Simon Godard
VITA
Diplômé de Sciences Po Strasbourg et de l’Université Paris 8, agrégé d’histoire, j’ai entamé une carrière d’enseignant-chercheur en Suisse en 2009. Assistant d’enseignement et de recherche à l’Université de Genève, j’y ai obtenu ma thèse de doctorat, en cotutelle avec l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Après un postdoctorat soutenu par le Fonds National Suisse, en mobilité au Centre d’histoire sociale de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, j’ai été recruté en tant que maître de conférences à Sciences Po Grenoble-UGA en 2017. Je me suis engagé entre 2020 et 2022 dans la prise en charge de tâches collectives pédagogiques et administratives en devenant directeur des études de Sciences Po Grenoble-UGA. Je mène une activité de recherche ouverte sur l’international. J’ai été chercheur invité en Allemagne (Zentrum für Zeithistorische Forschung de Potsdam et Leibniz Institut für Geschichte und Kultur des östlichen Europa (GWZO) de Leipzig), au Canada (Centre canadien d’études allemandes et européennes de l’Université de Montréal), et en Italie (Alcide de Gasperi Research Centre de l’Institut Universitaire Européen de Florence). Je bénéficie d’une délégation de recherche au CNRS au Centre Marc Bloch de Berlin en 2024-2025. Je suis par ailleurs membre permanent du comité de pilotage du Centre Interdisciplinaire d’Études et de Recherches sur l’Allemagne (GIP-CIERA). J’ai publié en 2021 un ouvrage tiré de ma thèse aux Presses de Sciences Po, et suis l’auteur de plusieurs articles portant sur l’histoire transnationale de l’Europe centrale et orientale, l’histoire de l’internationalisme socialiste, et l’histoire sociale de l’économie. J’oriente aujourd’hui mes recherches vers l’histoire de la « mise en économie » de questions sociales en Europe au XXe siècle (autour de la formation des économistes, de l’histoire des savoirs coopératifs et des savoirs économiques des profanes). Mes recherches récentes portent sur le genre des savoirs économiques dans le monde socialiste entre les années 1950 et les années 1970, ainsi que sur l’introduction des problématiques de genre dans les politiques de l’Union européenne.
Institution d'origine:
Sciences Po Grenoble
Recherche
sujets de recherche
Mon travail se place au croisement de plusieurs champs de recherche historiographiques et porte principalement sur une sociohistoire des savoirs économiques et de leur circulation dans l’espace européen. Je mets en avant dans une perspective transnationale l’interconnexion de réseaux d’experts, ainsi que la contribution des profanes, via des réseaux partisans, associatifs et syndicaux, aux circulations d’idées économiques à travers l’Europe, en portant une attention particulière à l’Europe centrale et orientale. Il s’agit d’interroger dans la longue durée, par-delà la différence entre les systèmes capitaliste et communiste, la circulation de mécanismes de recours aux savoirs économiques dans la légitimation des ordres socio-politiques. Je m’intéresse ainsi à la façon dont des questions définies comme sociales (comme le travail des femmes) et/ou politiques (la distinction entre sphères publique et privée, la participation des ouvriers dans l’entreprise, l’idée d’internationalisme, etc.) sont reconfigurées par la pratique et les discours des actrices et des acteurs pour être déplacées vers le terrain économique. Le développement des États Providences en Europe depuis le XIXe siècle, la montée en puissance d’organisations internationales économiques dans la régulation des relations internationales depuis le XXe siècle, notamment autour de l’idée d’un « marché européen » constitue l’arrière-plan historique de cette réflexion sur « l’économisation » du social et du politique en Europe. Engagé scientifiquement dans des approches d’histoire sociale « par le bas » et d’histoire du genre, je travaille aujourd’hui à une sociohistoire comparative des « économistes par expérience » et de leur rôle dans la construction de la domination politique, sociale et culturelle, à différentes échelles (locale, nationale et internationale) à travers l’analyse de l’internationalisation de savoirs économiques critiques au XXème siècle en Europe (expérience communiste incluse), notamment des savoirs développés par les ouvrières. Le concept d’« économisation » est ainsi un prisme qui me permet de travailler à une histoire sociale de l’économie et du recours au discours économique dans la production de l’espace européen.
Titel der Dissertation:
Construire le bloc par l'économie. Configuration des territoires et des identités socialistes au Conseil d'Aide Économique Mutuelle (1949-1989)
Institution der Dissertation:
Université de Genève / Université Paris 1
Betreuer*in
Sandrine Kott / Michel Margairaz
Publications
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