Dr. Ayse Yuva | Chercheuse Fellow

Pensées critiques au pluriel. Approches conceptuelles de la recherche en sciences sociales
Centre Marc Bloch, Friedrichstraße 191, D-10117 Berlin
Email: yuva  ( at )  cmb.hu-berlin.de Tél: +49(0) 30 / 20 93 707 - 27
Site Web: http://http://

Institution principale : Université Paris 1 | Position : chercheuse associée | Discipline : Philosophie |

Biographie

- 2014-1015: A.T.E.R. en philosophie politique à l'université de Lorraine.
- 2013 - 2014: post-doctorante dans le cadre du programme "Fernand Braudel-Clemens Heller" à l'I.Z.E.A. de Halle (Centre interdisciplinaire de recherche sur les lumières en Europe) et au Centre Marc Bloch.
- 2011-2013: post-doctorante au Centre Marc Bloch dans le cadre du projet ANR/DFG AISTHESIS consacré à la naissance de l'esthétique en France et en Allemagne.
- Décembre 2010: soutenance de la thèse rédigée sous la direction de Bertrand Binoche et intitulée 'L'efficace de la philosophie en temps de révolution: principes de gouvernement, enseignement, opinion publique en France et en Allemagne (1794-1815)".
Ce travail a reçu le prix de thèse du Centre Interdisciplinaire d'Etudes et de Recherches sur l'Allemagne en 2011, qui récompense tous les deux ans un travail issu des sciences humaines et sociales portant sur le domaine franco-allemand.
- septembre - décembre 2010: bourse de la Fondation du Parlement de Berlin.
- 2005-2010: allocataire-monitrice puis A.T.E.R. à l'université Paris 1 - Panthéon Sorbonne.
- 2005: D.E.A. sur la leçon inaugurale de Schiller "Qu'appelle-t-on et à quelle fin étudie-t-on l'histoire universelle?" (mention très bien)
- 2004: agrégation externe de philosophie (19ème)
- 2002: diplôme de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris
- 2001: maîtrise de philosophie sur "L'intériorité chez Henri Michaux" (mention très bien)
- 1997-2000: classe préparatoire "Lettres et sciences sociales" au lycée Lakanal (Sceaux)

Fichier avec CV
Sujet de recherche

Philosophie de l'histoire, philosophies politique et esthétique au XVIIIème siècle en Allemagne (Herder, Schiller, Kant...)

Le problème résumé sous la formule "théorie et pratique" (tel qu'il a été conceptualisé en particulier au XVIIIème et au XIXème siècle).

La notion d'opinion publique et les différentes façons de conceptualiser la pensée collective.

Les projets de réformes des systèmes d'enseignement au XIXème siècle

L'histoire de la philosophie, en France et en Allemagne, au XVIIIème et au XIXème siècle.

Titre de la thèse

L'efficace de la philosophie en temps de révolution: principes de gouvernement, enseignement et opinion publique en France et en Allemagne (1794-1815)

Résumé de la thèse

Transformer le monde ? L'efficace de la philosophie en temps de révolution (France-Allemagne, 1794-1815) [Die Welt ändern ? Die Wirksamkeit der Philosophie in revolutionären Zeiten (Frankreich-Deutschland, 1794-1815].Paris. Éditions de la Maisons des Sciences de l'Homme. 340 Seiten.

Dieses Buch ist meine Dissertation, die den Preis des Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Allemagne (CIERA) erhielt. Diese Arbeit ist ein Beispiel für meine vergleichende philosophische Textanalyse. Die einzelnen Kapitel widmen sich der Frage, was der Gemeinplatz, dass die Französische Revolution durch die Schriften der Philosophen verursacht worden und mithin philosophischer Natur sei, uns über die politische Wirkung von Philosophie sagt: konkret vermittels der Regierungsprinzipien, der Lehre in Schulen und Universitäten und der Verbreitung im öffentlichen Diskurs. Das Buch konzentriert sich auf die Zeit nach der Terreur und hinterfragt den Topos, demnach die Deutschen einer philosophischen Revolution, die Franzosen hingegen einer politischen fähig seien. Insofern versucht meine Arbeit die vielfältigen Wege aufzuzeigen, wie die Welt durch die Philosophie nicht nur interpretiert, sondern auch verändert werden kann.

Directeur de thèse

Prof. Dr. Bertrand Binoche

Projets

Les frontères philosophiques de l'Europe au XIXe siècle (France, Allemagne, espace turco-ottoman)

A partir des années 1780, les frontières à la fois épistémologiques et culturelles de la philosophie ont souvent été identifiées à celles de l’Europe. Ce projet examine ce problème, souvent réduit à tort à la question des origines grecques ou orientales de la philosophie, à partir d'un corpus d'auteurs français, allemands et turco-ottomans du XVIIIe et du XIXe siècle. Il cherche à analyser : 1) la présence de critères de délimitation politique et culturelle dans des entreprises d’historicisation qui cherchent pourtant à démarquer l’histoire de la philosophie de celle d’autres phénomènes spirituels. 2) le rapport entre l’Europe politique et l’Europe philosophique et particulièrement celui établi dans les textes entre la paix et le conflit dans le domaine philosophique d’un côté, théologico-politique de l’autre. L'hypothèse proposée est que l’Europe philosophique est délimitée comme un espace non seulement de paix, mais de conflit entre des positions jugées légitimes, l’admission même dans le débat constituant une forme de reconnaissance. C’est pourquoi ce projet inclut des textes venus d’espaces classés comme extérieurs aux débats philosophiques européens, malgré la lecture que l’on y fait dès la moitié du XIXe siècle de textes « européens ». 3) L’identification privilégiée de la philosophie européenne avec la philosophie des Lumières et le matérialisme. Ces doctrines, considérées par leurs adversaires comme un ferment de discorde spirituelle et politique, sont souvent rejetées du côté de « l’étranger ».  Pourtant, elles sont aussi, dans l'espace turco-ottoman, l'un des principaux aspects par lesquels la philosophie du XVIIIe siècle, et même la philosophie «  occidentale  » en général, sont reçues. Ce projet conduir à examiner en quoi la philosophie des Lumières, notamment dans sa composante matérialiste, en est venue paradoxalement à apparaître comme la quintessence d'une certaine délimitation voire domination de l'Europe vis-à-vis d'autres régions du monde.

Les frontières de l'Europe et la paix philosophique aux XVIIIe et XIXe siècles

Transformer le monde? L'efficace de la philosophie en temps de révolution (France-Allemagne, 1794-1815)

01 juillet 2016

Ayse Yuva

Edition: Editions de la Maison des Sciences de l'homme
Collection: Bibliothèque allemande
ISBN: 978-2-7351-2096-3

A aucun moment peut-être plus que pendant la Révolution française, on n'a cru au pouvoir de la philosophie à transformer le monde. 1789, préparé par les écrits des philosophes des Lumières, devait ouvrir la voie à l'application, la réalisation de principes philosophiques dans le gouvernement des hommes. La révolution puis la république seraient l’œuvre de la philosophie.
Ce livre a pour but d'explorer ce lieu commun, en refusant de le considérer comme une illusion insignifiante. Il vise à reprendre l'enquête en amont : que veut-on dire lorsque l'on parle de la nature « philosophique » de la révolution, des rapports de la théorie à la pratique, ou des dangers politiques de l'abstraction philosophique ? Quelles définitions de la philosophie et de la politique cela suppose-t-il ? En choisissant d'éclairer les uns par les autres des textes français et allemands, où se croisent des traditions philosophiques distinctes, c'est aussi un autre lieu commun que ce livre met à mal, celui d'une Allemagne qui penserait la révolution sans chercher à l'accomplir, et d'une France qui l'accomplirait sans la penser.
Ce livre se penche particulièrement sur le moment qui suit la Terreur et qui, loin de sonner l'heure du retrait de la philosophie, voit le rôle de cette dernière âprement défendu, que ce soit dans les principes de gouvernement, l'enseignement ou les discours publics. On peut cependant se demander si accorder un rôle politique à la philosophie revient à transformer un magistère intellectuel en autorité politique. Or la force transformatrice de la philosophie réside aussi peut-être dans ses rapports avec certaines formes de pensée collective.
Ainsi, loin de s'être contentés d'interpréter le monde, les acteurs de cette époque ont bien visé, par la philosophie, à le transformer.


France-Allemagne. Figures de l'intellectuel, entre révolution et réaction (1780-1848)

15 mai 2014

Ayse Yuva , Anne Baillot

Edition: Presses Universitaires de Septentrion

De la mort de Voltaire à la révolution de 1848, les savants, philosophes et écrivains redéfinissent leur rôle politique, dans le sillage d'une Révolution française perçue comme étant l’oeuvre des philosophes. Les intellectuels s’interrogent sur les effets politiques de leurs textes, les conditions d’une participation aux charges administratives et éducatives, de leur fonctionnarisation ou d’une prise de parole qui touche un public plus large que le cercle savant.

À rebours d’une histoire qui les présente en héros sous la forme de l’opposant ou du grand écrivain, les études réunies ici mettent en lumière les rapports de force inhérents aux réseaux d’intellectuels et les conceptions parfois divergentes qu’ils développent, notamment sur la pureté du savoir théorique. À travers l’étude de certaines figures marquantes telles que Johann Gottlieb Fichte ou Germaine de Staël, de réseaux comme celui des membres de l’Institut ou d’événements comme l’affaire des « sept de Göttingen », cet ouvrage éclaire aussi bien la dimension sociale que réflexive de ces prises de position politiques.

L’approche se veut ici pluridisciplinaire, associant analyses historiques, littéraires et philosophiques ; elle met en évidence les effets de miroirs entre intellectuels français et allemands, et revient sur la revendication de généalogies occasionnellement transfrontalières.

Publié avec le soutien du Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l’Allemagne (CIERA).


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An-Institut

© Centre Marc Bloch 2018 - Deutsch-Französisches Forschungszentrum für Sozialwissenschaften, Berlin

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