Séminaire du groupe „Frontières, Héritages et Transferts en Europe centrale et orientale“
24.02.2014
15:00
La prochaine séance du séminaire du groupe „Frontières, Héritages et Transferts en Europe centrale et orientale“, intitulée La „maladie du Mur“ et le rapport de l’individu à l’espace : deux approches de la construction du mur de Berlin, aura bien lieu le 24 février de 16h à 18h au Centre Marc Bloch, salle Georg Simmel. Fanny Le Bonhomme et Caroline Garrido présenteront l’article suivant: „Le Mur lui est monté à la tête“ . Construction du mur de Berlin et basculement vers la déraison (Berlin-Est, République démocratique allemande, 1961-1968), soumis à la revue „Le Mouvement Social“. Elles traiteront ensuites des problématiques que cet article soulève. Le résumé de l’article est le suivant: Si plusieurs auteurs évoquent l’expression « maladie du Mur » afin de désigner les réactions pathologiques survenues suite à la construction du mur de Berlin, aucune étude ne s’est encore penchée sur ses manifestations concrètes. En s’appuyant sur un corpus de dossiers psychiatriques, et au travers d’études de cas, cet article vise justement à interroger les modalités selon lesquelles « le Mur est entré dans les têtes », faisant basculer certains individus dans la sphère de la dépression, de l’angoisse ou de la folie. Dès les années 1960, le Mur ne se fait pas « mur de protection », mais bien plutôt source de tristesse, de désarroi, d’angoisse ou de peur et ce au point d’être associé à un syndrome bien particulier. La naissance de l’expression « maladie du Mur » et sa diffusion dans le langage courant et médical montrent bien la connotation négative qui va rapidement accompagner ce symbole de la guerre froide. Finalement, les dossiers psychiatriques des années 1960 nous montrent à quel point, quand on se penche sur le motif du Mur, les émotions ressenties par les individus restent en-dehors de la sphère d’influence du parti et de la propagande.