Katia Genel Forscherin



Mutterinstitut
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Position
MCF
Fachbereich
Philosophie

Aufenthaltszeitraum : vom 01.09.2015 bis 31.08.2018
Biographie

Katia Genel est agrégée et docteur en philosophie. Après une thèse en philosophie sur la question de l’autorité dans l’Ecole de Francfort, menée à l’Université de Rennes 1 et en co-tutelle avec l’Université de Francfort/Main (Institut für Philosophie et Institut für Sozialforschung), elle a été élue maître de conférences en philosophie allemande à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Elle est rattachée au Centre de recherche sur l’Histoire des Systèmes de Pensée Moderne (CHSPM). Elle est membre du projet ANR/DFG CActuS (Actualité de la critique. Théorie de la société, sociologie et critique sociale en France et en Allemagne, dirigé par Gérard Raulet et Axel Honneth).

 

Ses recherches portent sur les différentes approches critiques de la société et leurs enjeux méthodologiques. Elle conjugue une perspective historique sur la tradition de « l’Ecole de Francfort », l’étude de ses sources dans l’idéalisme hégélien et le matérialisme de Marx, de son dialogue avec les sciences sociales, jusqu’à ses prolongements plus contemporains (chez Habermas et Honneth), à une perspective plus épistémologique, centrée sur l’étude des modèles de la critique et de l’interdisciplinarité. Ses thèmes de recherches sont la philosophie allemande, la philosophie sociale et politique, notamment la théorie critique, et l’épistémologie des sciences sociales.



Projekte

Projet de délégation CNRS

« L’apathie, passivité ou résistance ? Éclairer les ressources critiques du sujet entre philosophie sociale et philosophie politique »

Le projet consiste en un travail d’analyse sur la notion d’apathie et sur les manières d’approcher la passivité et l’activité dans le champ de l’expérience politique. À partir de l’étude des « pathologies de l’action » que semblent constituer les attitudes de retrait, d’apathie, d’inactivité, l’objectif est d’identifier les discours qui sous-tendent ce diagnostic, et de redéfinir les concepts qui permettent de saisir les formes – ouvertes ou plus discrètes – d’action politique. Il s’agit de confronter l’un à l’autre les écrits de deux auteurs forts différents, Th. W. Adorno et Hannah Arendt, qui héritent tous deux, chacun à leur manière, de la réflexion de Marx sur le passage de la théorie à la praxis et sur les types d’activité que les hommes peuvent déployer sans être aliénés. Arendt, théoricienne de l’action par excellence, a mené une critique de l’aliénation et de l’absorption de toutes les activités par le paradigme du travail ; et Adorno développe une théorie dialectique à partir d’une critique de l’injonction au passage immédiat à l’action, et s’attache à l’analyse des phénomènes de domination qui produisent l’apathie.

Le présent projet s’inscrit dans le cadre d’une recherche plus générale sur les modèles critiques que les penseurs du XXe siècle, à la suite de Kant, Hegel et Marx, ont proposé, et sur la manière dont ces modèles se sont déployés au sein de disciplines parentes mais distinctes, la philosophie sociale et la philosophie politique. Il s’agit de clarifier et de confronter les présupposés anthropologiques des deux méthodes : on pourrait considérer que la philosophie sociale présuppose un sujet largement déterminé par ses conditions sociales, passif, voire souffrant, tandis que la philosophie politique partirait d’un sujet actif participant à la vie publique. Le projet entend revenir sur ce départage afin d’éclairer ce que peut être une philosophie sociale et politique de l’action. Cette étude est menée dans le cadre d’une comparaison franco-allemande largement entamée ces dernières années à partir de l’exploration de la tradition critique, mais également de celle de la sociologie et de la philosophie françaises contemporaines (la sociologie critique de Bourdieu et la sociologie de la critique de Boltanski ainsi que les études foucaldiennes), afin d’examiner les modèles théoriques de l’interdisciplinarité entre philosophie et sciences sociales, et leurs enjeux politiques.



Publikationen

Ouvrages:

Katia Genel, Hannah Arendt. L'expérience de la liberté, Paris, Belin, 2016.

Katia Genel, Autorité et émancipation. Horkheimer et la Théorie critique, Paris, Payot, « Critique de la politique », 2013.

 

Direction d'ouvrages:

Katia Genel (dir.), La Dialectique de la raison: sous bénéfice d'inventaire, Paris, Editions de la maison des sciences de l'homme, 2017.

Katia Genel, Jean-Philippe Deranty (dir.), Axel Honneth & Jacques Rancière. Recognition or Disagreement: A Critical Encounter on the Politics of Freedom, Equality, and Identity, Columbia University Press, 2016.

 

Articles

- « Cultura e Autorità: Il cambiamento del pensiero di Max Horkheimer negli anni ’40 » in Arte Nuova e cultura di massa, Nicola Emery (dir.), Mimesis, 2018, p. 87-101.

- « Prendre la parole et être entendu. Lectures de l’analyse arendtienne de l’espace public par Seyla Benhabib et Iris Marion Young », Raisons politiques 2017/4 N° 68, p. 47-63.

- « Les figures de la critique dans l’École de Francfort. Normativités du social, rationalité et irrationalité », Jurisprudence. Revue critique, « Le droit, entre théorie et critique », 2017, p. 61-73. 

- « Les théories de la reconnaissance face au problème de l’assujettissement. Trois figures de la servitude chez Axel Honneth, Judith Butler et James C. Scott », in Donner, reconnaitre, dominer. Trois modèles en philosophie sociale, Louis Carré et Alain Loute (dir.), Presses du Septentrion, collection « Philosophie », 2016.

- « Horkheimer : une critique originale de la domination », Matérialismes, culture et communication, F. Granjon (dir.), Coll. Matérialismes, Presse des Mines, 2016, pp. 203-219.

- « École de Francfort et freudo-marxisme: sur la pluralité des articulations entre psychanalyse et théorie critique », Actuel Marx, 2016/1, n° 59, p. 11-25.

- « La critique de l’autorité en démocratie. Quelques pistes ouvertes par Weber, l’École de Francfort et la sociologie critique », Revue Raison présente, 2015, p. 25-33.

- « Autorité et domination chez Honneth : quelles perspectives critiques », in Capitalisme et démocratie : autour de l’œuvre d’Axel Honneth, C. Bouton et G. le Blanc (dir.), Ed. Bord de l’eau, 2015.

- « L’École de Francfort et la politique : la place de Marcuse entre Horkheimer, Adorno et Neumann », Illusio, « Théorie critique de la crise, Du crépuscule de la pensée à la catastrophe », Le Bord de l’eau, n°12/13, 2014.

- « Psychanalyse et Théorie sociale : la psychanalyse est-elle un facteur d’émancipation ? », Revue Contretemps, mars 2014 (en ligne : http://www.contretemps.eu/interventions/psychanalyse-th%C3%A9orie-sociale-psychanalyse-est-elle-facteur-%C3%A9mancipation)

- « L’autorité des faits : Horkheimer face à la fermeture des possibles », revue Tracés, 2013/1, n° 24, p. 107-119.

- « Le problème de l’autorité : l’École de Francfort à la lumière des analyses d’Arendt », in Pierre-François Noppen, Iain Macdonald, Gérard Raulet (dir.), Les Normes et le possible : héritage et perspectives de l'École de Francfort, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, coll. Philia, 2013.

- « Devenir de l’analyse freudienne de la masse dans l’École de Francfort » (co-écrit avec Julia Christ), in M. G. Wolkowicz, T. Moreau, A. Nouss et G. Rabinovitch (dir.), La Psychologie de masse aujourd’hui, Paris, éd. des Rosiers, coll. Schibboleth – Actualités de Freud, 2012, p. 79-93.

- « Die sozialpsychologische Kritik der Autorität in der frühen kritischen Theorie Max Horkheimer zwischen Erich Fromm und Theodor W. Adorno », in M. Hawel (dir.), Doktorand_innen-Jahrbuch der Rosa-Luxemburg-Stiftung, Bd. 1, Berlin, Karl Dietz Verlag, 2011, p. 174-186. 

- « Biopouvoir, biopolitique : de la description à la critique », in Médecine, Santé, Soin. Manuel Médecine et Sciences Humaines, Paris, Les Belles Lettres, 2011, p. 600-606.

- « Droit et politique dans la critique de la domination. Confrontation entre Horkheimer et les juristes Neumann et Kirchheimer », in H. Bentouhami, N. Grangé, A. Kupiec et J. Saada (dir.), Le souci du droit. Où en est la Théorie critique ?, Paris, Sens & Tonka, 2010, p. 43-60.

- « L’approche socio-psychologique de Horkheimer, entre Fromm et Adorno », Astérion, n°  7, juin 2010.

 

Traductions

- Traduction de l’anglais de l'article d'Amy Allen “Reason, power and history: Re-reading the Dialectic of Enlightenment” paru dans Thesis Eleven, 2014, pp. 1-16.

- Traduction (avec J. Christ) de textes de Max Horkheimer, Gesammelte Schriften Bd. 12, Frankfurt/Main, Fischer, 1972 : Th. Adorno, M. Horkheimer, Le Laboratoire de la Dialectique de la raison, Paris, Editions Maison des sciences de l’homme, Philia, 2013.

- Traduction de l'allemand (avec I. Aubert) de l’essai de Jürgen Habermas, « Hat die Demokratie noch eine epistemische Dimension? Empirische Forschung und normative Theorie », Ach, Europa. Kleine Politische Schriften XI, 2008 pour la Revue Participations, 2012/4 et 2013/1.