Dr. Leyla Dakhli Forscherin



Mutterinstitut
CNRS IREMAM
Position
Chargée de recherche
Fachbereich
Geschichte

Aufenthaltszeitraum : vom 01.09.2014 bis 31.08.2019
Biographie

Leyla Dakhli is a full-time researcher in the French Center for National Research (CNRS), presently settled in the Marc Bloch Center in Berlin. She is a historian, and her work focuses particularly on the study of Arab intellectuals and cultural history of the South Mediterranean region. She has a special focus on the social history of intellectuals – and specifically on Women Intellectuals ; and on the question of languages in the MENA region, considered as a way to understand the entangled history of the region.

She is member of the scientific comittee of the International Review of Social History (Amsterdam) and Le Mouvement social (Paris), both are of the mostproeminent journals in Social history, and she contributes regularly to of the Lebanese journal Al-Safir al-Arabithe web-journal La Vie des idées, and Jadaliyya. She is part of the « Open Jerusalem » team (European Research Council Grant). She founded the European Society of Authors, dedicated to promote translation and ideas’ exchanges all around the world (www.seua.org).

Selected publications :

Histoire du Proche-Orient contemporain, Paris, La Découverte, 2015.

« The Mahjar as literary and political territory in the first decades of the twentieth century : the example of Amîn Rîhânî (1876-1940) », in DyalaHamzah (dir.), The Making of the Arab Intellectual. Empire, public sphere and the colonial Coordinates of Selfhood, SOAS/Routeledge Studies on the Middle East, 2012, pp. 164-188.

With Stéphanie Latte Abdallah, Des engagements au féminin au Moyen-Orient (XXe - XXIe siècles), Le mouvement social, N° 231, Avril-Juin 2010.

Une génération d’intellectuels arabes. Syrie et Liban,  1908-1940, Paris, éditions Karthala-IISMM, 2009.

With Vincent Lemire et Daniel Rivet, Proche-Orient : foyers, frontières et fractures. Vingtième siècle N°103, sept. 2009.

« Une lecture de la révolution tunisienne », Le Mouvement Social, 2011/3 n° 236, p. 89-103. DOI : 10.3917/lms.236.0089 ; in english : A Reading of the Tunisian Revolutionhttp://www.cairn-int.info/abstract-E_LMS_236_0089--reading-the-tunisian-revolution.htm

« Tunisia : A betrayed Revolution ? » :http://www.jadaliyya.com/pages/index/10463/a-betrayed-revolution_on-the-tunisian-uprising-and

 



Forschungsthema

- Histoire contemporaine des intellectuels arabes (1908 à nos jours)
- histoire sociale et culturelle des mondes arabes: mouvements, exils, langues et circulations
- Histoire des mouvements sociaux et des mobilisations à travers leurs répertoires d'actions et leurs circulations
 


Institution der Dissertation

CNRS IREMAM


Projekte

1. Histoire sociale des intellectuels arabes : le cas de la Tunisie depuis la fin des années 1960

Quels vecteurs de formation, d’émancipation ? Quel rôle jouent les intellectuels dans la société tunisienne après l’indépendance ? Comment se modifient le rôle des intellectuels et leur statut ? Le récent « gouvernement de compétences» constitué après l’adoption de la nouvelle Constitution est un exemple éloquent du renouvellement des cadres politiques et des « compétences » dans le cadre de l’exercice d’une fonction politique. Qu’une vague révolutionnaire puisse aboutir à porter au pouvoir des personnes réputées pour être de bons technocrates peut paraître étonnant. L’analyse des parcours de formation des élites depuis l’indépendance et l’étude de moments spécifiques comme les politiques d’arabisation ou les évolutions du paysage éducatif peuvent permettre de mieux comprendre l’émergence de cette nouvelle élite libérale, née en contexte autoritaire. Cette histoire est très largement déterminée par les liens qui s’établissent entre l’ancienne puissance coloniale et la Tunisie, et entre l’Europe et le sud de la Méditerranée plus largement. Comprendre l’émergence de ces nouvelles élites nécessite de travailler à partir d’une histoire locale, celle des politiques scolaires et des stratégies éducatives des élites ; elle engage aussi un travail sur les coopérations et échanges universitaires et de formation entre l’Europe et la Tunisie, mais aussi entre la Tunisie et d’autres régions du monde comme l’Amérique du nord ou les pays du Golfe. Il s’agit aussi de cartographier les réseaux et les itinéraires des intellectuels tunisiens depuis l’indépendance pour comprendre comment ils s’insèrent dans la mondialisation des échanges.
Le travail sur ces questions nécessite d’approfondir la connaissance des sources tunisiennes (travail dans les archives nationales, entretiens menés avec des responsables des politiques d’arabisation, des linguistes, des universitaires), de la bibliographie en arabe, en français et dans d’autres langues (anglais, allemand, italien). Il faudra aussi travailler à partir des politiques d’accueil et d’aide aux étudiants étrangers dans les pays européens à partir d’archives et de documents, le plus souvent accessibles en ligne sur les sites de l’Union européenne.
L’étude de la formation et de la transformation des élites sera envisagée en lien avec un travail sur les années 1960-1970 en Tunisie, notamment sur les générations intellectuelles et militantes en place dans les grands mouvements de 1968 et 1978. Le lien entre la répression des mouvements sociaux de gauche et la mise en place d’une politique d’arabisation par Bourguiba doit être analysé ; tout comme le lien entre arabisation et islamisation doit être compris et éventuellement déconstruit par l’analyse des mécanismes de remplacement d’une génération militante par une autre, par des changements aussi dans les références et les définitions de soi d’élites intellectuelles de plus en plus divisées. Les années 1968-2011 sont un terrain d’observation particulièrement passionnant sur le terrain tunisien.

2. Archives, humanités digitales et traduction

2.1. Les révolutions arabes ont été le lieu d’un mouvement qui peut sembler paradoxal : le travail sur des sources immédiates et complexes issues de l’internet et notamment des réseaux sociaux / et la réhabilitatioin de l’histoire comme discipline apte à rendre compte de ces mouvements révolutionnaires. C’est l’occasion de réfléchir à l’articulation entre le travail sur les archives, la méthodologie et l’outillage critique que l’on peut leur appliquer dans le contexte de production massive de documentation. C’est aussi, pour les spécialistes d’histoire sociale et d’histoire des réseaux humains, l’occasion de mener une réflexion, ancrée historiquement, sur les pratiques d’échanges, sur les usages de ces technologies et leurs effets sur les groupes humains, qu’ils soient mobilisés dans un mouvement révolutionnaire ou simplement « en présence » via le réseau. Quel type d’écriture historique permet de comprendre et de rendre compte de ces sociabilités nouvelles ? Enfin, ce qui circule sur internet, par les réseaux sociaux, les plateformes de partage, les échanges électroniques ou les blogs est un matériau original : il est à décrypter dans une histoire des formes littéraires, des usages de l’écrit. Les réflexions que l’on peut mener sur l’usage des langues (arabe, langue étrangère, dialectes, mélanges créatifs de langues) s’articulent avec un travail sur les liens entre littérature et histoire, interrogeant, pour suivre la proposition de Judith Lyon-Caen et Dinah Ribard, « la littérature comme pratique sociale et mode de qualification des écrits », mais aussi en tentant de cerner et de qualifier des écrits non-littéraires, des formes non-langagières d’inscriptions dans l’espace politique (films, clips, chansons, danses, grafittis etc.).

2.2. Le travail mené avec la Société européenne des auteurs (www.seua.org) sur la traduction littéraire m’a conduite à interroger la place de la traduction l’espace intellectuel européen. Elle est évidemment non seulement importante, mais nécessaire. Elle n’est pourtant pas souvent envisagée dans toute sa nécessité, y compris dans le champ universitaire. Ainsi, les mobilisations que l’on a pu suivre contre la politique de digitalisation massive des œuvres par Google ont très rarement compris l’enjeu de cet accaparement de l’écrit pour le développement de machines de traduction (automatisée). La société européenne des auteurs a développé un outil – que j’ai contribué à imaginer – qui se présente comme un réseau social de la traduction. Il offre une possibilité d’utiliser l’espace du web pour faciliter la mise à disposition de traductions humaines, c’est-à-dire toujours en mouvement, objet de discussion, permettant de penser non une équivalence entre deux propositions mais bien un écart, une difficulté qui aide à penser et à comprendre. Cet outil s’appelle www.tlhub.org. Il doit être développé avec la communauté des chercheurs et mis à leur disposition selon un principe de liberté et de travail en coopération. Nous avons entamé des discussions avec le Cléo pour l’adaptation de l’outil sous la forme d’une « forge de traduction » pour les Carnets de recherche de hypothèses.org. Cette mise en place nécessitera de réfléchir aux usages, aux évolutions et aux modalités pratiques de cette adaptation. Traduire plus sur les plateformes de sciences humaines et sociales, notamment en Europe, ne peut que contribuer à enrichir les coopérations et à densifier les échanges.

3. Révolutions arabes : une approche comparatiste à plusieurs niveaux et échelles

3.1. Faire de l’histoire du temps présent
L’approche que j’ai des événements qui ont secoué le monde arabe depuis la fin de l’année 2010 est celle d’une historienne. Cela ne signifie en rien le repli sur une discipline mais le travail sur le présent avec les outils de l’historien. Ce travail implique un questionnement sur la chronologie des événements, les moments distincts qui les constituent, les différents acteurs qui y sont rassemblés avec leur g-histoire, la mémoire qu’ils portent, etc. Il me semble nécessaire de retracer des filiations, des liens, pour éclairer le moment révolutionnaire autrement. Le travail de filiation passe aussi par des ponts entre les périodes, les lieux et les disciplines. Le croisement d’éclairages différents permet de faire apparaître d’autres questions et d’autres angles d’approche. Ainsi, le travail avec des anthropologues, sur des objets apparemment très éloignés de la question des révolutions, peut nous engager à questionner les rapports sociaux de genre ou les ruptures générationnelle. C’est le cas du travail que j’ai engagé avec un groupe de collègues chercheurs en anthropologie sur les photos de famille dans le monde méditerranéen. Ayant pour ma part déjà travaillé sur les photos d’intellectuels dans le cadre de ma thèse, j’ai voulu travailler sur les évolutions de construction d’images familiales symboliques que sont les photos de mariage et de naissance ou circoncision depuis les années 1950 en Tunisie. Je me suis engagée dans cette perspective dans le groupe de recherche constitué dans le cadre du Labex Mediterranée, sous l’impulsion de Gilles de Rapper (CNRS-IDEMEC) à Aix en Provence (« La photographie de famille en Méditerranée, de l’intime au politique »).

3.2. Comparer au sein de l’espace arabe
Malgré la prudence nécessaire dans l’usage de l’expression « révolutions arabes », il semble nécessaire de continuer à travailler sur la parenté entre les différents épisodes révolutionnaires ou les crises populaires qui ont traversé la région. Car être attentif au spécificités locales, qu’elles soient nationales ou régionales, voire qu’elles portent sur des segments de la société (les jeunes, les femmes, les ouvriers, les paysans, les intellectuels), c’est aussi voir comment les sociétés du monde arabe sont liées. Ce que les médias ont souvent désigné de manière inappropriée par des métaphores médicales de « contagion révolutionnaire », comme s’il s’agissait d’une maladie, peut aussi être analysé en terme de circulation et d’échange culturels. C’est l’une des formes de l’espace arabe, un espace de discussion et de contestation commune. Le surgissement d’épisodes révolutionnaires en Tunisie, puis en Egypte, en Libye, au Yémen, en Syrie, mais aussi au Maroc, en Jordanie, à Bahrein, au Koweit… ne peut être considéré simplement comme une coïncidence. La parenté entre ces mouvements est un sujet d’interrogation et de recherche, qui nous force à travailler de manière collective, avec des spécialistes des différentes régions et à observer les points de circulation que sont les médias, l’espace du Net et les mondes en diaspora (DAKHLI, 2009 (2) ; DAKHLI 2013). Les spécialistes du monde arabe contemporain doivent développer des coopérations fortes pour se saisir de ce moment historique pour comprendre autrement l’espace qui les intéresse et sortir des clichés largement diffusés, qu’ils soient ceux d’une réinterprétation du nationalisme arabe « à la Nasser », d’une umma (communauté) islamique radicalisée et offensive, ou d’une grande discorde (fitna) entre sunnites et chiites. Ces différents éléments ne doivent pas être pris comme clé d’explication unique et un travail sur les jeunesses arabes, par exemple, ou sur les intellectuels et leur rôle, mais aussi sur les peuples en mouvement dans la région permet d’apercevoir d’autres points de comparaison possibles. C’est, dans le droit fil des travaux que j’ai menés ces dernières années, ce que je compte proposer à mes collègues à Berlin, poursuivant un travail engagé à propos de la jeunesse avec Isabel Schäffer de la Humboldt Universität.

3.3. Histoire de l'Europe, histoire du monde arabe: une histoire à reconnecter?

Enfin, les événements survenus dans le monde arabe ces dernières années, appellent plus que jamais à développer des coopérations avec des spécialistes d’autres régions et d’autres périodes. D’emblée, la comparaison avec les événements survenus lors de la chutes des systèmes autoritaires communistes vient à l’esprit. Le Centre Marc Bloch, avec le programme conduit sur les sciences sociales après 1989 et d’autres questionnements sur ces « transitions » est l’un des lieux où ces échanges et coopérations peuvent être conduits avec une grande richesse.
Mais c’est également sur le très contemporain que la comparaison s’impose. Les révoltes se multiplient en Europe, depuis les indignés jusqu’aux mouvements sociaux et contestataires en Bosnie et en Ukraine aujourd’hui. Ces mouvements sont naturellement très différents, mais ils mettent en jeu des méthodologies communes pour le chercheur et, surtout, reflètent un état de la révolte et des mouvements sociaux aujourd’hui où l’on retrouve des “ingrédients” communs : formes horizontales d’organisation, absence relative de leaders et d’idéologie, présence des formes d’organisation liées aux réseaux sociaux. Mais aussi, sur le plan thématique, présence forte des contestations liées à la corruption des dirigeants, à la captation démocratique et à la question de la dignité (ou de l’indignité, de l’indignation).
Enfin, on ne peut nier les effets d’interconnexion, de connaissance, et de dialogue (même dans l’opposition) entre ces mouvements, tout comme leur parenté générationnelle. Ces réflexions doivent être le point de départ d'une dynamique de recherche collective.










 


Organisation von Veranstaltungen

Sécession in Europa
Une exposition du 16 septembre au 10 octobre à l'Institut français, Berlin
Une performance le 23 septembre au Heimathafen Neukölln, Berlin

SECESSION est un projet sur le long cours qui se propose de contribuer à penser et façonner l’espace européen autour de la traduction, la migration et l’hybridation. Le projet a été conçu comme un travail de fiction collective, écrit, produit et mis en scène par des écrivains, universitaires et artistes de différents horizons. Les essais, articles et textes de fiction publiés ici contribuent au projet SECESSION. Ils constituent la genèse d’une archive artistique, littéraire, intellectuelle visant à documenter la contestation de l’ordre politique européen actuel.
SECESSION a pour point de départ une fiction : un mouvement populaire, un « peuple fantôme », a renversé les vieilles institutions de l’Europe et une assemblée de citoyens doit désormais rédiger une nouvelle constitution. Pendant que les débats gronderont au sein de la communauté d’artistes, universitaires et écrivains, SECESSION soutiendra une nouvelle conception de l’Europe : par-delà la critique, ce projet politique et poétique dessine une ligne entre un rêve déchu et l’espoir de construire une citoyenneté transnationale au XXIe siècle.
Projet itinérant, SECESSION voyagera à travers l’Europe pour présenter une série de performances et d’expositions, chacune différente de la précédente, au fur et à mesure que de nouveaux membres rejoindront l’assemblée pour y apporter leur voix.

La première assemblée de SECESSION se tiendra le 23 septembre 2014 à 19h au Heimathafen Neukölln, BERLIN. Une série de cartes dissidentes et d’installations créées pour l’occasion sera exposée du 16 septembre 2014 à la mi-octobre à l’Institut français de Berlin, sous le titre: "Deconstructing borders for a migrant Europe".
 


Aktivitäten

Coordination du séminaire "Migrations, territoires, sociétés"



Publikationen

Leyla Dakhli (dir.), Le Moyen-Orient  (fin XIXe-XXe siècle), Paris, Éditions du Seuil "Points Histoire", nov. 2016.

 

http://www.seuil.com/ouvrage/le-moyen-orient-leyla-dakhli/9782757861974 

Leyla Dakhli et Vincent Lemire (dir.), Étudier en liberté les mondes méditerranéens. Mélanges offerts à Robert Ilbert, Paris, Publications de la Sorbonne, 2016.
 

 


Publikationen als PDF

Le Moyen-Orient (fin XIXe-XXe siècle)

10.November 2016

Leyla Dakhli

Edition: seuil
Collection: sciences humaines
ISBN: EAN 9782757861981

L’histoire contemporaine du Moyen-Orient, loin de se résumer à des affrontements géopolitiques et des découpages territoriaux, s’écrit à partir du dernier tiers du xixe siècle au fil des réformes, des inventions et des révolutions.

À travers les contributions de douze auteurs proposant, à partir de leurs spécialités, des forages à l’intérieur des sociétés du Moyen-Orient entre la fin du xixe siècle et les années 1980, nous faisons le pari d’écrire une synthèse qui ne soit pas une somme. Les femmes, les migrations, les minorités, les citadinités, la modernisation ou encore l’âge des révolutions : autant d’objets d’histoire sociale dans leur forme la plus ouverte, d’emblée politique, en ce qu’ils interrogent ce qui est affecté par le politique et ce qui, dans le monde social, affecte le politique. Autant de questions pour aujourd’hui.

Espérons que ces voix multiples fassent apparaître un Moyen-Orient à la fois plus complexe et plus normal qu’il n’y paraît, où ni la guerre ni la dictature ne sont une fatalité.

Leyla Dakhli

Chercheuse au CNRS, elle s’intéresse à l’histoire intellectuelle et sociale du monde arabe contemporain. Elle a récemment publié Histoire du Proche-Orient contemporain (La Découverte, 2015).

Avec les contributions de : Emma Aubin-Boltanski, Philippe Bournaud, Elena Chiti, Angelos Dalachanis, Leyla Dakhli, Edhem Eldem, Azadeh Kian, Vincent Lemire, Noémie Lévy-Asku, Philippe Pétriat, Matthieu Rey, Mehdi Sakatni, Emmanuel Szurek.



Histoire du Proche-Orient contemporain

28.Mai 2015

Leyla Dakhli

Edition: La Découverte
Collection: Repères
ISBN: 9782707157065

Retraçant l’histoire du Proche-Orient au XXe siècle en portant le regard sur les sociétés, cette synthèse entend situer les révolutions de 2011-2012 dans une généalogie des luttes dans la région. Contre la vision d’un monde arabe secoué de guerres et de soubresauts plus ou moins irrationnels, l’auteure écrit ici l’histoire des sociétés et des changements qui les affectent de la fin de l’Empire ottoman aux États modernes, en passant par la période de domination coloniale de l’entre-deux-guerres.
Cette histoire commence par une révolution, celle menée au sein de l’Empire par les Jeunes-Turcs, et s’achève dans le cycle révolutionnaire actuel, marqué par l’expression de volontés fortes d’émancipation, mais aussi par des résistances et des violences immenses. Elle propose une chronologie de la région qui s’articule autour des moments de contestation et d’élaboration de voies nouvelles pour les sociétés et pour les États : luttes féministes, idéologies nationales ou transnationales, parcours de migrations, luttes ouvrières, mouvements de jeunesse, mouvements culturels...

Leyla Dakhli is a researcher at the CNRS (centre Marc-Bloch, Berlin) and a historian of the contemporary Arab world. Her works include Une génération d’intellectuels arabes. Syrie et Liban, 1908-1940 (Karthala-IISMM, 2009), Proche-Orient : foyers, frontières et fractures (with V. Lemire and D. Rivet, Vingtième Siècle, n° 103, September 2009), Des engagements au féminin au Moyen-Orient (XXe-XXIe siècles) (with S. Latte Abdallah, Le Mouvement social, n° 231, avril-juin 2010).

 




26. Mai 13:06

Leyla Dakhli

"Women in post-revolutionary Tunisia"

Leyla Dakhli présentera jeudi 28.05 à 19h30 le film Tunisien "C'était mieux demain", de Hinde Boujemaa, dans le cadre du cycle "Arabic Film Series; Beyond Spring", organisé par l'EUME (Europa in Nahen Osten / Der Nahe Osten in Europa)

Thursday, 28 May 2015, 7.30 pm | 
Werkstatt der Kulturen, Wissmannstr. 32, 12049 Berlin

(in english)

http://www.eume-berlin.de/veranstaltungen/eume-discussions/women-in-post-revolutionary-tunisia.html