Francis Tremblay
VITA
Francis Tremblay est doctorant en littérature comparée à l’Université de Montréal (Canada), doctorant associé au Centre Marc Bloch. Après un baccalauréat en philosophie (UdeM, 2016) et une maîtrise en littérature comparée (UdeM, 2018), il s’intéresse dans sa recherche doctorale à l’œuvre d’Edgar Zilsel (1891-1944) ainsi qu’à son héritage et sa pertinence pour une étude contemporaine du problème du « génie ». Parmi ses publications figurent notamment « Feminine Genius on Screen: on Margarethe von Trotta’s Biopics », In Germanophone Feminist and Queer Literature, Film, and Culture (2025), ainsi que « Thersite peut-il parler? Violence discursive dans les usages de Thersite, de Homère à aujourd’hui », In COMPLIT: Journal of European Literatures, Arts and Society, 2025, 1, no. 8.
Institution d'origine:
Université de Montréal
Recherche
sujets de recherche
Créativité
Histoire des idées
Philosophie germanophone
Littérature autrichienne
Féminisme et littérature
Postérité des figures de l'Antiquité
Projet de Recherche
Ma thèse porte sur le mythe du génie en tant que concept et figure littéraire et sociale. Il s’agit d’une thématique qui est aujourd’hui presque un tabou;
l’usage du terme représente souvent un faux pas en raison de ses composantes irrationnelles, élitistes, antidémocratiques et masculines. Pourtant, la figure du génie et ses diverses déclinaisons (l’enthousiasme, la créativité, l’individualité, l’excellence) sont légion dans les productions culturelles contemporaines, la critique littéraire, les biographies, livresques comme filmiques, les « creative industries », les médias de masse et la culture de la célébrité, et la littérature psychologique de « self-help » qui misent sur l’individualité créatrice, d’une manière souvent généralisée et souterraine. Je retrace dans un premier temps l’histoire de la thèse de la « mort du génie » (D. McMahon) à partir du milieu du XXe siècle, puis entreprend de l’expliquer et d’en faire la critique. J’analyse ensuite l’œuvre du philosophe autrichien Edgar Zilsel, Die Geniereligion (1918), et montre en quoi elle représente, malgré sa critique féroce du génie, autant une étape dans la transformation du concept de génie vers la créativité qu’un exemple des ambiguïtés qui tendent à affecter tout discours sur le génie. Dans un troisième temps, en me basant sur l’analyse d’Andreas Reckwitz du « dispositif de la créativité » (Die Erfindung der Kreativität, 2012), comment et pourquoi une rhétorique de la créativité semble avoir supplanté celui sur le génie au sein des champs artistiques, médiatiques, économiques et psychologiques. Il s’agit donc d’une thèse en histoire des idées, qui ambitionne également de réfléchir synchroniquement aux conditions de possibilité d’une géniologie critique.