ONLINE – Migrations en temps de Covid-19 – Pierrine Didier : « la construction d’une méthodologie d’enquête participative sur le vif ».
18.05.2021
10:00
Le 18 mai de 10h à 12h, le groupe de travail « migrations en temps de Covid-19 » a le plaisir d’accueillir Pierrine Didier, anthropologue à LAET / ENTPE Université de Lyon. Elle est co-fondatrice du projet « Récits confinés » et interviendra sur « la construction d’une méthodologie d’enquête participative sur le vif ». Pierrine Didier : Construction d’une méthodologie d’enquête participative sur le vif : le projet « Récits confinés » En mars 2020, les interrogations provoquées par la situation inédite du confinement ont fait naître l’envie de recueillir des témoignages, sur le vif, afin de documenter cette période. L’équipe bénévole, composée d’anthropologues et d’un artiste-auteur historien de formation, a lancé le projet « Récits Confinés ». La dimension souhaitée de ce projet était double : à la fois socio-anthropologique pour comprendre les expériences, adaptations et changements vécus par les individus pendant le confinement mais également historique, afin d’écrire les archives de demain. Sur le site internet créé pour l’occasion (www.recitsconfines.net) nous avons mis à disposition une « trame de carnet » à télécharger, à compléter et à renvoyer de façon hebdomadaire par des participants volontaires en France puis, courant avril 2020, en Italie. Cette trame de carnet comportait plusieurs questions afin de cadrer mais également de motiver les participations. Les thématiques reprenaient les aspects de la vie quotidienne en confinement avec, par exemple, des questions sur le rapport au lieu de confinement, l’état du moral, le nombre de sorties du jour, les habitudes d’approvisionnement en nourriture, le rapport au corps, à l’hygiène, aux décisions gouvernementales ou encore les nouvelles expériences de socialisation. Nous nous sommes inspirés des journaux de confinement qui commençaient à fleurir dans les médias, tout en proposant aux participants de garder une trace de leurs témoignages. Nous nous sommes positionnés ainsi en opposition aux méthodes classiques d’enquêtes par questionnaire en ligne, qui, une fois complétés, ne reviennent jamais à l’envoyeur. Le discours écrit était laissé totalement libre et nous n’avons pas réalisé d’entretiens oraux avec ces participants (par faute de temps et de moyens humains). Les participants étaient cependant relancés chaque semaine, ce qui a très probablement permis une adhérence forte au processus d’enquête participative. Au terme des 15 semaines pendant lesquelles ce projet expérimental et participatif s’est déroulé, 116 participants ont envoyé plus de 580 trames de carnet. Nous discuterons des spécificités et des limites de ce protocole « d’enquête participative par le recueil d’écrits suivant une trame suggérée » mis en place pendant le premier confinement en France.