Dr. Sonia Combe | Chercheuse associée

État, normes et conflits politiques
Centre Marc Bloch, Friedrichstraße 191, D-10117 Berlin
Email: sonia.combe  ( at )  gmail.com Tél: (33) 06 75 58 96 77

Institution principale : Institut des Sciences sociales du Politique (CNRS) Université de Paris-Ouest-Nanterre | Position : Enseignant-chercheur en histoire contemporaine | Discipline : Histoire | former Départment : Institut des Sciences sociales du politique (ISP-CNRS)

Biographie

Après une thèse portant sur l’histoire économique de l’Union soviétique, j’ai étudié le monde communiste est-européen en pratiquant l’histoire orale, notamment en Allemagne de l’Est dans les années 1980 où j’ai mené des entretiens sur la mémoire du passé nazi dans la société. Au tournant des années 1990, j’ai poursuivi ce travail de terrain au sein du groupe de recherche « Mémoire grise à l’Est » en collectant des témoignages sur les dispositifs de répression dans différents lieux : enquête sur l’ensemble concentrationnaire d’Ozerlag en Sibérie (1990-1991), puis sur les camps en Bulgarie (1992) et en Albanie (1993).
Bénéficiant plus tard de l’ouverture des archives, j’ai prolongé mes recherches en travaillant dans les dossiers de surveillance de la société par la Stasi en RDA. Mes travaux les plus récents portent sur l’usage de l’archive policière dans le processus de réécriture de l’histoire dans l’Europe postcommuniste, sur le traitement filmique de l’histoire, ainsi que sur la contribution du témoin à l’écriture de l’histoire.
Je me suis par ailleurs intéressée aux effets de connaissance sur la littérature savante des nouvelles modalités de construction de sources consécutives au tournant électronique de la recherche documentaire et à l’illusion de neutralité que partagent professionnels de la documentation scientifique.

Fichier avec CV
Sujet de recherche

Voir ma production scientifique.

Institution de la thèse

Université Paris Ouest - Nanterre La Défense

Projets

Entre loyauté et conformisme de la pensée. La « défection » et la « prise de parole » dans les conduites sociales d’intellectuels est-européens : autour du concept de « Linientreuer Dissident ». Ce projet s’inscrit dans la continuation de mes recherches sur les intellectuels européens dans le monde de type soviétique. Il fait suite à une étude menée à partir de dossiers de chercheurs académiques dans les archives de la Stasi ainsi qu'à une analyse de l'intellectuel "réel existant".

Organisation de manifestations

Colloque "Silence et prise de parole: les intellectuels communistes dans les sociétés de type soviétiques", Berlin, Centre Marc Bloch, 13-15 juin 2013

Activités

* Activités d’enseignement
- Depuis 1999 : Université de Paris-ouest Nanterre La Défense : Chargée d’enseignement en Master 2 de politique comparée et sociologie politique (UFR de Sciences Juridiques Administratives et Politiques) : méthodologie du travail sur archives : archives publiques, archives privées, archives orales et archives audiovisuelles.
- Semestre d’été 2010: Chaire Marc Bloch, département d’histoire de l’université Humboldt, à Berlin. Séminaire sur « Die Geheimnisakten als Quellen für die wissenschaftliche Geschichtsschreibung aus akademiker und Medien Perspektiven ».


* Autre activité de recherche
- 2011-2013 : Directrice du Programme "Formation-Recherche" (CIERA) « Silence and Voice in Soviet Type Societies »
- Chercheur associé au programme de recherche (ANR) « Fabrique d’archives et pratiques historiographiques dans le Moyen-Orient contemporain ».


* Autres activités
- Membre du comité de rédaction de la revue Newsletter- Journal on International Communist Studies (Université de Mannheim/RFA).
- Membre du comité de rédaction de la revue Témoigner. Entre histoire et mémoire. Bruxelles, Fondation Auschwitz de Belgique.
- Membre du jury d’attribution des prix de la Fondation Auschwitz de Belgique.
- Membre du comité de rédaction de la revue Matériaux pour l’histoire de notre temps.

Choix sous contraintes

The phenomenon of loyalty in political and intellectual engagement.

La Loyauté à Tout Prix. Les Floués Du « Socialisme Réel »

01 septembre 2019

Sonia Combe

Edition: Édition Le Bord de l'eau
Collection: Clair et Net
ISBN: 9782356876560

À LA FIN DE LA GUERRE DES ANTIFASCISTES COMMUNISTES, PARMI LESQUELS DE NOMBREUX JUIFS, CHOISISSENT DE CONSTRUIRE « LE PREMIER ÉTAT ALLEMAND DES OUVRIERS ET DES PAYSANS ».

Ce sera la République Démocratique Allemande, pays où l'opposition au régime fut la plus faible du bloc de l'Est : il y eut peu de dissidents, pas d'opposition organisée comme en Pologne ou en Tchécoslovaquie avec la Charte 77, pas d'École comme celle de Georg Lukacs en Hongrie. Par loyauté vis-à-vis d'un régime dont ils approuvaient les buts, mais non le style et les méthodes, les marxistes est-allemands n'ont émis leurs critiques qu'au sein du Parti, et ce jusqu'à l'automne 1989. Lorsqu'ils prirent la parole publiquement afin de défendre le maintien d'une RDA non « comme elle avait été, mais comme elle aurait dû être », il était trop tard. Ils ne purent empêcher l'annexion sans condition de la RDA à la RFA dont l'Allemagne pourrait payer aujourd'hui le prix avec le vote, trente ans plus tard, en faveur de l'extrême-droite et le retour de l'antisémitisme. • Historienne du contemporain, SONIA COMBE est spécialiste de l’histoire du monde communiste est-européen et en particulier de l’Allemagne de l’Est. Elle est associée au Centre Marc Bloch, à Berlin où elle a enseigné à l’université Humboldt et à la Freie Universität. Tandis que la mise sur le même plan de la terreur nazie et du régime est-allemand tend à se banaliser outre-Rhin, il convient de remonter aux origines de la RDA. Interroger la notion de loyauté constitutive de l'identité de femmes et d'hommes dont « le rêve a été tué par des imbéciles » (Anderson) incite à repenser dans sa globalité l'expérience communiste.


Maladie et privation d’amour. De Christa Wolf à Canguilhem, pour un retour à La clinique

13 octobre 2017

Sonia Combe , Antoine Spire

Edition: Le Bord de l'Eau
ISBN: 9782356875358

A partir d’un texte de Christa Wolf, il s’agit de la première interprétation des rapports de genre dans un pays communiste (la RDA) qui permet une autre perception du rôle et de l’autonomie des femmes sous le « socialisme réel » que celle généralement réduite à la soumission (à l’État, au mâle).

En novembre 1984, Christa Wolf ouvrait la première conférence de l’Association des gynécologues psychosomaticiens de RDA réunis à Magdebourg. Dans son discours intitulé « Maladie et privation d’amour », elle s’interrogeait sur l’évolution de la médecine moderne dont les progrès en matière d’appareils médicaux éloignaient toujours davantage les praticiens de leurs patients. Par-delà son regard sur la relation entre l’âme et le corps, Christa Wolf informait aussi des attentes des femmes qui avaient pris au mot les promesses d’égalité des sexes en régime « socialiste réel ».

Quelques années plus tôt Georges Canguilhem, résistant au scientisme triomphant, se proposait de continuer à penser la médecine comme un art qui devait s’adapter à chaque individu malade. Déplorant la disparition progressive de la clinique, il plaidait pour un dialogue continu entre le patient et le médecin

Tandis que Sonia Combe s’appuie sur le discours de Christa Wolf pour appréhender l’expérience communiste à partir de l’étude de genre, revenant sur la double leçon de Christa Wolf et de Canguilhem, Antoine Spire se demande dans quelles conditions un retour de la médecine à la pratique clinique pourrait se faire et répondre à la demande des malades.


Ein Leben gegen ein anderes

26 septembre 2017

Sonia Combe

Edition: Neofelis Verlag
ISBN: 978-3-95808-148-2

Sonia Combes Buch Ein Leben gegen ein anderes, das 2014 unter dem Titel Une vie contre une autre in Frankreich bei Fayard erschienen ist, ist nicht nur ein Beitrag zur Geschichte des ‚Opfertauschs‘ im Konzentrationslager Buchenwald, sondern darüber hinaus eine Reflexion auf die revisionistische Geschichtsschreibung des Antifaschismus in Deutschland sowie allgemein auf den Einfluss des Zeitgeistes auf die Zeitgeschichtsschreibung.

Ausgehend von dem Fall des in der ehemaligen DDR so genannten ‚Buchenwald-Kindes‘ Stefan J. Zweig, den politische Häftlinge vor seinem Abtransport nach Auschwitz und dem sicheren Tod bewahrt hatten, untersucht dieses Buch dessen zweifache Instrumentalisierung. Während Zweig in der DDR als Symbol der Menschlichkeit der kommunistischen Gefangenen überhöht wurde, geriet er nach der Wiedervereinigung, als auch die Medien über die genauen Umstände seiner Rettung durch einen ‚Opfertausch‘ breit berichtet hatten, mehr und mehr zum Symbol für den im kommunistischen Teil Deutschlands konstruierten ‚Mythos des antifaschistischen Widerstands‘.

Ein Leben gegen ein anderes stützt sich auf Zeitzeugenberichte und teils unveröffentlichte Quellen, richtet sich aber keineswegs nur an Historikerinnen und Historiker, sondern an ein breiteres, interessiertes und informiertes Publikum. Das Buch plädiert dafür, Buchenwald als europäischen Erinnerungsort zu begreifen, der Teil jener großen Ursprungserzählung sein sollte, die Europa noch erfinden muss.


"Une vie contre une autre"

14 janvier 2014

Sonia Combe

Edition: Fayard
Collection: Histoire
ISBN: 2213672121

À Buchenwald en 1944, des communistes allemands sauvent un enfant juif âgé de trois ans d’un convoi pour Auschwitz en rayant son nom de la liste. Un autre partira à sa place. Les circonstances de ce sauvetage et la découverte de procès secrets de détenus politiques, kapos de Buchenwald, menés à la fin de la guerre dans la zone d’occupation soviétique et en RDA, ont soulevé un débat en Allemagne de l’après-réunification : victimes du nazisme, les antifascistes auraient-ils été aussi des collaborateurs ?
Fondée sur l’écoute de témoignages (en anglais, allemand, russe et français) essentiellement collectés par la Shoah Foundation, croisés avec la littérature mémorielle ainsi qu’avec des archives personnelles de déportés (notamment de David Rousset), l’étude de Sonia Combe montre comment la substitution de déportés a pu être une modalité de survie dans les camps de concentration dont ont bénéficié aussi bien Stéphane Hessel qu’Imre Kertész ou encore Jorge Semprun. Analysant la pratique de l’échange comme une situation à laquelle médecins déportés et prisonniers politiques ont été confrontés au quotidien, elle s’interroge sur les usages de la révision de l’histoire de l’antifascisme dans l’Allemagne actuelle. Loin d’idéaliser la conduite des détenus comme avait pu le faire une certaine vulgate de la résistance antifasciste, il s’agit de voir dans quelle mesure le jugement porté désormais sur eux serait tributaire d’un nouveau climat politique et d’une reconfiguration des mémoires.

Sonia Combe est historienne, chercheure à l’ISP-CNRS (Université de Paris-Ouest) et chercheure associée au Centre Marc Bloch, à Berlin, où elle a enseigné à l’université Humboldt et à la Freie Universität.



An-Institut

© Centre Marc Bloch 2018 - Deutsch-Französisches Forschungszentrum für Sozialwissenschaften, Berlin

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