»Globalness« – Experiences of Planetarity
16.03.2016
9:30
Les sciences sociales et humaines sont filles de leur temps et ne peuvent échapper aux préoccupations de leur époque. La globalisation, en tant que processus d’interdépendances et de circulations de marchandises, de capitaux, d’idées ou d’acteurs, n’est aucunement une spécificité de notre temps présent. Les historiens du global ont montré depuis quelques années que ce processus remonte au moins à la « première modernité » du XVIe siècle (Subrahmanyam) correspondant à ce premier « grand désenclavement planétaire » (Chaunu). Reste que ce processus exerce une influence très forte dans le champ des sciences sociales et humaines où le global s’est imposé à la fois comme mode et comme objet d’étude incontournables voire comme la nouvelle norme d’excellence intellectuelle. Une importante production scientifique pluridisciplinaire partage un intérêt commun pour son étude. Cette globalisation a suscité des débats tant méthodologiques qu’épistémologiques, invitant les chercheurs en sciences sociales et humaines à dépasser le compartimentage national et un point de vue européo-centré. Il n’en demeure pas moins que notre époque se caractérise par cette conscience de la « planétarité » (Spivak). À la différence de processus globaux comme le colonialisme qui était pensé à travers une conscience universaliste, les consciences du global désignent des consciences particulières qui partagent cette pensée d’un monde commun. L’ambition de cette journée d’études est d’adopter une perspective résolument interdisciplinaire et internationale pour penser et écrire un récit contemporain du global à travers le prisme des expériences. Pour ce faire, nous entendons adopter une démarche résolument constructiviste et processuelle : Comment saisir le global en tant que dimension nouvelle de l’humanité ? À partir de quelles expériences peut-on travailler sur ce processus d’avènement du globe comme espace unique d’une humanité unifiée ? Comment poser les bases d’une réflexion visant à penser un nouvel universalisme de manière à répondre au défi fondamental pour le 21e siècle du vivre-ensemble planétaire ? Conscients des dangers d’un récit unilinéaire sur le global, nous sommes attentifs à montrer comme le global doit être pensé de manière plurielle et située. L’enjeu n’est donc pas de proposer une nouvelle narration totalisante de l’universel et de rechercher un utopique lieu surplombant à partir duquel on peut penser le global. Plutôt que de penser le global comme une échelle supplémentaire d’analyse, il nous semble essentiel de rappeler que celui-ci ne peut être saisi qu’à travers des expériences au sens d’événements narratifs de mise en sens du monde (Eigen-Sinn) médiatisées de différentes manières. Quelle conscience ont les contemporains de la globalité ? Qui pense le global et comment saisir ce processus à partir de lieux d’observations ? Nous souhaitons mettre l’accent sur les formes de l’expérience du global en nous inscrivant dans l’héritage d’une pensée pragmatique incarnée par un historien comme Bernard Lepetit pour qui la connaissance des sociétés ne progresse pas par réduction à un discours unique, mais par multiplication raisonnée des commentaires tenus sur elles. Lieu : IEA de Nantes, salle du Conseil (deuxième étage) 5, Allée Jacques Berque – BP 12105 44021 Nantes Cedex 1 FRANCE
Programm
9h30-10h Introduction – Teresa Koloma Beck (CMB Berlin): „Global Lab: Universalism and Experiences of Planetarity“ >10h00-11h Discussion collective >11h-11h15 Pause-café >11h15-12h45 Panel 1 : Global Idea(s) – Emmanuel Droit (CMB Berlin): “Saisir la conscience de la globalité. L’exemple du terrorisme international” – Jan Houben (IEA de Nantes): “L’idéodiversité en tant que valeur planétaire” – Abaher El-Sakka (IEA de Nantes): “Le global dans le discours palestinien contemporain” >12h45-14h15 pause déjeuner >14h15-15h45 Panel 2 : Global Spaces – Markus Messling/Franck Hoffmann (CMB Berlin): “De la Méditerranée comme centre normatif à une conscience planétaire” – Samuel Truett (IEA de Nantes): “Seing the World in Borderlands History” >15h45-16h pause-café >16h-17h30 panel 3 : Global bodies – Teresa Koloma Beck (CMB Berlin): “Global norms and embodied experience. Body memory in postwar transitions” – Ward Keeler (IEA de Nantes): “Is Gayness a Globalizing Concept?” >17h30 Conclusions de Andreas Eckert (IEA de Nantes)