Pascal Schneider | Doctorant associé

Mobilités, Migrations, Recomposition des espaces
Centre Marc Bloch, Friedrichstraße 191, D-10117 Berlin
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Institution principale : Université Paris Sorbonne | Position : Doctorant | Discipline : Histoire contemporaine |

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(cotutelle)
Titre de la thèse

l’Étude sociologique des membres du NSDAP dans les territoires annexés au IIIème Reich de 1938 à 1944

Résumé de la thèse

 

     Mon sujet de doctorat est dans la continuité de mon travail de Master 2 de recherche, spécialité histoire et civilisation de l’Europe, à l’université de Strasbourg, sous la direction de Monsieur Claude Muller. Cette étude, Saverne 1940 -1944 : Germanisation et nazification d’une ville alsacienne d’arrondissement durant l’annexion, soutenue en septembre 2014, propose une analyse des réactions de la population locale à l’annexion, à travers différentes sources. Il était principalement question de la germanisation, puis la nazification, qui a permis de voir une certaine improvisation des autorités allemandes en place, avec des moyens, qui furent d’abord conséquents, avant de constater un essoufflement, pour finir avec un échec. Dans ce travail, l’engagement de certains habitants avait été étudié. Pour ma thèse, l’objectif est d’approfondir ma recherche sur l’ensemble des membres du NSDAP sur les arrondissements alsaciens de Haguenau et de Saverne. Effectivement, pour ces deux arrondissements du Bas-Rhin, situés respectivement au nord-ouest et au nord de l’Alsace, toutes les fiches de membres sont consultables. C’est ainsi que, dans le cadre de mon mémoire, j’ai étudié les membres du NSDAP de la ville de Saverne, et élaboré pour cela une fiche d’analyse unique et inédite, qui a été affinée au maximum, et qui peut être utilisée pour l’ensemble des fiches restantes de cet arrondissement, c’est-à-dire plus de 90 % du lot d’archives 1366 W 6/1, 6/2 et 6/3, et de même pour l’arrondissement de la ville de Haguenau. Ensuite, il s’agira de faire un comparatif avec les données d’autres territoires européens, l’Autriche et les Sudètes, annexés par le Troisième Reich

     On essayera de comprendre le processus d’adhésion, après avoir comparé l’origine des personnes, les âges et les professions, de Français, d’Autrichiens ou des habitants des Sudètes, au NSDAP, sans que cela ne fût obligatoire. Étaient-ils tous des Volksdeutsche ? S’agissait-il de nationaux-socialistes convaincus ou bien de véritables opportunistes ? Peut-on définir une attitude générale d’opportunisme et d’intérêt quelconque de ces adhérents ? Quel bénéfice pouvait apporter cette adhésion ? En effet, dans des territoires annexés aussi différents que l’Autriche, les Sudètes et l’Alsace-Lorraine, les personnes ralliées suivaient- elles les mêmes raisons ou chaque territoire est-il particulier et unique ? Et observe-t-on une homogénéité de ces territoires ou peut-on déceler à l’intérieur de ces régions encore d’autres spécificités, économiques ou religieuses par exemple, ou une opposition ville-campagne ? Ou s’agit-il de destins individuels, de personnes intimement convaincues à divers degrés, pour diverses raisons, par les idées du NSDAP, qui ont simplement fait la démarche de leur adhésion, sans l’influence familiale ou d’un groupe ou d’une spécificité sociologique ? Faut-il chercher les raisons dans l’histoire particulière de chaque région, voire de chaque arrondissement, dans ses spécificités culturelles ? Autant de questions auxquelles cette étude s’attachera à donner des éléments de réponse. 

Institution de la thèse

Sorbonne Université

Directeur de thèse

Johann Chapoutot

Étude sociologique des membres du NSDAP dans les territoires annexés au IIIème Reich de 1938 à 1944.

L’étude des membres du NSDAP, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands, dans les territoires annexés au IIIème Reich, de l’Alsace et de la Moselle pour la France, d’Eupen-Malmédy pour la Belgique et des Sudètes pour la Tchécoslovaquie, de 1938 à 1944, est une étude comparative entre quatre territoires européens. Cet acte délibéré, car l’adhésion au NSDAP n’était pas obligatoire, résultait d’une longue démarche, souvent individuelle, parfois inscrite dans une nécessité sociale, éventuellement familiale. Les décisions individuelles pouvaient être opportunistes dans le but d’améliorer la position sociale ou de faire une meilleure carrière. Par ailleurs, les adhésions collectives, d’une famille par exemple, sont plutôt en lien avec des traditions – religieuses, culturelles, sociales – fortes, se pliant à un moment au discours dominant. L’objectif novateur de cette prosopographie est la comparaison européenne, avec des éléments communs pertinents pour tous les groupes étudiés. Cette étude des populations germanophones en dehors de l’Allemagne, puis en marge du Reich après leur annexion, apportera une connaissance nouvelle sur des individus, qui ont vu dans la défense du «Auslandsdeutschtum » du NSDAP, leur salut national et culturel, en adhérant au Parti national-socialiste des travailleurs allemands, et en acceptant parfois des responsabilités.