck bringen. Das Distinktionskriterium dürfte im Aufhebungspotenzial des passiven, aber auch des aktiven Protests zu suchen sein. Auf die Ausfaltung dieses Kriteriums, das von der naiven Verherrlichung jeglicher politischer Teilnahme ebenso wie von der Abwertung jedes stummen Protests absieht, müsste ein neues „Protestrecht“ abzielen, um damit das unnennbare Dritte unserer gesellschaftlichen Ordnung zu stabilisieren, nach dem wir uns politisch sehnen.  

Wenn die Kooperation am Centre Marc Bloch diesem Neubeginn einen Ort ordnender Reproduktion sozialwissenschaftlicher Erkenntnis und rekonstruktiver Neuordnung des Rechtsbestandes schafft, ist vielleicht ein kleiner Fortschritt erreicht.

 

Text: Tim Wihl


Le droit de protester

Dans mon projet de recherche, j’examine les conséquences juridiques d’une mutation des formes de la protestation politique. Le but n’est pas d’établir un nouveau domaine du droit, mais plutôt d’attirer l’attention sur les interrelations entre des questionnements juridiques existants et de fournir une base sociologique et théorique à la réflexion. Jusqu’ici, il était plutôt inhabituel de considérer les problèmes du droit de manifestation, d’association politique ou du droit pénal politique en tant qu’ensemble juridique dans le prisme de la recherche sur la protestation. Ce projet post-doc est rattaché institutionnellement à l’unité « Politique et droit » de l’institut Otto Suhr de l’Université libre de Berlin (chaire de Christian Volk). C’est également là qu’il est financé, pour une période de trois ans.

Dans un premier temps, il s’agit de trouver – et cela en coopération avec les sociologues et historien.ne.s du Centre Marc Bloch – une définition conceptuelle de la protestation politique qui puisse s’intégrer dans les sciences juridiques.

Dans un second temps, je tenterai de classifier les différents aspects de ce concept à travers différents types de phénomènes, en mettant l’accent sur la mutation des formes de protestation.

Dans un troisième temps, il faudra mettre en relief les modes de réaction, mais aussi les transformations de la protestation dans le droit constitutionnel et administratif, ainsi que les conséquences pour le droit pénal politique et pour le droit civil.

Différentes alternatives de réglementation seront illustrées à travers la comparaison juridique d’exemples précis, replacés dans leur contexte politique et culturel. L’exemple français est ici particulièrement pertinent : il suffit de penser à l’autorisation de grève politique.

Enfin, le projet entend démontrer le besoin de réformes en s’inspirant des alternatives présentées.

La recherche sur la protestation ouvre un large champ académique. Le but du projet n’est pas d’acquérir de nouvelles connaissances empiriques. Les sciences sociales remplissent depuis longtemps déjà cette mission, grâce aux recherches sur la protestation et les mouvements. La seule chose que la science juridique peut apporter à cette perspective existante, c’est le constat que le droit ne suit pas seulement de manière réactive les nouvelles évolutions sociales ou bien repousse de manière préventive les dangers connus, ou encore cherche à rétablir un ordre existant de manière répressive ; c’est le droit qui rend possible, voire qui provoque la protestation. Je me réfère ici à mes recherches antérieures sur les droits d’accès. Les droits sont de ce point de vue un ensemble de droits modernes qui se différencient fondamentalement du droit répressif destiné à rétablir un ordre existant. Ces droits sont pensés comme un cadre juridique institutionnalisé permettant le progrès politique vers plus de liberté, d’égalité et d’individualité. Selon mon hypothèse, le droit à la protestation reflète cette idée dans le droit simple. Nous sommes à la limite du droit rétablissant un ordre précis et nous le poussons – légalement ! – continuellement à innover et à se surpasser.

La mutation des formes du politique, diagnostiquée unanimement par l’historiographie et les sciences politiques – soulignons notamment les recherches de Pierre Rosanvallon sur la « contre-démocratie » –, doit se manifester dans une transformation des formes, des participant.e.s et des formats de protestation. Des aspects tels que l’individualisation, la digitalisation ou la transnationalisation y jouent évidemment un rôle ; une question centrale et innovante du projet de recherche est de savoir dans quelle mesure d’autres tendances sont impliquées dans ce processus.

En outre, il est important de savoir si on a affaire à une « troisième sphère publique » à côté de l’appareil d’État et de la société de propriétaires privés. Tandis qu’au niveau mondial, l’État et le marché se portent très bien et tendent à se renforcer, cette troisième sphère, qui concerne une existence « véritablement humaine » et pleine de sens et qui n’est ni orientée vers la concurrence ni vers la sécurité, est reléguée au second plan. Quelle rôle et quelle responsabilité le droit a-t-il dans ce contexte ?

Selon mon postulat, il doit permettre de restreindre l’influence de l’État et du marché et habiliter les hommes à donner du sens à leur vécu de manière individuelle et collective. Contrairement à ce qu’insinuent certains courants marxistes, le droit peut jouer un rôle, si ce n’est déterminant, du moins constructif dans ce processus. Le droit à la protestation floute les catégories et les puissances de l’ordre et devient le cœur du « nouveau droit » de l’émancipation humaine.

Dans son livre Kritik der Rechte (« Critique des droits »), Christoph Menke propose une certaine conception de ce  « nouveau droit » basée sur la figure nietzschéenne de la révolte des esclaves. Toutefois il y ajoute une Gegenwendigkeit (Kolja Möller), une contradiction critique interne qui se tourne contre un volontarisme jacobin perdant de vue les conditions de réalisation de la révolte. En politique, la menace de la réification de l’existant est toujours présente, surtout après l’établissement d’un nouvel ordre politique. C’est à ce moment précis que le droit permettant de révoquer des mesures anciennes risque de tourner au droit rétablissant un ordre. Il est possible d’éviter ce revirement en équilibrant les moments actif et passif de la révolte. Le moment actif est le soulèvement participatif, le moment passif la répulsion et le repli sur soi-même. Il est indispensable de prendre en compte ces deux moments dans la catégorie du droit à la protestation. En effet, un droit de participation constante ne pourrait plus être un droit révocateur, dans la mesure où il ne questionnerait plus ses propres fondements. Par conséquent, un droit de réunion ne doit pas, par exemple, protéger seulement de manière antinomique la contre-réunion, mais aussi de manière dialectique cette autre réunion qui boycotte les actions politiques antérieures par de nouvelles formes de protestation pensée traditionnellement comme muette, inaudible. Il serait intéressant de savoir quelles variantes de la protestation muette canalisent un faux ressentiment et quels types expriment au contraire un réel besoin de « n’être pas tellement gouverné » (Foucault).

Le critère de distinction résiderait probablement dans le potentiel de révocation de la protestation passive, mais également de la protestation active. C’est la définition de ce critère – qui fait abstraction de la glorification naïve de toute participation politique et de la dépréciation de toute protestation muette – qu’un « nouveau droit à la protestation » devrait viser. Il pourrait ainsi stabiliser l’indicible « troisième sphère » de notre ordre social, à laquelle nous aspirons politiquement.

 

 

Texte : Tim Wihl
 


Tagung: „Laien im Recht“ / Conférence : Le droit saisi par les „profanes“

Im Wintersemester 2018/2019 setzt sich der Forschungsschwerpunkt „Staat, Recht und politischer Konflikt“ mit der in der geistes- und sozialwissenschaftlichen Rechtsforschung bislang wenig berücksichtigten Rolle von LaiInnen im Recht auseinander. Um anhand dieses Themas bestehende Annahmen über den sozialen Ort des Rechts empirisch und theoretisch zu hinterfragen und gegebenenfalls neu zu denken, findet vom 17. bis 18. Januar 2019 in Kooperation des Centre Marc Bloch und der Universität Magdeburg eine interdisziplinäre Tagung mit WissenschaftlerInnen aus dem deutsch-französischen Kontext statt, auf der erstmals ganz verschiedene Ebenen und Forschungsperspektiven des Phänomens „LaiInnen“ im Recht zusammengebracht werden und versucht wird, dieses allgemein zu theoretisieren.

In modernen Gesellschaften nimmt Recht eine immer bedeutendere Stellung ein. Im Zuge dieser Entwicklung hinterfragen heute zahlreiche geistes- und sozialwissenschaftliche Disziplinen – so die Rechts- und Geschichtswissenschaften, die Anthropologie, Soziologie und Politikwissenschaft – die historische Beschaffenheit, die Rolle und die Funktion von Recht in Gegenwartsgesellschaften. Bislang wird Recht dabei in erster Linie oder gar ausschließlich unter Berücksichtigung von RechtsexpertInnen und/oder Rechtsinstitutionen untersucht. Entsprechend hat die sozialwissenschaftliche Rechtsforschung die Analyse des Rechts bzw. rechtlicher Kategorien „unterhalb“ der Institutionen als wenig relevant begriffen und LaiInnen als bloße KonsumentInnen des Rechts weitgehend ausgeklammert. Dem stehen jedoch Studien entgegen, die aufzeigen, dass Recht von nicht-rechtlichen AkteurInnen durchaus mitgestaltet wird – dies u.a. im Rahmen ihrer Lebenswelten und mithin auch unterhalb der Institutionen, so etwa, wenn sich LaiInnen in ihrem Alltag auf konkrete Rechtsinhalte oder rechtliche Kategorien beziehen, sich diese aneignen oder sie opponieren.

Mit der zweitägigen Tagung soll zu einer weiteren Stärkung dieses neu erwachsenden Interesses am Recht beigetragen und die Rolle von LaiInnen im Recht genauer untersucht werden. Den Rahmen bilden folgende Leitfragen: Wie hat sich die Abgrenzung von LaiInnen und RechtsexpertInnen historisch entwickelt? Inwieweit sind LaiInnen an der Rechtsfortbildung und dem Wandel rechtlicher Logiken beteiligt? Wie betreiben LaiInnen (individuelle und kollektive) Rechtsmobilisierung? Wie werden LaiInnen durch das Recht geprägt?

 

Text: Ulrike Zeigermann

 

Interessierte Promovierende und ForscherInnen sind dazu eingeladen, sich bis zum 01.11.2018 mit einem kurzen Abstract (100–300 Wörter) zu ihrem geplanten Beitrag bei den OrganisatorInnen Ulrike Zeigermann, Andrea Kretschmann und Guillaume Mouralis zu melden.


Conférence: Le droit saisi par les „profanes“.

Les sciences sociales face aux pratiques juridiques des non-spécialistes dans le contexte franco-allemand

Au semestre d’hiver 2018/2019, les membres du pôle « État, droit et conflit politique » s’intéresseront au rôle des non-spécialistes ou « profanes » dans la pratique du droit, thème encore très peu abordé par les sciences humaines et sociales. Les 17 et 18 janvier 2019, un colloque interdisciplinaire, organisé en coopération avec l’Université de Magdebourg, réunira des chercheur.e.s venant du contexte franco-allemand. Ils/elles questionneront de manière empirique et théorique les présupposés quant au lieu institutionnel et social de la pratique du droit.

Au sein des sociétés modernes, le droit joue un rôle de plus en plus central et il fait l'objet d'une politisation croissante. Au vu de ces développements, les sciences sociales – sciences juridiques, histoire, anthropologie, sociologie et sciences politiques – interrogent aujourd’hui l'historicité, le rôle et la fonction du droit dans les sociétés contemporaines.

Jusqu’ici, le droit était interprété presque exclusivement par les expert.e.s du droit et des institutions juridiques. Ainsi, les sciences sociales ont largement ignoré les pratiques juridiques profanes en considérant les non-spécialistes comme de simples consommateurs du droit. Plusieurs études montrent pourtant que le droit est aussi mobilisé par ces acteurs en-dehors des institutions. Par exemple, dans leur vie quotidienne, ils se réfèrent à des normes, des arguments et des catégories juridiques, en se les appropriant ou en les rejetant.

La conférence de deux jours participe de ce nouvel intérêt pour le droit et pour l'analyse des pratiques juridiques des non-spécialistes. Elle abordera les questions suivantes : Comment la distinction entre spécialistes et non-spécialistes du droit s’est-elle opérée au cours de l’histoire ? Dans quelle mesure les profanes participent-ils/elles à la production et aux évolutions juridiques ? Comment mobilisent-ils/elles le droit (individuellement et collectivement) ? Et inversement que fait le droit aux non-spécialistes ?

Texte : Ulrike Zeigermann

Les doctorant.e.s et chercheur.e.s intéressées sont invité.e.s à envoyer, jusqu’au 1er novembre 2018, un court résumé de l’intervention proposée (100-300 mots) à l’équipe d’organisation : Ulrike Zeigermann, Andrea Kretschmann et Guillaume Mouralis.