Intervention dans ‚Journal de 12:30‘

À partir de ~12 min.

Après Edouard Philippe (le premier), après Elisabeh Borne, après Michel Barnier, après François Bayrou, Sébastien Lecornu s’est donc résigné à son tour à dégainer l’arme constitutionnelle du 49.3. Lui qui avait exclu l’hypothèse d’un „passage en force“ sur le budget s’est finalement rendu à l’évidence : le compromis qu’il appelait de ses vœux étant impossible à trouver, il n’avait plus d’autre choix que de recourir à ce mécanisme controversé, ouvrant ainsi la porte à une potentielle chute de son gouvernement puisqu’à peine l’annonce rendue publique, La France insoumise et le Rassemblement National ont chacun fait part de leur intention de déposer une motion de censure. Ce à quoi le Premier ministre espère toutefois encore échapper grâce à la mansuétude des socialistes, en échange de plusieurs concessions sur le projet de loi de finance. Que va-t-il se passer désormais, y compris, dans les toutes prochaines heures ?
“Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent”. Et de fait, c’est donc à cet ancien adage que semble avoir abouti hier la séquence que Sébastien Lecornu avait lui-même ouverte le 3 octobre dernier en annonçant renoncer au 49-3 et en renvoyant aux parlementaires la responsabilité de trouver un compromis sur le budget. En vain. Nombre d’observateurs s’accordent malgré tout à dire que la situation politique à contraint le Premier ministre à ce choix de circonstance. Lui-même, d’ailleurs, a tenu hier à marquer un „regret“. Pour autant, comment interpréter la portée, auprès d’un public plus large, de ce manquement à une promesse majeure de ces derniers mois ?
L’invitée de la rédaction : Isabelle Guinaudeau, membre du Centre d’Etudes Européennes de Sciences Po, par ailleurs Chargée de recherche au Centre Marc Bloch.