Ophélie Mercier – Berlin: capitale des artistes arabes en exil ? Penser la mobilité et l’altérité à travers les expériences d’artistes égyptien.nes installé.es à Berlin

6.07.2023
10:00

Depuis 2019, plusieurs articles journalistiques ont mis en avant l’idée selon laquelle Berlin serait devenue la nouvelle capitale intellectuelle arabe, ou celle de la culture arabe en exil. Ces articles donnent à voir différentes organisations (bar, librairie, festivals…) qui soutiennent la création et la production intellectuelle d’artistes, de chercheurs et d’intellectuel.les arabes récemment installées à Berlin. Les articles mettent en exergue les lieux de rencontre, les liens et les émotions que ces structures et ces événements suscitent. Au-delà de ces moments de rencontres et d’effervescence, cette présentation va tenter d’analyser comment les artistes exilé.es envisagent leur rapport à Berlin au quotidien et comment cela se traduit dans leur production artistique. Prenant comme point de départ ma recherche doctorale qui s’intéresse aux reconfigurations des pratiques artistiques et de l’engagement politique d’artistes égyptien.ne.s installé.e.s à Berlin, cette présentation examine comment les artistes ‘exilé.es’ négocient leur  ‘installation’ dans ce nouveau lieu et comment la pratique artistique devient un média pour discuter et explorer leur rapport à cet espace. S’appuyant sur l’analyse de trois films réalisés et en partie filmés à Berlin, des entretiens avec les réalisateur.rices et des participations observantes, il s’agira d’une part de comprendre comment les expériences de la mobilité et de l’altérité affectent les subjectivations, notamment les subjectivations politiques ; et d’autres part, de saisir les stratégies mises en œuvre par les artistes pour se (re)positionner dans les milieux artistiques berlinois. Kommentar: Leyla Dakhli (CNRS/CMB)