SYMPOSIUM Die Faszination des Planeten. Biodiversität ‚“ Interkulturalität ‚“ Wissenschaftsethik
5.11.2008 – 8.11.2008
11:00
La Terre vue de l’espace fascine ; mais la découverte, sur les clichés des astronautes, de la très fine couche atmosphérique qui protège la Planète montre aussi sa vulnérabilité. A l’heure du Grenelle de l’environnement et du film documentaire d’Al Gore, des expressions comme « changement climatique » ou « biodiversité » sont devenues familières à tous, sans que l’on s’interroge nécessairement sur leurs fondements scientifiques. Sans un développement durable respectueux des hommes et de l’environnement, point de salut. Or la Planète fascine aussi par la diversité des productions culturelles de l’humain : multiplicité des langues, infinité des formes d’expression artistiques et architecturales, richesse inépuisable des visions du monde et de l’humain lui-même, renouvellement incessant des formes d’organisation sociopolitiques au niveau national et international, en vue d’assurer les valeurs universelles des droits humains et de la démocratie. Mais l’uniformisation engendrée par la « globalisation » et les exigences de libéralisation du marché mettent cette diversité culturelle en péril. Ces phénomènes exigent que l’on repense, dans le contexte contemporain, le besoin et la notion même de diversité, et que l’on s’interroge sur la manière dont l’éthique peut aujourd’hui rendre compte de la biodiversité, de la diversité culturelle et de l’interculturalité. Biodiversité Le concept de biodiversité, dont l’usage scientifique devient courant dans les années 1970, s’applique tout d’abord à la diversification des espèces d’organismes vivants. Mais il désigne aussi, en outre, les écosystèmes et la relation réciproque entre les composants de la biodiversité et l’environnement. La Convention sur la Biodiversité (Rio de Janeiro, 1992), ratifiée par 188 pays, a permis enfin de mettre ce concept en relation avec les enjeux politiques et sociaux. Cette convention vise non seulement à préserver la biodiversité, mais encore à utiliser celle-ci pour le développement durable et le partage équitable des gains issus de l’exploitation de ces ressources. Toujours est-il que l’environnement mondial souffre aujourd´hui d’une crise des disparitions. Les espèces surgissent et disparaissent continuellement, avec quelques moments de grandes ruptures comme la fin du paléozoïque, marquée par la disparition de presque toutes les espèces de poissons, et la fin du crétacé, période durant laquelle les dinosaures se sont éteints. Mais à la différence du paléozoïque et du crétacé, la disparition massive d’espèces à notre époque est due en grande partie à l’interférence d’une seule espèce : l’humain. Ainsi, les deux derniers siècles ont connu l’annihilation, causée directement par celui-ci, de plus d’un cinquième des espèces d’oiseaux, mais surtout l’annihilation, causée indirectement par lui aussi, de plusieurs espèces de la faune et de la flore par la pollution des eaux, la transformation de l’atmosphère et le changement climatique. Cette disparition massive se retourne contre l’humain lui-même dans la mesure où les espèces annihilées constituent la base de son alimentation, de ses besoins énergétiques et de son traitement médical. Cette crise des disparitions s’accompagne d’une crise sans égale dans la distribution des ressources matérielles et humaines, d’une part entre le Sud et le Nord, d’autre part entre les riches et les pauvres au sein de chaque région du monde. Les disparités dans la concentration des richesses, des technologies et des savoirs s’accentuent de manière vertigineuse. Or, comment garantir que le progrès économique se concilie avec le développement durable ? Comment assurer que les richesses produites par ce progrès soient gérées avec justice ? Diversité culturelle et interculturalitéTout comme la biodiversité, la diversité culturelle ne peut pas dépendre seulement des lois du marché. Le débat sur le statut des biens et des services culturels – qui ne sont absolument pas des marchandises comme les autres – a été porté à l’UNESCO, ce qui a mené à l’adoption de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle (2001). Pour l’UNESCO, la « diversité culturelle et [la] biodiversité, ensemble, détiennent la clef de la durabilité de nos écosystèmes, condition préalable à tout développement durable ». La diversité culturelle n’est pas confrontée à des systèmes culturels clos sur eux-mêmes, mais à des relations individus/groupes et à des interactions entre des systèmes culturels hétéronomes. Cette complexité de la « diversité culturelle » est mise en lumière par la notion plus générale d’interculturalité, qui s’applique à l’ensemble des phénomènes générés par le contact entre différentes cultures. Il n’empêche que la disparition des langues et des cultures se produit parallèlement à l’extinction des espèces animales et végétales. Le phénomène a pris une ampleur telle que la moitié des langues au monde risque de disparaître sous peu. Les difficultés d’accès à la technologie et la pression pour la libéralisation du commerce empêchent à plusieurs formes culturelles et artistiques de se développer. Or, les lois du marché ne garantissent ni la préservation des biens culturels, ni leur intégration au circuit commercial. En revanche, le droit de protéger la culture et la production artistique locale doit être assuré à l’encontre des dispositions commerciales libéralisées. Comment les institutions publiques peuvent-elles soutenir la culture en encourageant la création, la diversité et la qualité de l’offre culturelle (ce que le marché, seul, ne garantirait pas) ? Comment la formation publique peut-elle garantir l’accès aux cultures, le multilinguisme et la diversité culturelle ? Quels seront les défis à relever et les coûts à engager pour la préservation des pluralismes linguistiques et culturels ? Cette question implique aussi une réflexion critique sur la revendication et l’imposition violentes des identités, de l’instrumentalisation de la « préservation des cultures », ainsi que sur les « identités transnationales » suscitées par le dialogue et le transfert (inter)culturel. Comment les droits de l’homme sont-ils compris en dehors de la sphère occidentale ? Comment des disciplines à l’instar des neurosciences, de la sociologie ou de la psychanalyse envisagent-elles la peur face à la diversité et à la vulnérabilité de la Planète ? Par ailleurs, qu’en est-il du degré de consécration des productions artistiques placées sous le signe des « syncrétismes culturels » ? Si certaines sont d’une grande originalité, d’autres relèvent de la marchandisation et de l’uniformisation globales. Comment ces productions s’inscrivent-elles dans le processus de canonisation historiographique ? Ethique (scientifique)On peut, enfin, s’interroger sur l’émergence d’une nouvelle conception de l’éthique (scientifique) après que l’humain a pris conscience de la vulnérabilité de sa Planète et de la nécessité du développement durable. Cette conception d’une éthique scientifique ne connaît pas non plus d’unicité, mais de nombreux courants au sein des débats et des législations. De nouveaux problèmes surgissent : la généralisation d’Internet, d’une part, peut ouvrir de nouveaux horizons à la pluralisation des cultures ; d’autre part, elle pousse également à réfléchir à la place de l’éthique dans les nouveaux médias. Il conviendrait d’apprécier, de surcroît, quelle éthique aujourd’hui serait à même de tenir compte des conditions socio-économiques difficiles, de la diversité culturelle, de l’interculturalité et des conflits liés à la médiation transculturelle.
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Programm downloadenPROGRAMMMercredi, 5 novembre 2008 (Goethe-Institut Paris) 9h00 Allocutions de bienvenue Berthold FRANKE (Directeur de l’Institut Goethe Paris) Helga EBELING (1re Conseillère Sciences et Technologie, Ambassade de la République fédérale d’Allemagne) Richard MESSINA (Président de l’Université d’Évry-Val d’Essonne) Pascale LABORIER (Directrice du Centre Marc Bloch Berlin)9h30 Damien EHRHARDT (Université d’Évry-Val d’Essonne) & Soraya NOUR (Centre Marc Bloch Berlin) Présentation de la Fondation Alexander von Humboldt & Introduction du colloque Panel I. La fascination de la planète Président de séance : André MYSYROWICZ (École Polytechnique) 10h00 Pierre LENA (Académie des Sciences, Paris, délégué à l’Education et à la Formation ) La fascination de la Planète du point de vue de l’astrophysicien10h30 Dominique BOUREL (CNRS / Université Paris-Sorbonne) La planète d’Einstein 11h Pause café Président de séance : Nguyen Quy DAO (École Centrale Paris) 11h15 Sonja NEEF (Bauhaus Universität Weimar) Immanuel Kant, Raumschiff Enterprise und die Zirkulation der Planeten11h45 Soraya NOUR (Centre Marc Bloch, Berlin) Alexander von Humboldt : cosmos et cosmopolitisme Panel II. Diversité et développement durable Président de séance : Nguyen Quy DAO (École Centrale Paris) 12h15 François GROS (Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des Sciences, Professeur honoraire au Collège de France et à l’Institut Pasteur, Paris) La diversité biologique12h45 Nicolas ALONSO-VANTE (Université de Poitiers) Développement durable : énergie, eau, air 13h15 Pause déjeunerPrésident de séance : Alain Patrick OLIVIER (Université de Poitiers) 14h45 Jean-Renaud PYCKE (Université d’Évry-Val d’Essonne) Complexité et non-linéarité15h15 Yung-Sing WONG (Université de Grenoble-I) Substances naturelles et diversités moléculaires15h45 Denis-Didier ROUSSEAU (École normale Supérieure, Paris) A la recherche des moussons passées, ce que nous disent les escargots fossiles. 16h15 Pause café Président de séance : Pierre FROMAGEOT (Commissariat à l’Energie Atomique)16h30 Thomas LEHMANN (Senckenberg Institut, Frankfurt am Main) L’oryctérope : un mammifère fascinant mais peu connu17h Florence GARNIER (UMR 8621, Université Paris-Sud 11) Les topoisomérases chez un archaeon hyperthermophile, Sulfolobus solfataricus 17h30 Table ronde I. Biodiversité animée par François GROS (Secrétaire Perpétuel honoraire de l’Académie des Sciences, Professeur honoraire au Collège de France et à l’Institut Pasteur, Paris)avec Sylvie FAUCHEUX (Présidente de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) Florence GARNIER (UMR 8621, Université Paris-Sud 11) Thomas LEHMANN (Senckenberg-Institut,Frankfurt am Main) Sonja NEEF (Bauhaus Universität Weimar) Jeudi, 6 novembre 2008 (Goethe-Institut Paris) Panel III. Science et éthique Président de séance : Jean-Marc MOURA (Université Paris X Nanterre)9h00 Nguyen Quy DAO (École Centrale Paris) Les mots vietnamiens d’origine française, témoins d’une époque 9h30 Blanche LOCHMANN (Université de Reims) Morcellement et uniformisation dans l’oeuvre de Balzac : terre, ressources, pouvoir… de la révolution politique à la révolution écologique10h Catrin MISSELHORN (Universität Tübingen) Est-ce qu’il y a une vérité en littérature ? 10h30 Pause café Président de séance : Yvon CALAGE (Université du Maine, Le Mans) 10h45 Yves AGID (Chef du Service de Neurologie, Pitié-Salpêtrière, Grand Prix Inserm 2001 de la recherche médicale) L’éthique scientifique en neurologie. Une démythification11h15 Eric SURAUD (Université Paul Sabatier, Toulouse) Sur les limites de l’évaluation par les pairs 11h45 Régis REAU (Université de Rennes 1) Éthique et Recherche Scientifique : quelques histoires de chimistes12h15 Jean-Marc GRENECHE (UMR 6087, CNRS/Université du Maine, Le Mans) Enjeu sociétal des Nanosciences et Nanotechnologies 12h45 Pause déjeuner Président de séance : Laurent BACRI (Université d’Évry-Val d’Essonne) 14h Roméo AGID (Université d’Evry-Val d’Essonne) et Gauvain LECONTE (École normale supérieure Lyon) Le rat de laboratoire. Etude représentationnelle croisée14h30 Paulo CARDOSO JESUS (Universidade Lusófona do Porto) ‘Omne ens est bonum’. Vers une radicalisation nécessaire de l’éthique15h Agustin FERRARO (Universidad de Salamanca) et Angela MIRANDA (Universidad del País Vasco) Slaves to the Machine. Heidegger, the Frankfurt School , and the Radical Critique of Technology. 15h30 Bernard REBER (CNRS/Université Paris Descartes) La délibération du meilleur des mondes. Ethique des nouvelles technologies et défis du pluralisme moral 16h Pause café Président de séance : Olivier REMAUD (EHESS Paris)16h15 Louis VAN DELFT (Université Paris X Nanterre) Pour mémoire : l’ars oblivionis (l’art de l’oubli) 16h45 Pierre TAMBOURIN (Directeur du Génopole, Évry) Les questions d’éthique liées aux recherches sur les gènes 17h15 Table Ronde II. Ethique animée par Alain Cyr PANGOP KAMENI (Université de Dschang, Cameroun / Universität des Saarlandes, Saarbrücken)avec Yvon CALAGE (Université du Maine) Philippe HOUDY (Université d’Évry-Val d’Essonne, Lauréat Prix Roberval Enseignement Supérieur 2008) Bernard REBER (CNRS / Université Paris Descartes) Georges RIPKA (Commissariat à l’Energie Atomique) Abdelkader SOUIFI (INL-INSA de Lyon) Eric SURAUD (Université Paul Sabatier, Toulouse) Richard ZUBER (CNRS Paris). Vendredi, 7 novembre 2008 (Goethe-Institut Paris) Panel IV. Art, éthique, nature Président de séance : Nestor CAPDEVILA (Université Paris X Nanterre)9h Hugues SCHMITT (Université d’Évry-Val d’Essonne) Esthétique de la diversité dans la nouvelle musique française 9h30 Pascal ARNAULT (Niort) Messiaen et la nature 10h Bruno MOYSAN (IEP et CNSMDP, Paris) Liszt et la nature 10h30 Pause café Panel V. Interculturalité Président de séance : Emmanuel RENAULT (Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines, Lyon) 10h45 Alain ZOZIME (1er Vice-Président du Conseil d’Administration à l’Université d’Évry-Val d’Essonne) La culture de la paix11h15 Bernhard JAKL (Westfälische Wilhelms-Universität Münster) La diversité empirique et l’unité intellectuelle de la notion de "Modernités multiples"11h45 Diogo SARDINHA (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Freie Universität & Centre Marc Bloch, Berlin) L’art de faire un peuple12h15 Matthias KAUFMANN (Universität Halle) Un droit humain à l’identité culturelle ? 12h45 Pause déjeuner Présidente de séance : Anne-Marie THIESSE (CNRS/Ecole normale supérieure)14h Damien EHRHARDT (Université d’Evry-Val d’Essonne) La construction des écoles nationales et des identités (trans)culturelles. Le cas de la Neudeutsche Schule et de la Société nationale de Musique14h30 Jean-Jacques ALCANDRE (Université Marc Bloch-Strasbourg II) La créolisation du monde, ou la promesse de l’imprévisible15h Olivier LAZZAROTTI (Université de Picardie Jules Verne) Habiter : pour une science géographique humaniste 15h30 Pause café Président de séance : Dominique BOUREL (CNRS/Université Paris-Sorbonne)15h45 Maurice-Ruben HAYOUN (Université de Genève) L’identité culturelle de l’Europe et le dialogue des cultures 16h15 Christopher MACANN (Université Michel de Montaigne Bordeaux 3) Critique de la raison monolithe16h45 Nuno Miguel PROENÇA (Universidade de Lisboa) Quelques malaises dans la Civilisation : que nous en disent encore Freud et Marcuse ? 17h15 Pause café Présidente de séance : Sonja NEEF (Bauhaus Universität Weimar)17h30 Emmanuel DESVEAUX (EHESS/Humboldt Universität Berlin) L’anthropologie face à la diversité culturelle18h Hans-Jürgen LÜSEBRINK (Universität des Saarlandes) & Alain Cyr PANGOP KAMENI (Université de Dschang, Cameroun / Universität des Saarlandes) Universalisme politique et résistances culturelles. Questionnements interculturels sur la démocratie et le pouvoir en Afrique subsaharienne 18h30 Table Ronde III. Interculturalité animée par Hans-Jürgen LÜSEBRINK (Universität des Saarlandes)avec Matthias KAUFMANN (Universität Halle) Olivier LAZZAROTTI (Université de Picardie Jules Verne) Sonja NEEF (Bauhaus Universität Weimar) Jean-Renaud PYCKE (Université d’Évry-Val d’Essonne) Samir ZEIN (Université Claude Bernard Lyon 1) Samedi, 8 novembre 2008 (Centre Allemand d’Histoire de l’Art) Panel VI. Langues et transfert culturel Président de séance : Henri BERESTYCKI (EHESS Paris) 9h30 Bernard JULIA (LPTENS, École normale supérieure, Paris) Langue(s) de communication scientifique: histoire et possibles10h Richard ZUBER (CNRS, Paris) Variété des langues et expressibilité logique 10h30 Pause café Président de séance : Jean-Marie VALENTIN (Université Paris-Sorbonne, Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung) 10h45 Fritz NIES (Universität Düsseldorf) Fascination de l’unilinguisme. Langue nationale et transfert en sciences humaines : l’exemple franco-allemand11h15 Philippe LACOUR (Université Libre de Bruxelles/Centre Marc Bloch) Les nouvelles technologies au service de la diversité culturelle et linguistique11h45 Damien EHRHARDT et Soraya NOUR Conclusion du colloque