Sébastien Lerique | Doctorant

Ancien Membre
Centre Marc Bloch, Friedrichstraße 191, D-10117 Berlin
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Institution principale : EHESS (Paris) and Centre Marc Bloch (Berlin) | Position : PhD Candidate | Discipline : Psychologie sociale , Sociologie |

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Allocation Spécifique Normalien 2013-2016

 

Titre de la thèse

Épidémiologie des représentations : une approche empirique

Résumé de la thèse

Les années récentes on vu se développer plusieurs tentatives de rapprochement entre les sciences cognitives et les sciences sociales. "Cognition sociale" ou "économie cognitive" sont des exemples de tels champs ayant émergé il y a peu. Je me concentre sur le programme d'Épidémiologie des Représentations lancé par Dan Sperber au milieu des années 1990, proposant une ontologie faite de "représentations mentales" (celles des sciences cognitives, c'est-à-dire nos idées, croyances, hypothèses) et de leur pendant dans le monde physique, les "représentations publiques" (un discours, une image, un message - en un mot, les choses "signifiantes"). Basée sur le concept fondateur des sciences cognitives, cette ontologie permet de formuler des questions d'anthropologie en termes d'épidémiologie et de sciences cognitives sans perdre pour autant l'essence sociale de ces questionnements. Par exemple : quelles représentations sont interprétées de quelle façon par quelles personnes ? Quels sont les relations entre personnes, et les mécanismes cognitifs (instinctifs ou appris), qui influencent ces interprétations ? Quel est l'effet agrégé de ces interprétations sur l'ensemble des représentations en circulation dans une société ? Y a-t-il des attracteurs pour cette dynamique, amenant certaines représentations à s'imposer ?

Bien qu'ayant connu des développements théoriques récents, l'étude empirique de ce programme est restée relativement limitée par la difficulté à générer des données pertinentes. Cette limitation est en passe d'être levée grâce aux possibilités de collecte de données offertes par Internet et par les appareils mobiles type smartphone et tablette.

Je vise à étudier empiriquement l'épidémiologie des représentations dans un cas particulier : l'évolution de phrases écrites, pouvant provenir d'énoncés ou de citations de personnalités publiques. Ces représentations publiques 1) sont interprétées et transformées en permanence dans notre vie sociale, 2) sont suffisamment courtes pour être analysables par traitement automatique du langage, 3) se prêtent bien à l'observation in vivo et à l'expérimentation à grande échelle. Le projet comporte deux grandes parties : la première consiste à mieux comprendre les effets d'interprétation de telles phrases courtes. Pour cela, on constitue une base de données de référence sur le processus d'interprétation-reproduction grâce à une tâche simple (avec de nombreuses variations) où des sujets doivent réécrire une courte phrase qu'ils ont lue quelques instants auparavant. Afin de collecter suffisamment de données, cette expérience est faite sous la forme d'une application pour appareils mobiles et est un prototype pour le projet "Science en Poche" mené à l'Institut des Systèmes Complexes à Paris (http://www.iscpif.fr/tiki-index.php?page=SEP). La deuxième partie consiste à utiliser la compréhension des effets d'interprétation pour en voir les effets sur des modèles d'agents à grande échelle, et ainsi comparer les prédictions au dynamiques in vivo.

Directeur de thèse

Jean-Pierre Nadal and Camille Roth

Projets

Outre mon doctorat, je suis membre fondateur du projet "Science en Poche" mené à l'Institut des Systèmes Complexes, à Paris (http://www.iscpif.fr/tiki-index.php?page=SEP), qui développe des outils et librairies informatiques pour l'utilisation des smartphones et tablettes comme outils de mesure et d'expérimentation scientifique, mais aussi d'intégration citoyenne et politique.