Experts et profanes: rapports conflictuels
16.03.2007
11:00
Après avoir discuté de l’émergence des savoirs experts et de leurs formes de reconnaissance, le quatrième atelier du groupe de travail est consacré au problème de la délégitimation des experts qui se joue dans la mise en question des savoirs experts par des profanes. Les travaux discutés à l’occasion de cette rencontre portent sur des processus de prise de décision (adoption d’une politique publique, jurisprudence d’un tribunal) qui ne peuvent se passer ni d’une expertise scientifique, ni, à long terme, de l’adhésion des ressortissants « profanes » concernés par ces décisions.La remise en cause des savoirs experts par les acteurs sociaux interroge nos propres catégories d’analyse. La figure du „profane“ n’existe en effet que par la reconnaissance d’un expert inaccessible, détenteur d’un savoir sacré, « magique » : dès lors, son désenchantement (Entzauberung) et la multiplication des champs d’expertise reconfigurent substantiellement les processus sociaux concernés par « l’expertise ». Les savoirs légitimes n’y sont plus nécessairement associés à des sciences : la revendication d’un droit de parole et d’une participation à la prise de décision de la part des profanes se fonde aussi bien sur un savoir particulier, localisé, concret, que les profanes revendiquent en tant que témoins ou acteurs de terrain, que sur une compétence générale, qu’elle revendiquent en tant que citoyens. Comment ces modalités de participation des profanes modifient-elles le statut des savoirs et acteurs experts : comment interviennent-elles dans la construction de la légitimité scientifique d’une part, procédural d’autre part, d’une décision ? Comment ces processus se règlent-ils si „chacun est expert, et tous sont profanes“ (Peter Weingart) ?