Des frontières reliques aux frontières fantômes : retour sur les origines et les implicites de deux métaphores
pp.9-25 dans "Frontières fantômes. Le poids du passé"
L’usage de métaphores dans les sciences humaines et sociales n’est pas anodin. Bernard Debarbieux (2014) montre qu’une analyse critique des significations métaphorique mobilisées dans nos disciplines permet d’expliciter les concepts et les catégories du lexique scientifique. Il montre aussi que les métaphores donnent à voir, si on les interroge, les ressorts implicites d’une « poétiques du savoir » (Rancières) « qui distille des effets de vérité dont les motivations sont à rechercher dans les options épistémologiques majeures adoptées » . Le syntagme de « frontière fantôme » remonte à 2008. Il a fait depuis l’objet de l’effort collectif d’historiens et de géographes pour le définir et pour en faire un concept opératoire. L’article revient sur son potentiel heuristique, et plus précisément sur sa capacité à questionner et éclairer sous un angle original les traces dans l’espace de frontières révolues, Il met au préalable les « frontières fantômes » au regard d’un autre syntagme plus ancien, celui de « relict borders » Hartshorne (1933). Cette autre métaphore renvoie à une autre option épistémologique et à une autre interprétation des traces du passé. Le cas de la Pologne permet d’exemplifier le propos et de clarifier l’intérêt heuristique d’un retour réflexif sur ces deux métaphores.
Hirschhausen Béatrice von, „Des frontières reliques aux frontières fantômes : retour sur les origines et les implicites de deux métaphores“, in: F. Pernot, E. Vial (eds.), Frontières fantômes. Le poids du passé, 11e journée d’études du château de la Roche-Guyon, Actes de colloque, éditions du Château de la Roche-Guyon, pp.9-25, figures hors texte I-VI ⟨halshs-05543957⟩