Des traditions en procès à la cour de Tachkent. Les usages socio-politiques d’une catégorie pénale soviétique, 1926-1941.
28.11.2016
14:30
Aude-Cécile Monnot (Doctorante Centre Marc Bloch – Ehess/IEP Paris) gemeinsame Sitzung mit der AG „Räume, Zirkulationen und Brüche in Ost- und Mitteleuropa“ La thèse d’Aude-Cécile porte sur la mise en place d’un système judiciaire au niveau local en Asie centrale entre 1920 et 1945 par le prisme de la criminalisation de pratiques religieuses, culturelles qualifiées d’obstacles à la construction de la modernité soviétique (la polygamie, les crimes de vengeance, le port du voile, le paiement de dot, les banquets funéraires). Elle s’inscrit dans une réflexion sur la construction des catégories de savoir juridique et criminel ainsi que sur les dynamiques politiques, institutionnelles et sociales qui contraignent le champ juridique. Des sources plurielles en russe, tadjik et kazakh (archives du Ministère de la Justice, du Parti Communiste, les procès verbaux des affaires traitées par les cours locales, la littérature juridique et la presse contemporaine) permettent de varier les échelles d’analyse de la construction de la Justice en Union Soviétique. En confrontant le travail quotidien des cours locales aux injonctions et directives qu’elles reçoivent du pouvoir central, elle analyse la structuration du champ judiciaire soviétique entre 1920 et 1945. Et prend également en compte l’influence de facteurs locaux tels que la dispersion géographique des populations, le poids des contraintes économiques et sociales ainsi que la sociologie et la formation du personnel judiciaire à l’étude de l’exercice, de l’organisation du pouvoir judiciaire en Asie centrale soviétique. En somme, une réflexion sur les conditions sociales et politiques de production du droit et des pratiques judiciaires en Union soviétique.