Marion Picker | Chercheuse associée

Pensées critiques au pluriel. Approches conceptuelles de la recherche en sciences sociales
Centre Marc Bloch, Friedrichstraße 191, D-10117 Berlin
Email: marion.picker  ( at )  univ-poitiers.fr Tél: +49(0) 30 / 20 93 70700

Institution principale : Université de Poitiers | Position : Maîtresse de conférences | Discipline : Etudes germaniques , Sciences de la culture |

Biographie

Marion Picker est Maîtresse de conférences en études germaniques à l’Université de Poitiers. Elle est titulaire d’un doctorat en cotutelle, Université de Strasbourg II et Johns Hopkins University (Baltimore, États-Unis), sur « Le caractère conservateur : Walter Benjamin et la politique des poètes », soutenu en 2003 à Baltimore.

Elle a enseigné aux États-Unis (Johns Hopkins, Northwestern, Dickinson) et en France (Paris VII, Aix-Marseille, Paris Nanterre). Elle a été pensionnaire de l’École normale supérieure (Paris), chercheuse invitée à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris), et à la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société de Poitiers. Elle est boursière de la Fondation Alexander von Humboldt, chercheuse invitée à l’Europa-Universität Viadrina (2017-2020), chercheuse associée au Centre Marc Bloch et au German Historical Institute à Londres (avril-juin 2019).

Bourse

Bourse de la Fondation Alexander von Humboldt (2017-2020)

 

 

 

Sujet de recherche

Histoire des représentations spatiales du savoir, collections et musées, XVIe-XXIe siècle

 

Histoire de l’Allemagne des XXe et XXIe siècles : migration, exil, mémoire collective

 

Transferts et traductions

 

Cultural Studies/Kulturwissenschaften

 

 

 

Projets

• L’angoisse cartographique (monographie ; Europa-Universität Viadrina, Francfort-sur-l’Oder/Université de Paris)

Collection, configuration, pensée critique. Série d’ateliers en ligne & publication avec le groupe « art et recherche au Centre Marc Bloch » et l’ancien réseau DFG « Sprachen des Sammelns », avril-juin 2021

• Weichbild, Denkbild, Stadtbild. La fonction épistémologique de l’image pour une autre histoire de l’espace urbain, recueil d’articles

Recueil des prises de positions historiques et actuelles sur « l’écoumène », questionnement sur sa signification à l’époque de l’anthropocène : Rosenzweig, Ratzel, A. Berque… (traduction, édition, commentaire)

• L’actualité des cabinets de curiosités : immanence, immersion, intelligibilité

Organisation de manifestations

Exposition "Les voi.es.x de la carte", avec Julio Velasco et un groupe de chercheures et chercheurs du Centre Marc Bloch, Institut Français de Berlin, 10 janvier 2023-28 février 2023.

Journée d’études « Cartographies et civilisations : thèmes, usages, limites et contraintes », avec Claire Portal et Régis Barraud, MSHS Poitiers, 14 juin 2022.

Séminaire doctoral du MIMMOC « Cartographies critiques », avec Ayman Al Joumaa, MSHS Poitiers, 13 juin 2022.

Cycle de séminaires bimensuels « Art et recherche en sciences humaines et sociales », avec Julio Velasco et Etienne Jollet, Centre Marc Bloch Berlin, 2020-

Cycle de conférences bimensuelles « Collection, configuration et pensée critique / Sammeln Lesen Denken », Centre Marc Bloch Berlin/Europa Universität Viadrina, 22 avril – 18 juin 2021 ; puis 17 décembre 2021 et 11 février 2022.

Atelier « Verbindlichkeit. La tâche des intellectuels », coorganisé avec Alexandre Métraux et Ulrike Vedder, Humboldt Universität Berlin, 11-12 octobre 2019.

Journée d’études « La prothèse qui fait peur », coorganisée avec Florent Gabaude (Université de Limoges), MSHS Poitiers, 21-22 mars 2019.

Séminaire de Master/Doctorat « Transmissions », coorganisé avec Thomas Keller (Aix-Marseille) et Dorothee Kimmich (Tübingen), Aix-en-Provence, 14-15 février 2014.

Journée d’études « Marseille aux XIXe et XXe siècles : relectures d’un mythe », en collaboration avec Florence Bancaud et Véronique Dallet-Mann (Aix-Marseille), Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 21 octobre 2011.

Colloque international « Un transfert comme les autres ? La ‘cartographie’ en littérature et sciences humaines », en collaboration avec Florent Gabaude et Véronique Maleval, Université de Limoges, 25-27 novembre 2010.

Journée d’études « Marseille au XXe siècle : état des lieux d’un mythe », avec Véronique Dallet-Mann et Florence Bancaud, Université d’Aix-Marseille, 20 octobre 2010.

Journée d’études « Walter Benjamin : du droit au mythe », Parlement des philosophes et Université de Strasbourg, Strasbourg, 17-18 mars 2008.

Série de conférences et séminaires sur les « Sciences de la culture » ou « Kulturwissen­schaften », codirigés avec Andrea Allerkamp pour l’EA MIMMOC, Université de Poitiers, année 2007-2008.

Séminaire « Les intellectuels juifs en Allemagne après 1945 », Association des enseignants américains d’allemand (AATG), Carlisle, États-Unis, 4 mars 2006.

Séance « Early cinemas », Congrès annuel de l’Association « Film and Literature » de l’Amérique du Nord, Carlisle, États-Unis, 13-16 octobre 2005.

« Carlisle Symposium », séminaire de recherche sur la littérature allemande contemporaine, Carlisle, États-Unis, 9-11 octobre 2003.

Séance « Philosophy in and through the Lens of Heine » de la Société Heine de l’Amérique du Nord, Congrès annuel de la Modern Language Association (MLA), Washington, États-Unis, décembre 2000.

Séminaire « L’avenir de la tradition juive allemande », Hans-Jonas-Zentrum, Freie Universität Berlin, 12 juillet 2000.

Colloque international « Theology and Criticism/Literature and the Sacred », à l’Université Johns Hopkins, Baltimore, États-Unis, 4-7 mars 1999.

 

L’angoisse cartographique dans les « premières » sciences de la culture. Métaphores ambivalentes chez Braudel, Rosenzweig, Warburg et Benjamin

Depuis le début des temps modernes, les cartes fournissent l'un des modèles par excellence de la connaissance et du savoir. Comme l'ont souligné les représentants de la cartographie critique, la fiabilité de la représentation cartographique, garantie par la tradition, la métrologie et le pouvoir gouvernemental, reste toutefois intrinsèquement liée à tout ce qui est censé être éliminé des dispositifs cartographiques, notamment l'ignorance et ses effets de doute et de malaise. Dans le monde anglophone, ce revers de la raison cartographique est connu sous l’appellation « cartographic anxiety ». Dans les études culturelles allemande (« Kulturwissenschaften », littéralement « sciences de la culture ») et anglo-américaine, les avertissements de la cartographie critique ont cependant été ignorés, ce qui peut être constaté en analysant les métaphores de « mapping » et de « cartographie ». Ces dernières ont été élevées au rang de terminologies, et ce bien qu'une partie des philologies transformées par les sciences culturelles se soient elles-mêmes tournées de manière explicitement critique vers la problématique de la cartographie et de la topographie, en insistant surtout sur la nécessité d’une contextualisation historique (p.ex. Weigel 2002). À travers la notion d’angoisse cartographique, nous proposons une étude qui, tout en se situant dans le champ même des « Kulturwissenschaften », permet une critique des méthodes de cette discipline. La question à poser relève cependant de l'histoire des idées : dans quelle mesure l’angoisse ou le malaise cartographique s'exprime historiquement, spécifiquement dans la période flanquée par deux guerres mondiales, dans une série d’« œuvres » qui ont été récupérées par la suite au sein de la tradition des sciences culturelles de l'Europe continentale : celles de Fernand Braudel, Franz Rosenzweig, Aby Warburg et Walter Benjamin, ainsi que de leurs milieux intellectuels. Leurs œuvres principales ont en commun d'avoir été interprétées par leurs auteurs comme des « cartographies ». L'étude se concentrera sur les ambiguïtés de cette auto-désignation : au regard des pratiques de l'image, du texte et de la carte au début de l'époque moderne, ce sont en effet les conditions épistémologiques de la carte et donc la « raison cartographique » qui s’avèrent problématiques. On peut donc se demander si, même dans le cadre d'une approche historiquement sensibilisée à la métaphore cartographique, les métaphores cartographiques devenues concepts peuvent légitimement servir de modèles épistémologiques dans les sciences culturelles.

Il y a plus de trente ans déjà, des représentants de la cartographie critique comme J. B. Harley ou Christian Jacob faisaient remarquer que les cartes étaient à la fois déterminées par les vecteurs du pouvoir et qu’elles véhiculaient – dans leur utilisation courante – une version réductrice de la philosophie du sujet. C’est pourquoi en 1994 le spécialiste de géographie humaine Derek Gregory a transformé le terme de « Cartesian anxiety » forgé par le philosophe Richard J. Bernstein en « cartographic anxiety », en élargissant toutefois la référence à Descartes aux conditions épistémologiques fondamentales de la cartographie en vigueur depuis l’époque moderne. « Angoisse » désigne ici le retour du doute et un malaise face à la position d’observateur détaché, « apollinien » de la carte, et la mise entre parenthèses de l’observateur par rapport au monde (historique). Dans toute une série de disciplines – entre autres, les sciences culturelles, la philosophie, l’histoire de la cartographie, la géographie humaine, l’histoire de l’art, les sciences de l’image, du cinéma et des médias, la psychologie et la linguistique cognitives, les études littéraires – cette problématisation de la « raison cartographique » (Olsson, Farinelli) a donné lieu à des débats aussi fructueux que confus aux marges de la cartographie. Leur dénominateur commun est la remise en question du paradigme de représentation de la cartographie (Pickles, Caquard) au profit d’une conception de la cartographie comme pratique et processus.

Au vu de la transformation de la cartographie due à l’informatique, de la nouvelle ubiquité des images de type ‘carte’ ainsi que de la transformation poststructuraliste de tous les domaines de la connaissance, se dessine toutefois un consensus minimal interdisciplinaire considérant la cartographie actuelle comme « post-représentationnelle ». Dans la mesure où l’objet « carte » se dynamise, se rapproche de la pratique cartographique et donc d’un processus, le domaine traditionnel de la cartographie – visualiser la terre – s’estompe par rapport aux utilisations métaphoriques, où tout devient cartographiable. Ainsi, l’utilisation des termes « cartographie » et « mapping » est devenue courante, non seulement par le recours à la métaphore de manière quasi-conceptuelle (p.ex. chez Bachmann-Medick), mais aussi au prix d’un recul de la problématisation d’une cartographie représentative. Dans sa tentative pour profiler les sciences culturelles allemandes contre la version anglo-américaine et pour discuter une rhétorique de la cartographie réduite à une fonction d’attribution, qui ne tient pas compte des spécificités du contexte historique, Sigrid Weigel (2002) cite une série de théoriciens d’Europe continentale issus de l’environnement des ‘premières’ sciences culturelles comme garants possibles d’une utilisation scientifique culturelle de la métaphore cartographique sensibilisée à la topographie et à l’historiographie.

Problématique

C’est dans ce contexte que se place mon projet de recherche. Il se penche sur la question de savoir comment l’angoisse cartographique avant la lettre se manifeste chez une série d’auteurs aujourd’hui considérés comme relevant des premières « sciences de la culture », directement ou indirectement en tant que philosophes de la culture, et se référant à l’époque moderne et à ses modèles épistémiques. Il s’agit d’Aby Warburg, Walter Benjamin, Franz Rosenzweig, Fernand Braudel et de leurs environnements intellectuels respectifs. Ils représentent une génération dont le rapport à la carte est devenu problématique. Sous les auspices de l’impérialisme, on en était alors arrivé à l’achèvement de la saisie cartographique du monde, ce que le géographe français Brunhès a qualifié en 1909 de situation d’emprisonnement (« Des limites de notre cage »), phénomène qui a d’abord suscité comme un retournement vers l’intériorité, puis une institutionnalisation d’une « science des cartes ». Parallèlement, a été remise en question la vision euclidienne du monde sur laquelle repose la cartographie traditionnelle. Ainsi, dans l’œuvre d’Ernst Cassirer, la confrontation avec la théorie de la relativité générale d’Einstein marque le passage de la critique de la connaissance à une philosophie des formes symboliques. Enfin, les auteurs sélectionnés rendent explicite l’ébranlement de l’espace-temps représentable ou perceptible par les guerres mondiales, que ce soit par le vécu de la guerre des tranchées (Rosenzweig), l’exil (Benjamin), l’effondrement devant l’iconographie de la guerre (Warburg) ou la captivité (Braudel), chacun reconnaissant par ailleurs le rôle de la guerre comme moteur de l’innovation technique, notamment dans la cartographie.

Aucun de ces auteurs ne s’est toutefois penché sur ce qu’est une carte et sur la détermination de la mission de la cartographie : la problématique cartographique reste donc latente. Mais cela motive d’autant plus la nécessité de reconstruire la fonction de la cartographie à partir des références implicites ou dispersées dans leurs œuvres. Car nombre d’indices prouvent qu’ils considéraient leurs œuvres respectives comme des « cartographies », une évidence perceptible surtout dans les moments où ces œuvres sont identifiées comme relevant de l’histoire de la culture, de l’histoire des idées. Quelles métaphores cartographiques, quels diagrammes et cartogrammes mobilisent-ils ? Quelles sont leur valeur épistémologique critique pour l’ensemble de l’œuvre concernée et sa portée jusqu’aujourd’hui ? Ces questions guideront l’analyse métaphorologique dans les quatre chapitres consacrés à Braudel, Rosenzweig, Warburg et Benjamin.

 

L’hypothèse à tester est que l’évocation métaphorique voire conceptuelle de la carte manifeste également l’insécurité épistémique qui lui est propre, autrement dit que l’angoisse cartographique se transmet par la métaphore. Chez Braudel, Rosenzweig, Warburg et Benjamin, il existe à chaque fois différentes stratégies pour répondre à l’attrait de la carte en tant que moyen de représentation, pour révoquer de manière ambivalente cette utilisation (Rosenzweig, Braudel) ou pour la pousser à l’extrême (Warburg, Benjamin). Ainsi, au lieu de montrer de manière exemplaire les usages de la carte dans les sciences culturelles, la métaphorisation de celle-ci apparaît comme l’expression de l’angoisse cartographique.

Réflexions méthodologiques

L’approche du projet, pour lequel il existe déjà de nombreux travaux préparatoires sous forme d’articles publiés, consiste à faire fructifier les objections de la cartographie critique pour l’histoire des idées de la première moitié du XXe siècle. Au sein de cette période délimitée par les deux guerres mondiales, nous avons choisi des auteurs qui ont été placés après coup dans la tradition des sciences culturelles continentales et dont les œuvres peuvent s’interpréter comme des « cartographies ». Notre étude se concentre toutefois sur les ambiguïtés de cette attribution. Plutôt que de proposer une vue panoramique, notre projet mise sur la représentation paradigmatique. Dans un deuxième temps, il sera possible de soumettre la pratique culturelle du « mapping » à la critique, dans la mesure où elle recourt métaphoriquement à la cartographie.

Au lieu de recourir aux théories de la métaphore de la psychologie cognitive (Lakoff et Johnson) ou de la sociologie de la connaissance (Weingart et Maasen), notre projet se fonde sur le concept de « métaphore » de Hans Blumenberg, qui vise à réévaluer la modernité au moyen d’une nouvelle méthodologie historiographie recourant aux métaphores « absolues » (qui restent irréductibles aux concepts). Même si l’on ne souscrit pas aux attendus anthropologiques de Blumenberg, sa théorie du non-conceptuel, l’« Unbegriffliches », permet de penser l’aspect à la fois spatialisant et historisant de la métaphore.

Bien que l’histoire des idées se propose de grandes synthèses, la partie consacrée aux quatre auteurs est tributaire d’un travail philologique qui analyse les textes de manière conjointe. Ce procédé est indispensable, car aucun des auteurs considérés ne présente explicitement une théorie propre de la carte ou de la cartographie. Les références aux formes de représentation cartographique doivent d’abord s’extraire des textes (analyse) et être ensuite confrontées à des références cartographiques explicites issues de leur environnement intellectuel et historique (contextualisation). Le fait de la latence est ici essentiel, dans la mesure où il indique des attitudes ambivalentes dans le rapport à l’épistémologie cartographique traditionnelle. Il ne s’agira pas d’appliquer les outils conceptuels des sciences culturelles actuelles ou de la cartographie critique aux textes de la période 1914-1949, mais de déterminer dans ces dernières ce qui préfigure l’appareil terminologique actuel des « sciences de la culture ». Les formations conceptuelles actuelles sont essentielles pour motiver pareil travail, mais leur examen critique n’aura pas lieu dans les chapitres consacrés aux auteurs : il sera réservé aux parties introductive et conclusive.

Ainsi, il s’agira de détacher temporairement l’empreinte récente de la « cartographic anxiety » des débats théoriques actuels et de l’enrichir d’un potentiel critique au contact des œuvres sélectionnées pour notre analyse. La traduction du concept anglais fait également partie de ce ‘détournement’ méthodologique : « anxiety » ne correspond certes pas seulement à l’angoisse, mais aussi à l’anxiété, à l’inquiétude et au malaise. Mais le terme a servi à l’époque à traduire le concept freudien d’« Angst », qui joue cependant un rôle secondaire dans la discussion actuelle sur la « cartographic anxiety » et ce, bien que la rencontre entre la théorie psychanalytique du cinéma et la théorie cartographique ait été extrêmement fructueuse pour les deux domaines (Conley, Castro).

Résultats attendus

L’angoisse cartographique est notamment l’effet de la constatation que l’on n’est pas seulement devant la carte, mais aussi toujours « dans » la carte. La carte, conçue comme une représentation, marque l’interface entre l’intérieur d’une psyché et l’extérieur du monde. À la fois écran, surface de projection et passage perméable, la carte entre en scène lorsqu’il s’agit de saisir mentalement quelque chose d’inconnu ou d’extérieur, cet extérieur étant créé avec force par le geste de localisation du cartographe comme du spectateur de la carte. Les cartes « intérieures », cognitives – dont le statut peut être rapproché de celui des métaphores cartographiques – représentent donc des intériorisations de ce qui est radicalement extérieur, étranger, potentiellement invisible, et sont donc également associées à des discours sur la maladie et la contamination (Dünne, Mitchell).

Notre projet de recherche met aussi en évidence les éléments décisifs pressentis dès les années 1920. La dissolution de la carte « traditionnelle », un moment que Caquard et Taylor datent de l’entre-deux-guerres à l’appui de la parution de « cinemaps », n’a pas eu lieu dans les cartes géographiques et n’est pas le fait récent du « web 2.0 mapping », mais s’est élaborée progressivement. Les écrivains étudiés n’apparaissent toutefois pas comme des figures d’auteurs au sens de points d’origine de ces développements, mais comme des médiateurs. À cet égard, est également significatif le fait qu’ils se réfèrent tous, bien que chacun à leur manière, à des mises en scène de rapports entre mots et images au début de l’époque moderne. La métaphorisation, exclue des définitions des cartes, même dans l’History of Cartography, apparaît ainsi comme ce qui assure leur transformation et leur ouverture critique.

Publications

 

I. OUVRAGES

2 2007 Schweres Gepäck, Munich : Lyrikedition 2000/Allitera, 2007, 88 p.

12004 Der konservative Charakter : Walter Benjamin und die Politik der Dichter, Bielefeld : Éditions Transcript, collection « Kultur- und Medientheorie », 2004, 184 p. (Version remaniée de la thèse de doctorat).

 

II. DIRECTIONS D’OUVRAGES

7 • 2021 La Prothèse qui fait peur, dirigé pour les Cahiers du MIMMOC no 26 (2021). https://doi-org.ressources.univ-poitiers.fr/10.4000/mimmoc.10015

6 • 2021 Life Lines. Poems, Poetry, Poetics, codirigé avec Elke Siegel pour Modern Language Notes 136 no 3 (2021), 320 p.

5 •2016 Exil Transfer Gedächtnis/Exil transfert mémoire, codirigé avec Dorothee Kimmich, Francfort-sur-le-Main : Lang, 2016, 294 p.

4 2013 Marseille. Éclat(s) du mythe, codirigé avec Véronique Dallet-Mann et Florence Bancaud, Aix-en-Provence : Presses universitaires de Provence, 2013, 256 p.

3 2013 Die Zukunft der Kartographie. Neue und nicht so neue epistemologische Krisen, codirigé avec Véronique Maleval et Florent Gabaude, Bielefeld : Éditions Transcript, collection « Kultur- und Medientheorie », 2013, 284 p.

2 2012 Géographie poétique et cartographie littéraire, codirigé avec Véronique Maleval et Florent Gabaude, Limoges : Presses universitaires de Limoges, 2012, 292 p.

1 2010 Walter Benjamin, les vicissitudes du mythe, dirigé pour les Cahiers philosophiques de Strasbourg, no 27 (2010), 273 p.

 

III. CONTRIBUTIONS À DES OUVRAGES COLLECTIFS

15 • 2021 « Literarische Formen der Philosophie: Denkbild », dans Handbuch Literatur und Philosophie, sous la direction d’Andrea Allerkamp et Sarah Schmidt, Berlin : De Gruyter, 2021, p. 401-414.

14 • 2021 « Von den Freiräumen unseres Käfigs: Jean Brunhes’ Humangeographie von Angst und Verheißung », dans Angst und Freiheit, sous la direction de Petra Maria Meyer et Christine Blättler (à paraître).

13 • 2016 « Die Zeit des Steins », dans Sprachen des Sammelns, sous la direction de Sarah Schmidt, Munich : Fink, 2016, p. 451-455.

12 2016 « Kartographie als Sammlung. Die kosmologische Konzeption des Kartensaals im Florentiner Palazzo Vecchio », dans Sprachen des Sammelns, sous la direction de Sarah Schmidt, Munich : Fink, 2016, p. 225-234.

11 2016« Der bewegte Kartengrund. Von einer Metapher in der deutschen Geographie von 1814-1928 », dans Exil Transfer Gedächtnis/Exil transfert mémoire, sous la direction de Marion Picker et Dorothee Kimmich, Francfort-sur-le-Main : Lang, 2016, p. 113-136.

10 2014 « ‘… ne se creuse point de domicile’. Esquisse sur Walter Benjamin, Der Fischotter », dans Figures de la critique/Kritikfiguren. Hommage à Gérard Raulet (collection : « Schriftenreihe zur politischen Kultur der Weimarer Republik »), sous la direction de Françoise Lartillot, Olivier Agard, Manfred Gangl, Gilbert Merlio, Francfort-sur-le-Main : Lang, 2014, p. 143-150.

9 2014 « Tristes Optiques. Braudel, der Mensch, der Geschichtsraum », dans Wissen in Bewegung. Theoriebildung unter dem Fokus von Entgrenzung und Grenzziehung, sous la direction de Sarah Schmidt et Gérard Raulet, Berlin : Lit Verlag, 2014, p. 31-42.

8 2013 « ‘Weichbild’ Marseille, ou la faiblesse des images », dans Walter Benjamin, sous la direction de Patricia Lavelle, Paris : Éditions de l'Herne (coll. Cahiers de l'Herne), 2013, p. 208-213.

7 2012 « La métaphore cartographique: une nouvelle mythologie ? », dans Géographie poétique et cartographie littéraire, sous la direction de Véronique Maleval, Marion Picker et Florent Gabaude, Limoges : Presses universitaires de Limoges, 2012, p. 82-92.

6 2010 « Kartographie, ‘Mapping’, Metapher, Mythos » dans Kulturwissenschaften in Europa – eine grenzüberschreitende Disziplin ?, sous la direction de Gérard Raulet et Andrea Allerkamp, Münster : Westfälisches Dampfboot, 2010, p. 196-208.

5 2007« Geschichtliche Darstellung. Zu den Intellektuellenfiguren Walter Benjamin und Carl Schmitt »dans la deuxième édition augmentée d’Intellektuellendiskurse in der Weimarer Republik, sous la direction de Manfred Gangl et Gérard Raulet, Francfort-sur le-Main : Peter Lang/Europäischer Verlag der Wissenschaften, 2007, p. 283-296.

4 2006 « Genre und Geschlecht : Rainer Werner Fassbinders ‘Der amerikanische Soldat’ » dans Narrating Gender : Texte, Medien, Episteme, sous la direction de Sigrid Nieberle et Elisabeth Strowick, Vienne : Böhlau, 2006, p. 225-237.

3 2002 « Holz und Hain : Zur Aufgabe der Kritik », dans Singularitäten : Literatur – Wissenschaft – Verantwortung, sous la direction de Marianne Schuller et Elisabeth Strowick, Freiburg : Rombach, 2002, p. 375-385.

2 1997 « Darstellung als Entsprechung. Walter Benjamins Theologisch-Politisches Frag­ment ». Undarstellbares im Dialog : Facetten einer deutsch-französischen Auseinandersetzung, sous la direction de Thomas Bedorf et al., Amsterdam/Atlanta : Éditions Rodopi, 1997, p. 117-126.

1 1988 « Interview mit Vilém Flusser », Katalog zum 5. Film- und Videotreff. Cologne : Runge, 1988, p. 15-18.

 

IV. ACTES DE COLLOQUE OU CONGRÈS

7 2018 « Eine kulturwissenschaftliche Versuchsanordnung », dans Dialogpotenziale kultur­wissenschaftlicher Forschung in den Fremdsprachenphilologien, sous la direction de Marie-Therese Mäder et Jenny Ettrich, Berlin : Lang, 2018, p. 227-235.

6 2013 « Le ‘Mapping’ et ses limites : réflexions sur une métaphore méthodologique dans les Sciences de la culture », congrès de l’Association des Germanistes de l’Enseignement Supérieur « Construction de l’espace dans les cultures d’expression allemande » à Saint-Étienne, 4-6 juin 2009, dans les actes de ce congrès, dirigés par Françoise Lartillot et Ulrich Pfeil, Berne : Peter Lang, collection « Convergences », 2013, p. 33-46.

5 2011 « ‘Die Massen zum Verschwinden bringen’ : Kracauer, Metropolis, und das Medium des Films », congrès de l’Association des Germanistes de l’Enseignement Supérieur « Das Populäre » à Göttingen, 21-23 mai 2008, dans les actes de ce congrès, dirigés par Olivier Agard, Christian Helmreich et Hélène Vinckel, Göttingen : Vandenhoeck & Ruprecht, 2011, p. 171-185.

4 2010 « Anatomie d’une médiation : Métropolis de Fritz Lang (1926) », dans La Science-Fiction, entre Cassandre et Prométhée, sous la direction de Françoise Willmann, Nancy : Presses Universitaires de Nancy, 2010, p. 77-86.

3 2007 « Zum ‘Mapping’ als kulturwissenschaftlicher Methode », congrès de l’Association Internationale des Germanistes à Paris, 26 août - 3 septembre 2005, dans Akten des XI. Internationalen Germanistenkongresses Paris 2005 : « Germanistik im Konflikt der Kulturen », vol. 5 (81), Berne : Peter Lang, 2007, p. 47-51.

2 2007 « Walter Benjamin passant la frontière », colloque « Passer/dépasser les frontières » à Toulouse, 27-28 mai 2004, dans Diasporas, sous la direction de Colette Zytnicki, Toulouse : Méridiennes, 2007, p. 33-42.

1 2005 « Le déplacement de l’expérience. À propos du ‘Conteur’ de Walter Benjamin », colloque « Migration » de l’ARCL à Paris, 22-25 mars 2004, paru dans Migrations in Society, Culture, and the Library sous la direction de Thomas Kilton, American Association of College and Research Libraries, 2005, p. 160-166.

 

V. ARTICLES DANS DES REVUES internationales À COMITÉ DE LECTURE

 

9 • 2022 « Enge Weltinnenräume. Begehbare Riesengloben und der ‘Grand globe’ von Élisée Reclus », 21 : Inquiries into Art, History, and the Visual/Beiträge zur Kunstgeschichte und visuellen Kultur, à paraître.

8 • 2021 « La Prothèse qui fait peur », Cahiers du MIMMOC no 26 (2021), p. 1-9. URL : https://journals.openedition.org/mimmoc/10015

7 2019 « Figures of chance and contingency in Albert Kahn’s planetary project », Synthesis. An Anglophone journal of comparative literary studies no 11 (2018), 12-33. doi:http://dx.doi.org/10.12681/syn.20891

6 2016 « Weichbild », The Germanic Review 91, no 2 (2016), p. 157-165.

5 2011 « Von Mittlern und Medien. Der Film ‘Metropolis’ und seine Kritiker », « Vrais » et « faux » médiateurs : La connaissance des lieux et ses équivoques, Cahiers d’études germaniques no 60 (2011), p. 129-143.

4 2011 « Franz Rosenzweig, le ‘Reichet les tyrans », Cahiers philosophiques de Strasbourg no 29 (2011), p. 67-80.

3 2009« In tyrannos ! Franz Rosenzweigs polemisches Motto und die Geschichtsphilo­sophie », Zeitschrift für Kulturphilosophie no 3 (2009), p. 327-338.

2 2008 « De l’actualité : Le projet de l’Angelus Novus »,Reflexão : Revista Semestral de Filosofia 33, no 94 (2008), p. 151-160.

1 2005 « 1914 : ‘Wie George in mein Leben hineinwirkte’ », Text + Kritik no 168 (2005), p. 60-75.

 

VI. INTRODUCTIONS, COMPTES-RENDUS

6 • 2021 « Life Lines. Poems, Poetry, Poetics » (avec Elke Siegel). Modern Language Notes 136 no 3 (2021), p. 483-486.

5 •2016 « Einleitung : Exil-Transfer-Gedächtnis » (avec Dorothee Kimmich), dans Exil Transfer Gedächtnis/Exil transfert mémoire, codirigé avec Dorothee Kimmich, Francfort-sur-le-Main : Lang, 2016, p. 7-10.

4 2013 « Marseille ville-mythe ? Lieux communs et lieux de mémoire », dans Marseille. Éclat(s) du mythe, codirigé avec Véronique Dallet-Mann et Florence Bancaud, Aix-en-Provence : Presses universitaires de Provence, 2013, p. 23-26.

3 2013 « Introduction » (avec Véronique Dallet-Mann et Florence Bancaud), dans Marseille. Éclat(s) du mythe, codirigé avec Véronique Dallet-Mann et Florence Bancaud, Aix-en-Provence : Presses universitaires de Provence, 2013, p. 9-20.

2 2012 Compte rendu : Isabel Kranz, Raumgewordene Vergangenheit. Walter Benjamins Poetologie der Geschichte, Études germaniques no4 (2012), p. 683.

1 2010 « Avant-Propos », Walter Benjamin, les vicissitudes du mythe, dirigé pour les Cahiers philosophiques de Strasbourg, no 27 (2010), p. 9-14.

 

VII. PUBLICATIONS LITTERAIRES

10 2022 « Weh mir », Cahiers d’Études Germaniques, no 83 (2022), à paraître.

9 2014 « ORL C.H. Magny », Modern Language Notes, no 129 (2014), p. 688.

8 2013 « Worte » (traduction: Laure Bernardi), dans Frankreich-Deutschland: Transkulturelle Perspektiven, Mélanges en l’honneur de Karl Heinz Götze, sous la direction de W. Fink, I. Haag et K. Wimmer, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang 2013, S. 9-10.

7 2007 « Zwei Gedichte », dans Quellenkunde, sous la direction de Norbert Hummelt, Munich : ‘Lyrikedition 2000’, 2007, p. 168 et 171.

6 2005 « RWF » et « Rheinfahrt », dans Jahrbuch der Lyrik 2006, sous la direction de Christoph Buchwald, Francfort-sur-le-Main : Fischer, 2005, p. 134-135 ; 161.

5 2004 « Rheinfahrt » et autres poèmes, Sirena no 1 (2004), p. 136-147.

4 2001 « KN » et autres poèmes, Evidenz no 2 (Paris 2001), p. 97-106.

3 1999 « LN », Evidenz no 1 (Paris 1999), p. 117-118.

2 1996 « 6 Gedichte » dans 45 Gedichte, sous la direction de Norbert Hummelt, Cologne : Emons, 1996, p. 47-53.

1 1992 « Sister Rosa’s Nightly Notebook », Der Prokurist no 9 (Vienne 1992), p. 9-42.

 

VIII. TRADUCTIONS

18 2016 Projet ANR « Europange » Les processus de rassemblements politiques : l’exemple de l’Europe angevine (XIIIe-XVe siècles). Traduction vers l’allemand de la base de données prosopographique et géographique.

17 2016 Nasrallah, Tony, « Charles Malik et l’universalité des droits de l’homme », dans Culture, identité et droits de l’homme : Perspectives transculturelles, dirigé par Sarhan Dhouib, Paris: L’Harmattan.

16 2013 Berque, Augustin, « Die Transgression der Karten », dans Die Zukunft der Kartographie. Neue und nicht so neue epistemologische Krisen, dirigé par Marion Picker, Véronique Maleval, et Florent Gabaude, Bielefeld : Éditions Transcript, collection « Kultur- und Medien­theorie », 2013, p. 241-256.

15 2013 Besse, Jean-Marc, « Tabellen, Maßstäbe, Schachteln, Bäume. Zum Gebrauch einiger räumlicher Schemata in der neuzeitlichen Geographie », dans Die Zukunft der Kartographie. Neue und nicht so neue epistemologische Krisen, dirigé par Marion Picker, Véronique Maleval, et Florent Gabaude, Bielefeld : Éditions Transcript, 2013, p. 109-133.

14 2013 Farinelli, Franco, « Im Anfang war die Karte », dans Die Zukunft der Kartographie. Neue und nicht so neue epistemologische Krisen, dirigé par Marion Picker, Véronique Maleval, et Florent Gabaude, Bielefeld : Éditions Transcript, 2013, p. 257-277.

13 2012 Halouani, Mohamed Ali, « Die Leidenschaft des Lebens: die Geburt eines Volkes. Zu Chebbi », dans Kultur, Identität und Menschenrechte: Transkulturelle Perspektiven, dirigé par Sarhan Dhouib, Weilerswist: Velbrück Wissenschaft, 2012, p. 168-175.

12 2009 Weber, Samuel, Geld ist Zeit : Gedanken zu Kredit und Krise, Munich : Diaphanes, 2009.

11 2009 Napp, Anke, « Pèlerins, moines soldats et marchands : de la foi au profit » et « Urbain V et Marseille, une relation spirituelle profitable », dans Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée : Les horizons d’une ville portuaire, ouvrage coordonné par Thierry Pécout, Méolans-Revel : Ad Verbum, 2009, p. 351-356 ; 373-376.

10 2009 Rochelle Tobias, « An der Grenze des ästhetisch Darstellbaren. Versöhnung bei Hermann Cohen und Walter Benjamin », conférence au « Center for advanced studies » de la Ludwig Maximilians Universität, Munich, 25 juin 2009.

9 2008 Weinachter, Michèle, « Franco-German Relations in the Giscard-Schmitt Era, 1974-1981 », dans A History of Franco-German Relations in Europe : From « Hereditary Enemies » to Partners, sous la direction de Carine Germond et Henning Türk, New York : Palgrave Macmillan, 2008, p. 223-233.

8 2006 Les Perses sassanides : Fastes d’un empire oublié (224-642) (catalogue d’exposition), Suilly-la-Tour/Paris : Éditions Findakly/Paris-Musées, 2006.

7 2005 Buber, Martin, « The Altar », Journal of Visual Culture 4 no 1 (2005), p. 1-13.

6 2004 Anri Sala – Entre chien et loup (catalogue d’exposition), Paris/Hambourg : Musée d’art moderne de la Ville de Paris/Verlag der Buchhandlung Walther König, 2004.

5 2002 Raoul Marek – La salle du monde-Exil (catalogue d’exposition), Paris : Musée Zadkine, 2002.

4 2002 Diers, Michael, « On the Urgency of Painting, or : Images upon Images », dans Urgent Painting (catalogue d’exposition), Paris : Paris-Musées, 2002, p. 32-45.

3 2001 Hofmann, Werner, « Ernst Gombrich », Journal des Arts : L’œil, Décembre 2001, p. 35-38.

2 1999 Schlesier, Renate, « Psychoanalysis of Sacred Texts : Freud’s Interpretation of Dreams », conférence, Johns Hopkins University, Baltimore, 4-7 mars 1999.

1 1997 Ellrich, Lutz, « Negativity and Difference : Gilles Deleuze’s Criticism of Dialectics », Modern Language Notes 111 no 3 (1996), p. 463-487.