Romain Tiquet | Chercheur associé

Dynamiques et expériences de la globalisation
Centre Marc Bloch, Friedrichstraße 191, D-10117 Berlin
Email: romain.tiquet  ( at )  gmail.com Tél: +49(0) 30 / 20 93 70700

Institution principale : CNRS | Position : Chargé de recherches CNRS | Discipline : Histoire contemporaine |

Biographie

Romain Tiquet est chercheur CNRS à l’Institut des Mondes Africains (MMSH Aix-en-Provence). Après avoir travaillé sur le travail forcé au Sénégal, il s’intéresse à l’histoire de la folie en Afrique de l’Ouest. Il pilote le projet ERC « Governing Madness in West Africa » (MadAf 2021-2025). Son livre « travail forcé et mobilisation de la main-d’oeuvre au Sénégal (années 1920-1960) a été publié aux Presses Universitaires de Rennes en 2019.

Au-delà du rapport Duclert. Décentrer l'histoire du génocide des Tutsi du Rwanda

08 novembre 2021

Romain Tiquet

Sammelband

Edition: Revue d’Histoire Contemporaine de l’Afrique

Dossier spécial coordonné au sein de la revue par : Camille Evrard, Muriel Gomez-Perez, Martin Mourre, Florent Piton, Nathaniel Powell et Romain Tiquet

Pour l'éditorial commun avec la revue Sources. Matériaux & Terrains en études africaines dans lequel ce dossier s'inscrit, lire ici.

Ce dossier spécial s’articule autour d’un ensemble de réactions au rapport, portant le plus souvent sur d’autres aspects que la question française, à la méthodologie et aux conclusions de la commission. Marie-Eve Desrosiers, met ainsi en évidence ce qu’elle estime être un « biais présentiste » dans la manière dont la commission a analysé la période correspondant aux premiers mois de la guerre civile à la fin de l’année 1990.
Ornella Rovetta interroge  la possibilité d’« écrire l’histoire en commission », c’est-à-dire sur la base d’un corpus archivistique et dans une chronologie définie moins par une question de recherche que par le pouvoir politique.
Via une analyse qu’elle qualifie de « sexospécifique », Caroline Williamson Sinalo met quant à elle en évidence l’occultation des perspectives de genre dans le rapport, non seulement lorsque celui-ci examine les violences et les pratiques de cruauté commises avant et pendant le génocide sur les Tutsi, mais aussi, les accusations de viols formulées à l’encontre de militaires français lors des opérations Noroît et Turquoise entre 1990 et 1994.
Proposant une montée en généralité à partir du contenu du rapport Duclert, Étienne Smith s’intéresse d’une part à la manière dont le rapport examine les tensions et les contradictions qui ont traversé l’institution militaire à propos du Rwanda entre 1990 et 1994, d’autre part à la façon dont cette même institution a réagi à la publication des conclusions de la commission.
Le dossier de réactions au rapport Duclert s’achève par un texte au statut singulier, car n’émanant pas strictement d’une personnalité académique, en la personne de l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop. Dans ce texte que nous nous réjouissons de publier simultanément en wolof, il propose une remise en contexte du rapport Duclert, dont il souligne bien qu’il est une étape parmi d’autres – et sans doute pas la dernière – dans le chemin vers la « vérité ».

Plusieurs autres textes complètent cet ensemble d’articles. Un article Varia de Florent Piton portant sur l'historiographie du génocide des Tutsi du Rwanda, un entretien avec François Graner, militant de Survie et très engagé sur le dossier Rwandais, ainsi que plusieurs comptes-rendus de lecture.

https://oap.unige.ch/journals/rhca/issue/view/rwanda