Mahaut Ritz | Chercheuse Fellow

Pensées critiques au pluriel. Approches conceptuelles de la recherche en sciences sociales
Centre Marc Bloch, Friedrichstraße 191, D-10117 Berlin
Email: mahaut.ritz  ( at )  gmail.com Tél: +49(0) 30 / 20 93 70700 or 70707
Site Web: http://http://

Institution principale : Université Grenoble Alpes | Position : Chercheuse associée | Discipline : Philosophie |

Biographie

Mahaut Ritz est chercheuse associée au Centre Marc Bloch et participe au pôle de recherche "Pensées critiques au pluriel". Elle est également membre associé du laboratoire Philosophie, Pratiques et Langages (PPL) à Grenoble. 

Après avoir étudié la philosophie à l'Université Grenoble Alpes et à la Freie-Universität de Berlin, Mahaut Ritz a effectué un doctorat en cotutelle entre l'Université Grenoble Alpes et la Humboldt-Universität zu Berlin. Elle a soutenu sa thèse en français et en allemand le 26 octobre 2018. 

En octobre 2013, elle obtient un contrat doctoral de trois ans et commence son doctorat sous les directions d’Éric Dufour et de Rahel Jaeggi. La recherche porte sur le sujet suivant : « La précarité, entre invention idéologique et organisation de la dépossession ».

Elle est associée au Centre Marc Bloch depuis novembre 2015. Dans ce cadre, elle a participé au groupe de travail « Herméneutique et critique » qui fait place en 2018 au pôle de recherche « Pensées critiques au pluriel ».

Bourse

01.10.2013 - 30.09.2016 Contrat Doctoral de l'Université Grenoble Alpes 

01.01.2017 - 30.04.2017 Bourse doctorale du CMB

01.08.2018 - 31.11.2018 Bourse doctorale du CMB

26.10.2018 Soutien financier de l'UFA/DFH à la soutenance en cotutelle

Sujet de recherche

La précarité en tant que nouvelle problématique sociale et objet de la critique sociale, émergés dans les années 70-80. 

Après deux années de Master, durant lesquelles j’ai axé mon étude sur la philosophie sociale, à travers la tradition de la Théorie critique allemande notamment, le concept de précarité, central en sociologie et peu voire non-traité en philosophie, m’est apparu comme un nouveau terrain de recherche intéressant pour la philosophique sociale critique. En effet, toujours conceptualisé comme une « pathologie sociale » de la société dite « néolibérale », le concept de précarité n’a jamais été réellement interrogé à l’intérieur des discours et des représentations en tant que nouvelle problématique sociétale et sociale. Après deux ans de recherche, inspirés autant par la sociologie française, très riche en études et littérature sur la précarité, et la philosophie française, celle qui s'intéresse à l’analyse de discours en particulier, que par la philosophie allemande et tout particulièrement la tradition de la Théorie critique, au centre de ma formation doctorale à Berlin, mon projet de recherche s’est orienté vers une hypothèse forte : la précarité (la vie précaire) correspond à une norme négative du néolibéralisme. 

(cotutelle)
Titre de la thèse

La précarité, entre invention idéologique et organisation de la dépossession

Résumé de la thèse

Cette thèse s’inscrit dans le champ de la philosophie sociale et s’inspire plus particulièrement de la tradition de la Théorie critique allemande et de son orientation pluridisciplinaire. Son objet concerne la précarité critique, tant le problème que cherche à saisir ce concept que le concept critique lui-même.

Une quarantaine d’années après l’apparition des mots de la précarité (« précaire », « précarité », « précarisation », « précariser », « précariat ») et leurs premières études, la littérature sociologique sur le sujet est considérable. On constate en effet que l’envers de la flexibilité néolibérale – la précarité – a inspiré de nombreux travaux aux problématiques et aux échelles variées. Ceux-ci convergent majoritairement vers une conceptualisation de la précarité comme « pathologie sociale », menaçant la cohésion de la société dans son ensemble et menaçant les « précaires » d’exclusion. À cette lecture de la précarité, la thèse présentée trouve des invisibles, des angles morts et, globalement, des limites, à commencer par la difficulté à discerner la frontière entre la flexibilité positive et la précarité négative du travail. Notre étude critique consiste d’abord à remettre en question une telle analyse « pathologique » de la précarité, devenue véritable représentation collective sur le sujet.

La thèse explore, à partir du cas français, l’histoire des transformations de l’organisation du travail et de la sécurité sociale à la charnière du fordisme et du post-fordisme. C’est à partir de ces transformations que sont formulés les premiers mots de la précarité en France dans les années 1970 (partie I). La thèse porte un intérêt tout particulier à la sociogenèse des concepts et des schèmes critiques de précarité et d’exclusion (partie I et II). À partir de ces études, elle propose une théorie critique de la précarité en tant que phénomène lié à la néolibéralisation des structures des États capitalistes développés et en tant que concept capable de saisir une réalité (diagnostique) tout comme de catégoriser le monde social (idéologique). Enfin, la thèse aboutit à une compréhension du problème des « précaires » à l’aune d’une philosophie de la misère et voit dans la précarité néolibérale une organisation de la dépossession, au sens marxiste du terme (partie III). Autrement dit, elle conçoit les « précaires » avant tout comme des dépossédés. Dans cette perspective, les projets d’autonomie de collectifs se développant nous apparaissent comme une conséquence de cette dépossession et la piste d’un projet politique possible.

Institution de la thèse

Université Grenoble Alpes / Humboldt-Universität zu Berlin

Directeur de thèse

Éric Dufour / Rahel Jaeggi

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Ce projet de recherche s’inscrit dans le champ de la philosophie sociale et s’inspire plus particulièrement de la tradition de la Théorie critique allemande et de son orientation pluridisciplinaire. Son objet concerne la précarité critique, tant le problème que cherche à saisir ce concept que la critique elle-même. 


Une quarantaine d’années après l’apparition des premiers mots de la précarité et après ses premières études, la littérature sociologique sur le sujet est considérable. On constate que l’envers de la flexibilité néolibérale a inspiré de nombreux travaux aux problématiques et aux échelles variées. Ceux-ci convergent majoritairement vers une conceptualisation de la précarité comme « pathologie sociale » menaçant la cohésion de la société et menaçant les « précaires » d’exclusion. Notre étude critique consiste d’abord à remettre en question cette lecture de la précarité, devenue véritable représentation collective sur le sujet. 


Ce projet explore, à partir du cas français, l’histoire des transformations de l’organisation du travail et de la sécurité sociale à la charnière du fordisme et du post-fordisme, ayant conduit à formuler les premiers mots de la précarité dans les années 1970. Repartant également de la sociogenèse des concepts et schèmes critiques de précarité et d’exclusion, il propose une théorie critique de la précarité en tant que phénomène lié à la néolibéralisation des structures des États capitalistes développés et en tant que concept capable de saisir une réalité (diagnostique) tout comme de catégoriser le monde social (idéologique). Il aboutit à une compréhension du problème des « précaires » à l’aune d’une philosophie de la misère et voit dans la « précarité néolibérale » une organisation de la dépossession. 

Publications

A paraître : Février/Mars 2019 : Article pour le numéro 28 d’Émulations. Revue des jeunes chercheuses et chercheurs en sciences sociales sur le thème « Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux ». Titre : « La “précarité” au prisme de l’exclusion : un schème dépolitisant ? »

Décembre 2018 : « Sur la tradition », dans Où en sommes-nous avec la théorie esthétique d’Adorno ?, dir. Christophe David et Florent Perrier, Pontcerq, 2018. Traduction collective du texte d’Adorno « Über Tradition » avec Victor Frangeul, Katia Genel, Sara Minelli, Frank Müller, Salima Naït-Ahmed, Aurélia Peyrical, Jean Tain et Antonin Wiser.


An-Institut

© Centre Marc Bloch 2018 - Deutsch-Französisches Forschungszentrum für Sozialwissenschaften, Berlin

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