Laure de Verdalle | Chercheuse associée

Pensées critiques au pluriel. Approches conceptuelles de la recherche en sciences sociales
Centre Marc Bloch, Friedrichstraße 191, D-10117 Berlin
Email: laure.de-verdalle  ( at )  uvsq.fr Tél: +49(0) 30 / 20 93 70700

Institution principale : CNRS | Position : Directrice de recherche CNRS | Discipline : Sociologie |

Biographie

Laure de Verdalle est sociologue, agrégée de sciences économiques et sociales, directrice de recherche au CNRS.  Elle a effectuté un séjour de deux ans au Centre Marc Bloch (2018-2020). Depuis septembre 2020, elle a rejoint le laboratoire Printemps, une unité mixte CNRS/Paris Saclay-UVSQ, dont elle est également directrice adjointe.

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Sujet de recherche

Laure de Verdalle a soutenu en 2003 une thèse consacrée aux transformations du monde théâtral est-allemand après la réunification (Le théâtre en transition. De la RDA aux nouveaux Länder, Paris, éd. de la MSH, collection Dialogiques, 2006).

 

Elle a ensuite poursuivi ses travaux sur les univers artistiques en s’intéressant à la fabrique collective des films (Le cinéma. Travail et organisation, codirigé avec G. Rot, Paris, La Dispute, 2013) puis au rôle comparé des producteurs de cinéma et des administrateurs du spectacle vivant dans la mise en œuvre des projets artistiques. Ces enquêtes, conduites en France, ont été rassemblées dans un mémoire d’habilitation à diriger des recherches (Accompagner des artistes, coordonner des projets, faire carrière. Enjeux croisés autour des activités des producteurs de cinéma et des administrateurs du spectacle vivant en régime de travail par projets, UVSQ, 2017).

 

Parallèlement, depuis 2009, elle a pris part à une vaste enquête visant à analyser les représentations du monde social dans le prolongement des travaux conduits par L. Boltanski et L. Thévenot au moment de la refonte des catégories socioprofessionnelles françaises.

 

Durant son séjour au Centre Marc Bloch, elle a contribué à deux nouveaux projets de recherche qui se poursuivent aujourd'hui :

 

- le projet Utopia 89 repose sur une collaboration entre des chercheurs (Guillaume Mouralis, Caroline Moine) et un auteur-metteur en scène de théâtre (F. Barriera). Il interroge la genèse, le déroulement et les mémoires de la manifestation du 4.11.89 à Berlin-Est.

 

- le projet "Un ciel toujours partagé" (dirigé par Béatrice von Hirschhausen et Carolin Leutloff-Grandits) explore, dans une perspective ethnographique, les transformations de communautés rurales de part et d'autre de l'ancienne frontière interallemande, depuis la réunification.

 

UTOPIA 89 / Nous sommes le peuple

La manifestation de masse qui a eu lieu le 4 novembre 1989 sur l'Alexanderplatz à Berlin-Est est souvent évoquée dans l'histoire de la Révolution pacifique, mais en étant réduite à quelques slogans et à de courtes citations des discours prononcés à cette occasion. L'événement dans son ensemble reste largement inexploré. Le projet "Utopia '89" (Centre Marc Bloch/Institut français Berlin) met en lumière les processus et les utopies du 4 novembre dans toute leur complexité, en articulant différents dispositifs - une pièce de théâtre, une conférence scientifique et une exposition. La manifestation est ainsi placée au centre des dynamiques multiples, parfois contradictoires que connaît  la RDA pendant les semaines décisives de l'automne 1989, jusqu'à la chute du Mur le 9 novembre qui précipite la fin du régime socialiste.

Les premiers résultats de ce travail de recherche ont été publiés en français dans la revue Symposium Culture@Kultur en 2020 : accéder à l'article.

 

UN CIEL TOUJOURS PARTAGE

Dans le cadre d’un programme formation recherche, nous menons un travail d’enquête dans deux villages situés de part et d’autre de l’ancienne frontière interallemande, entre Thuringe et Bavière. Ces villages avaient été l’objet d’une thèse d’ethnologie conduite au milieu des années 1990 par Valentine Meunier (Du bout du monde au centre de l’Allemagne, Paris X, 1999). Lors de cette première investigation, quelques années à peine après la réunification, la frontière apparaissait encore très présente, et même structurante pour les expériences de vie des habitants (plus sans doute à l’Est qu’à l’Ouest). Le sentiment de « franchissement » qui était alors exprimé pour décrire les déplacements entre les deux Länder pouvait néanmoins aller de pair avec une grande intensité de circulations et de relations : par exemple, une grande partie des habitants du village de l’Est travaillaient dans le Nord de la Bavière, y faisaient leurs courses, etc. Ce constat pouvait laisser supposer un rapprochement progressif des expériences de vie et des formes de socialisation.

Qu’en est-il aujourd’hui, trente ans après la réunification ? Les résultats électoraux des dernières années font apparaître d’importantes divergences politiques entre les espaces ruraux de Bavière et de Thuringe, révélant l’existence d’une « frontière fantôme », sur le tracé de l’ancien mur. Les votes sont ainsi extrêmement contrastés dans des villages distants de quelques kilomètres à peine et présentant des caractéristiques socioéconomiques similaires. Il nous a donc semblé pertinent, en prenant appui sur le travail de Valentine Meunier, de retourner dans ces villages, dans une forme de « revisite » ethnographique.

Aux côtés des artistes. Producteurs de cinéma et administrateurs de spectacle vivant

10 novembre 2021

Laure de Verdalle

Monographie
L'intelligence du social
Edition: Sorbonne Université Presses
Collection: L'intelligence du social
ISBN: 979-10231-0709-8

Comment naissent les films ou spectacles vivants ? Cet ouvrage aborde les univers du cinéma et du théâtre à partir des activités des producteurs de films et administrateurs de compagnies qui, aux côtés des artistes, contribuent à leur production. Ceux-ci ont en commun de pouvoir peser sur la définition et les conditions de réalisation des projets artistiques, par leurs interventions dans le processus de création, leur rôle de financement et de valorisation et leur proximité relationnelle avec les metteurs en scène et réalisateurs.
La perspective défendue met volontairement à distance les réalisateurs de films et les metteurs en scène de théâtre, figures artistiques valorisées dans le contexte français, pour s’intéresser à des professionnels de l’intermédiation dont l’activité, moins visible, est pourtant décisive.
Il confronte deux mondes de l’art, le cinéma et le spectacle vivant, souvent perçus comme relevant de dynamiques différentes, voire opposées et adopte, à partir d’un travail d’enquête approfondi, une perspective résolument comparative proposant de les penser comme relevant d’enjeux communs.
En s’appuyant sur un travail d’enquête au long cours auprès de producteurs et d’administrateurs, en suivant leurs interventions au fil des projets et en étudiant leur position vis-à-vis des artistes, l’ouvrage offre ainsi une perspective nouvelle sur le travail de création et ses enjeux.

https://sup.sorbonne-universite.fr/catalogue/philosophie-et-sciences-sociales/lintelligence-du-social/aux-cotes-des-artistes


Die Straße ist die Tribüne des Volkes

01 octobre 2021

Caroline Moine , Guillaume Mouralis , Laure de Verdalle

Sammelband
Forschungen zur DDR-Gesellschaft
Edition: Ch.Links Verlag
Collection: Forschungen zur DDR-Gesellschaft
ISBN: 978-3-96289-133-6

Caroline Moine, Guillaume Mouralis, Laure de Verdalle (dir.)
Berlin, Ch. Links Verlag
Date de parution : 25 octobre 2021
ISBN : 9978-3-96289-133-6
248 pages
25 €

Der 4. November 1989 ist ein Höhepunkt der Friedlichen Revolution. Dennoch wird dieser Tag im Rückblick oft übersehen. Sein großer Bruder - der Tag des Mauerfalls - steht im Rampenlicht. Dabei ging es auf der Kundgebung rund um den Berliner Alexanderplatz, »der größten in der deutschen Geschichte«, wie der Spiegel damals schrieb, gar nicht um die Öffnung der Mauer. Die erste genehmigte nichtstaatliche Demonstration in der DDR stand vielmehr im Zeichen der gesellschaftlichen Erneuerung. Prominente auf der Bühne und Zehntausende auf der Straße forderten: Die DDR sollte sich verändern. Eine Utopie, wie sich herausstellte. »Utopia 89« - so heißt auch das Projekt, das diesem Sammelband zugrunde liegt. Er macht den 4. November 1989 erstmals zum zentralen Gegenstand der zeithistorischen Betrachtung. Aus unterschiedlichen Perspektiven werden die vielfältigen, teils widersprüchlichen Dynamiken vor, während und nach der Großdemonstration beleuchtet. Warum konnte die Utopie keine Wirklichkeit werden? Darauf geben französische und deutsche Expert:innen aus Wissenschaft, Kunst, Politik sowie wichtige Zeitzeug:innen fundierte Antworten.

"La rue est la tribune du peuple." Regards croisés sur le 4 novembre 1989 à Berlin-Est

Le 4 novembre 1989 est un des temps forts de la "Révolution pacifique" en RDA, souvent éclipsé par la chute du mur de Berlin, qui intervient à peine quelques jours plus tard. Pourtant, dans ce qui reste, selon la presse de l'époque, l'un des plus grands rassemblements de l'histoire allemande, les manifestant.e.s ne réclament ni l'ouverture du mur, ni la réunification des deux Allemagnes. Ils/elles revendiquent bien davantage un renouveau socialiste et une démocratisation du régime est-allemand. Les personnalités du monde artistique et politique est-allemand qui se succèdent à la tribune lors du meeting qui clôt la journée semblent partager, avec les manifestant.e.s, un horizon d'attente qui peut apparaître aujourd'hui comme utopique. "Utopia '89" est également le nom du projet collectif, théâtral et scientifique, à l'origine de ce volume, qui associe chercheur.euses français·es et allemand·es (historien·es, politistes, sociologues), mais aussi artistes et témoins, pour éclairer les dynamiques en partie contradictoires de l'événement et mieux saisir les enjeux d'une mémoire souvent conflictuelle du 4 novembre 1989.

Caroline Moine, Guillaume Mouralis, Laure de Verdalle, Die Straße ist die Tribüne des Volkes. Ansichten zum 4. November 1989 in Ost-Berlin, Ch. Links Verlag, 2021


Publications

 

Ouvrage de recherche

Le théâtre en transition. De la RDA aux nouveaux Länder, Paris, éditions de la MSH, collection Dialogiques, 2006.

 

Direction d’ouvrages ou de numéros de revues

Le cinéma. Travail et organisation (codirigé avec Gwenaëlle Rot), Paris, La Dispute, 2013.

« Ce que comparer veut dire » (codirigé avec Thomas Le Bianic et Cécile Vigour), Terrains et travaux, n. 21, 2012.

« Dynamiques du genre » (codirigé avec Anne Revillard), Terrains et travaux, n. 10, 2006.

« Image(s) des sciences sociales » (codirigé avec Liora Israël), Terrains et travaux, n. 3, 2002.

 

Articles dans des revues à comité de lecture (depuis janvier 2014)

« Utopia ’89 –Un projet théâtral et scientifique sur la manifestation du 4 novembre 1989 à Berlin-Est » (avec Caroline Moine et Guillaume Mouralis), Revue Symposium Culture@Kultur, vol. 2, issue 1.

« Survivre à son premier film. Les carrières des cinéastes face à la segmentation de l’espace cinématographique français dans les années 2000 » (avec Karim Hammou, Audrey Mariette, et Nicolas Robette), Sociologie, n.4, 2019.

« Les mots pour (ne pas) le dire. L’expression des différences et des hiérarchies sociales » (avec Cédric Hugrée), L’Année sociologique, vol. 69/2, 2019.

« Faire carrière avec des artistes en jouant sur la stabilité des relations de travail : Les « carrières couplées » dans le cinéma et le spectacle vivant », Temporalités, 2018/1. 

 « Les logiques ordinaires de catégorisation de l’espace socioprofessionnel. Une comparaison Allemagne, Espagne, France » (avec Jérôme Deauvieau et Alexandra Filhon), Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n. 219, 2017.

« European classification project : An assessment of national variations in the perception of social space » (avec Alexandra Filhon, Jérôme Deauvieau et al.), Comparative Sociology, vol. 15, issue 3, 2016.

« La compagnie Décor Sonore. Vers une transfiguration théâtralisée des objets par les sonorités » (avec Daniel Urrutiaguer), L’annuaire théâtral, 56-57, 2015.

« Incontournables statuts ? Fonctionnaires et indépendants à l’épreuve des catégorisations ordinaires du monde social » (avec Cédric Hugrée), Sociologie du travail, vol. 57, n. 2, 2015.

 

Chapitres dans des ouvrages scientifiques (depuis janvier 2014)

« Projets de films (Etats-Unis et France, second XXième siècle », in Martin Giraudeau et Frédéric Graber (dir), Les projets. Une histoire politique (17ième – 21ième siècle), Paris, Presses Universitaires des Mines, 2018.

« Overlapping Temporalities in Project-Based Work : The Case of Independent Producers in the French Movie Industry », in Denise Bielby et Violaine Roussel (dir.), Invisible Hands in Cultural Markets, Lexington Books, 2015.

« Le double travail du producteur cinématographique », in Laurent Jeanpierre et Olivier Roueff (dir.), La culture et ses intermédiaires. Dans les arts, le numérique et les industries créatives, Paris, Éditions des Archives Contemporaines, 2014.

« Construire la confiance autour d’un projet de film. Le rôle des producteurs indépendants », in Wenceslas Lizé, Delphine Naudier, Séverine Sofio (dir.), Les stratèges de la notoriété. Intermédiaires et consécration dans les univers artistiques, Paris, Éditions des Archives Contemporaines, 2014.

« Pratiques d’ajustement face aux pénuries en Allemagne de l’Est » (avec Agnès Labrousse), in Pierre Fournier, Cédric Lomba, Séverin Muller (dir.), Les travailleurs du médicament, Paris, Erès, 2014.

« Le choc de la réunification et la fragilisation du système théâtral est-allemand dans les années 1990 », in Didier Plassard (dir.), Mises en scène d’Allemagne, de 1968 à nos jours, Paris, CNRS éditions, 2014.

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