Dr. Mahaut Ritz | Assoziierte Forscherin

Kritisches Denken im Plural. Begriffliche Wege der Sozialforschung
Centre Marc Bloch, Friedrichstraße 191, D-10117 Berlin
E-Mail: mahaut.ritz  ( at )  gmail.com Tel: +49(0) 30 / 20 93 70700 or 70707

Mutterinstitut : Université Grenoble Alpes | Fachbereich : Philosophie |

Stipendium

01.10.2013 - 30.09.2016 Contrat Doctoral de l'Université Grenoble Alpes 

01.01.2016 - 30.04.2016 Bourse doctorale du CMB

Forschungsthema

La précarité en tant que nouvelle problématique sociale et objet de la critique sociale, émergés dans les années 70-80. 

Après deux années de Master, durant lesquelles j’ai axé mon étude sur la philosophie sociale, à travers la tradition de la Théorie critique allemande notamment, le concept de précarité, central en sociologie et peu voire non-traité en philosophie, m’est apparu comme un nouveau terrain de recherche intéressant pour la philosophique sociale critique. En effet, toujours conceptualisé comme une « pathologie sociale » de la société dite « néolibérale », le concept de précarité n’a jamais été réellement interrogé à l’intérieur des discours et des représentations en tant que nouvelle problématique sociétale et sociale. Après deux ans de recherche, inspirés autant par la sociologie française, très riche en études et littérature sur la précarité, et la philosophie française, celle qui s'intéresse à l’analyse de discours en particulier, que par la philosophie allemande et tout particulièrement la tradition de la Théorie critique, au centre de ma formation doctorale à Berlin, mon projet de recherche s’est orienté vers une hypothèse forte : la précarité (la vie précaire) correspond à une norme négative du néolibéralisme. 

(cotutelle)
Titel der Dissertation

Sur les difficultés et le potentiel critique d'un concept de précarité en philosophie sociale

Zusammenfassung der Dissertation

Ma recherche s’intéresse à la tension qui existe au sein de la précarité en tant qu’elle est à la fois phénomène et concept permettant de voir le monde d’une certaine façon et justifiant une certaine action dans le monde social. L’analyse de l’usage axiologique – historique – de la précarité et son fonctionnement sont au centre de ce travail de recherche et doivent permettre de distinguer un concept réellement critique de précarité, en tant qu’instrument de domination, d’une nouvelle norme sociale, développée dans et par le néolibéralisme.

La conceptualisation quasi-unanime de la précarité comme pathologie sociale constitue le point de départ de mon analyse critique. Je veux montrer qu’en critiquant la précarité en soi, la critique pathologique manque son objet : elle ne voit pas quelles formes de pouvoir et de domination se jouent à l’intérieur des discours sur la précarité et comment celle-ci sert d’instrument de domination.

L’enjeu d’un tel propos est de comprendre plus largement ce qui est en jeu derrière cette nouvelle problématique sociale de la précarité, étendue de nos jours à d’autres sphères qu’à celle du travail. La précarité, c’est avoir peur de perdre, mais de perdre quoi ? Et surtout, comment fonctionne l’instrumentalisation de cette peur ?

Betreuer

Éric Dufour / Rahel Jaeggi

La précarité, entre invention idéologique et organisation de la dépossession

Ce projet de recherche s’inscrit dans le champ de la philosophie sociale et s’inspire plus particulièrement de la tradition de la Théorie critique allemande et de son orientation pluridisciplinaire. Son objet concerne la précarité critique, tant le problème que cherche à saisir ce concept que la critique elle-même. Une quarantaine d’années après l’apparition des premiers mots de la précarité et après ses premières études, la littérature sociologique sur le sujet est considérable. On constate que l’envers de la flexibilité néolibérale a inspiré de nombreux travaux aux problématiques et aux échelles variées. Ceux-ci convergent majoritairement vers une conceptualisation de la précarité comme « pathologie sociale » menaçant la cohésion de la société et menaçant les « précaires » d’exclusion. Notre étude critique consiste d’abord à remettre en question cette lecture de la précarité, devenue véritable représentation collective sur le sujet. Ce projet explore, à partir du cas français, l’histoire des transformations de l’organisation du travail et de la sécurité sociale à la charnière du fordisme et du post-fordisme, ayant conduit à formuler les premiers mots de la précarité dans les années 1970. Repartant également de la sociogenèse des concepts et schèmes critiques de précarité et d’exclusion, il propose une théorie critique de la précarité en tant que phénomène lié à la néolibéralisation des structures des États capitalistes développés et en tant que concept capable de saisir une réalité (diagnostique) tout comme de catégoriser le monde social (idéologique). Il aboutit à une compréhension du problème des « précaires » à l’aune d’une philosophie de la misère et voit dans la « précarité néolibérale » une organisation de la dépossession.


An-Institut

© Centre Marc Bloch 2018 - Deutsch-Französisches Forschungszentrum für Sozialwissenschaften, Berlin

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