Bloch'Notes - Newsletter




October 2016


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Le droit innerve nos sociétés. Au quotidien, il est omniprésent, plus peut-être en Allemagne qu’en France, la société allemande étant réputée, comme le souligne l’ouvrage de Singelnstein et Stolle, être une « Sicherheitsgesellschaft » averse au risque et éprise de dispositifs assurantiels. Et dans les situations exceptionnelles, comme l’actualité nous le montre malheureusement, de la Turquie à la France, la suspension du fonctionnement ordinaire des institutions et des procédures juridiques (notamment judiciaires) rappelle avec brutalité combien le droit est un des instruments majeurs de l’ordre démocratique. Si la compréhension de la normativité juridique et de son inscription dans la vie des sociétés a toujours été une préoccupation du Centre Marc Bloch, le Centre a renforcé, ces derniers mois, son intérêt pour la sociologie du droit, et l’année universitaire qui s’annonce en donnera de maints exemples. [lire la suite...]


Das Recht durchdringt unsere Gesellschaften. In unserem Alltag ist es allgegenwärtig, und dies vielleicht noch mehr in Deutschland als in Frankreich, steht die deutsche Gesellschaft doch in dem Ruf, eine „Sicherheitsgesellschaft“ zu sein, wie es etwa der Band von Singelnstein und Stolle unterstreicht, eine Gesellschaft, die das Risiko fürchtet und sich für Systeme der Absicherung begeistert. Und in Ausnahmesituationen ruft uns – wie leider aktuell in der Türkei oder in Frankreich – die Aufhebung der üblichen institutionellen Funktionsweisen und Rechtsverfahren (insbesondere der Strafrechtsverfahren) schonungslos in Erinnerung, welch ein grundlegendes Instrument der demokratischen Ordnung das Recht ist. Standen die juristische Normativität und ihr Wirken im gesellschaftlichen Leben schon immer im Fokus des Centre Marc Bloch, so haben wir in den letzten Monaten unser Engagement für die Rechtssoziologie weiter ausgebaut, und die kommenden beiden Semester werden zahlreiche Beispiele hierfür bieten. [weiterlesen...]

 

 

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Announcements


Editorial

Le droit innerve nos sociétés. Au quotidien, il est omniprésent, plus peut-être en Allemagne qu’en France, la société allemande étant réputée, comme le souligne l’ouvrage de Singelnstein et Stolle, être une « Sicherheitsgesellschaft » averse au risque et éprise de dispositifs assurantiels. Et dans les situations exceptionnelles, comme l’actualité nous le montre malheureusement, de la Turquie à la France, la suspension du fonctionnement ordinaire des institutions et des procédures juridiques (notamment judiciaires) rappelle avec brutalité combien le droit est un des instruments majeurs de l’ordre démocratique. Si la compréhension de la normativité juridique et de son inscription dans la vie des sociétés a toujours été une préoccupation du Centre Marc Bloch, le Centre a renforcé, ces derniers mois, son intérêt pour la sociologie du droit, et l’année universitaire qui s’annonce en donnera de maints exemples. C'est pourquoi Fabien Jobard, directeur de recherche au CNRS et co-initiateur du projet de comparaison juridique "Punitivités" présenté dans ce numéro, nous a fait l'honneur de coordonner la rédaction de cette lettre d'information.

Notre année académique sera ouverte par une conférence inaugurale prononcée par Mireille Delmas-Marty, consacrée à la mondialisation juridique à l’épreuve du dérèglement climatique et du terrorisme. Mireille Delmas-Marty, professeure émérite au Collège de France, a longtemps dirigé le centre de droit comparé et fondé l’Association de recherches pénales européennes, qui encourageait l’harmonisation des droits, des procédures et, au-delà, des cultures pénales européennes. Le projet de recherche mené par Fabien Jobard avec la Freie Universität, présenté dans ce numéro, s’inscrit d’ailleurs dans cette tradition de sociologie comparée des cultures juridiques. Pour commenter la conférence, nous aurons l’honneur de recevoir le professeur Christoph Möllers, titulaire de la chaire de droit public et de philosophie du droit de l’Université Humboldt, dont l’appréhension du droit est elle aussi marquée par le souci de comprendre l’interaction entre droit et société : Christoph Möllers est co-fondateur et co-directeur du programme Recht im Kontext du Wissenschaftskolleg de Berlin. Pour nous, cette conférence inaugurale déroule un peu plus les liens qu’entretient le Centre avec l’approche à la fois sociologique et théorique des ordres juridiques, que Catherine Colliot-Thélène, directrice du Centre de 2000 à 2005, ou Olivier Beaud, ancien directeur adjoint du Centre (2001-2006), avaient commencé de tisser. En qualité de An-Institut de l’Université Humboldt, le Centre a à cœur de maintenir vivante cette tradition, en particulier avec les juristes de l’université.

L’intérêt porté par le Centre Marc Bloch aux questions de droit s’exprime particulièrement dans les travaux au croisement de la sociologie du droit et des pratiques judiciaires, la sociologie des dispositifs de sécurité et la criminologie. Andrea Kretschmann, chercheuse au Centre depuis 2015, et Joël Glasman, chercheur à compter de cette année universitaire, sont deux porteurs majeurs de cette orientation, qui nous amènent à nous intéresser tant au droit en pratiques, comme le montrent les recherches d’Andrea Kretschmann sur la formation des policiers à la gestion des manifestations, qu’aux droits transnationaux, comme le montrent les travaux entrepris par Joël Glasman sur les camps d’aide humanitaire comme lieux d’invention de nouveaux ordres normatifs.

La confrontation entre droit et normes, par exemple entre droit pénal et normes sociales, a récemment encore été l’une de thématiques abordées lors du colloque international sur Etat et homosexualités au XXe siècle organisé par Sarah Kiani et Frédéric Stroh au Centre Marc Bloch, en partenariat avec la Bundesstiftung Magnus Hirschfeld et le Schwules Museum de Berlin. L’entrelacs des pratiques des institutions répressives et du droit pénal, des tolérances sociales et des régimes politiques, a été au cœur de nombreuses interventions, qui ont porté sur des situations aussi diverses que la Suisse alémanique des années 1950-60, le Berlin des années Weimar, le régime de Vichy, l’Allemagne nazie ou encore la RDA.

Ce tour d’horizon suggère assez l’intensification des travaux menés sur le droit au Centre Marc Bloch. Une évolution qui se traduit par de nouvelles collaborations. La plus significative est celle qui lie le Centre Marc Bloch à la faculté juridique de l’université Humboldt dans le cadre du renouvellement, en 2016, de notre An-Institut auprès de cette université. En s’offrant comme espace de dialogue et d’échanges réguliers, cette nouvelle coopération conforte en encourageant leur extension les recherches interdisciplinaires en cours dans notre Centre.

Catherine Gousseff, directrice du Centre Marc Bloch
 


Editorial

Das Recht durchdringt unsere Gesellschaften. In unserem Alltag ist es allgegenwärtig, und dies vielleicht noch mehr in Deutschland als in Frankreich, steht die deutsche Gesellschaft doch in dem Ruf, eine „Sicherheitsgesellschaft“ zu sein, wie es etwa der Band von Singelnstein und Stolle unterstreicht, eine Gesellschaft, die das Risiko fürchtet und sich für Systeme der Absicherung begeistert. Und in Ausnahmesituationen ruft uns – wie leider aktuell in der Türkei oder in Frankreich – die Aufhebung der üblichen institutionellen Funktionsweisen und Rechtsverfahren (insbesondere der Strafrechtsverfahren) schonungslos in Erinnerung, welch ein grundlegendes Instrument der demokratischen Ordnung das Recht ist. Standen die juristische Normativität und ihr Wirken im gesellschaftlichen Leben schon immer im Fokus des Centre Marc Bloch, so haben wir in den letzten Monaten unser Engagement für die Rechtssoziologie weiter ausgebaut, und die kommenden beiden Semester werden zahlreiche Beispiele hierfür bieten. Daher konnten wir Fabien Jobard, Professor am CNRS und Mitinitiator des Projekts zur vergleichenden Analyse der „Straflust“, für die Redaktion dieser Ausgabe des Newsletter  als Koordinator gewinnen.

Das neue akademische Jahr wird durch den Jahresvortrag von Prof. Dr. Mireille Delmas-Marty eingeläutet, die sich mit der juristischen Globalisierung angesichts der Herausforderungen von Klimawandel und Terrorismus auseinandersetzt. Delmas-Marty, emeritierte Professorin des Collège de France, hat lange das Zentrum für vergleichendes Recht geleitet und die „Association de recherches pénales européennes“ gegründet, die sich für eine Angleichung der verschiedenen Rechtswesen, der Verfahren und allgemein der europäischen Rechtskulturen einsetzte. Das in dieser Ausgabe des Newsletters präsentierte Forschungsprojekt von Fabien Jobard in Kooperation mit der Freien Universität schreibt sich in diese Tradition einer vergleichenden Soziologie der Rechtskulturen ein. Für den Kommentar zum Jahresvortrag konnten wir Prof. Dr. Christoph Möllers, Inhaber des Lehrstuhls für Öffentliches Recht und Rechtsphilosophie der Humboldt-Universität, gewinnen. Auch er beschäftigt sich mit den Interaktionen zwischen Recht und Gesellschaft und ist Mitbegründer und wissenschaftlicher Leiter des Programms „Recht im Kontext“ des Wissenschaftskollegs zu Berlin. Für uns führt dieser Jahresvortrag die Verbindungen fort, die das Centre mit einer sowohl soziologischen als auch theoretischen Sicht auf juristische Ordnungen pflegt und die einst von Catherine Colliot-Thélène, Direktorin des Centre von 2000 bis 2005, und Olivier Beaud, ehemaliger Stellvertretender Direktor des Centre (2001–2006), geknüpft wurden. Nicht zuletzt in seiner Eigenschaft als An-Institut der Humboldt-Universität zu Berlin liegt es dem Centre am Herzen, diese Tradition aufrechtzuerhalten und insbesondere die Kooperation mit der Juristischen Fakultät zu stärken.

Das Interesse des Centre Marc Bloch an Fragen des Rechts manifestiert sich insbesondere in den Forschungsarbeiten, die die Soziologie des Rechts mit der der Praktiken der Rechtsprechung verbinden, die Soziologie der Sicherheitssysteme mit der Strafrechtslehre. Andrea Kretschmann, Postdoc am Centre seit 2015, und Joël Glasman, Postdoc seit diesem Wintersemester, sind zwei wichtige Akteure dieser Ausrichtung. Sie bereichern das Centre mit Arbeiten zur praktischen Rechtsausübung, wie es Andrea Kretschmanns Recherchen über die Ausbildung von Polizisten zum Umgang mit Demonstrationen zeigen, sowie zu transnationalem Recht, wie es sich in der Forschung von Joël Glasman über Lager humanitärer Hilfsorganisationen als Orte der Entstehung neuer normativer Ordnungen darstellt.

Die Konfrontation von Recht und Normen, etwa von Strafrecht und Gesellschaftsnormen, war gerade kürzlich Thema auf einer internationalen Tagung zu Staat und Homosexualität im 20. Jahrhundert, die Sarah Kiani und Frédéric Stroh am Centre Marc Bloch in Kooperation mit der Bundesstiftung Magnus Hirschfeld und dem Schwulen Museum Berlin organisiert haben. Die Verflechtung von Praktiken der repressiven Institutionen mit dem Strafrechtswesen, gesellschaftlicher Toleranz und politischen Regimen stand im Mittelpunkt zahlreicher Vorträge, die diese Aspekte in so unterschiedlichen Kontexten wie der deutschsprachigen Schweiz der 1950er- und 1960er-Jahre, des Berlin der Weimarer Republik, des Vichy-Regimes, des nationalsozialistischen Deutschlands oder der DDR untersuchten.

Dieser Überblick veranschaulicht die zunehmende Beschäftigung mit rechtswissenschaftlichen Themen am Centre Marc Bloch. Diese Entwicklung drückt sich auch in neuen Kollaborationen aus. Besondere Bedeutung hat dabei die Zusammenarbeit mit der Juristischen Fakultät der Humboldt-Universität, welche 2016 im Rahmen der Erneuerung des Status des Centre Marc Bloch als An-Institut der HU gefestigt wurde. Als Raum für regelmäßigen Dialog und Austausch stärkt und erweitert die neue Kooperation die laufenden interdisziplinären Forschungen am Centre.

Catherine Gousseff, Direktorin des Centre Marc Bloch
 

 



Conférence inaugurale : La mondialisation juridique // Jahresvortrag: Die juristische Globalisierung

Mireille Delmas-Marty, professeure honoraire au Collège de France (chaire d’études juridiques comparatives et internationalisation du droit) : La mondialisation juridique dans un tourbillon de vents contraires : terrorisme et dérèglement climatique

Le 19 octobre 2016

Comme le veut la tradition du Centre Marc Bloch, l’année universitaire 2016-2017 s’ouvrira par une conférence qui sera prononcée cette année par l’éminente juriste française, Mireille Delmas-Marty. Celle-ci succède à Henry Laurens qui était intervenu en 2015 sur la question de la Palestine. Cette manifestation se fait en coopération avec la chaire de droit public du Professeur Christoph Möllers de l’Université Humboldt de Berlin.

Agrégée de droit privé et de sciences criminelles, ancienne professeure des universités (à Lille et à Paris), Mireille Delmas-Marty fut membre de l’Institut Universitaire de France de 1992 à 2002 puis professeure au Collège de France entre 2003 et 2011, où elle a occupé la chaire « Etudes juridiques comparatives et internationalisation du droit ». Elle a été également professeure invitée dans la plupart des grandes universités européennes, ainsi que, notamment, aux États-Unis, en Amérique Latine, en Chine, au Japon et au Canada.

Parallèlement à ses enseignements et à sa recherche, Mireille Delmas-Marty a assumé de nombreuses missions d’expertise, notamment auprès du Ministre de la Justice, pour la réforme du Code pénal en 1981 et pour la réforme de la procédure pénale en 1988 ; auprès du Président de la République pour la révision de la Constitution en 1992 et auprès de l’Union européenne dans le cadre du projet pénal dit Corpus Juris (1996-1999) et du comité de surveillance de l’Office de lutte anti-fraude (1999-2005).

Spécialiste du droit pénal, de la politique criminelle et de l’internationalisation du droit, elle a publié une vingtaine ouvrages de référence, parmi lesquels on peut citer Pour un droit commun (1994), Vers un droit commun de l’humanité (1996), Les forces imaginantes du droit (quatre volumes publiés entre 2004 et 2011), Libertés et sûreté dans un monde dangereux (2010).

Défendant une vision anthropologique du droit à l’instar d’Alain Supiot, elle pointe depuis plusieurs années la déshumanisation du droit pénal qui travaille aujourd’hui la plupart des démocraties occidentales qui succombent au mythe de la sécurité totale. Dans le contexte actuel marqué par une série d’attaques terroristes, Mireille Delmas-Marty souligne les possibles dangers d’une justice prédictive c’est-à-dire d’une justice qui recherche des éléments de suspicion de plus en plus éloignés du crime proprement dit. Sa réflexion tourne autour des notions de responsabilité et d’anticipation. S’il est nécessaire de prévenir le crime, il est plus discutable d’intervenir en amont lorsque le risque est incertain.

Mireille Delmas-Marty n’entend nullement minimiser l’insécurité plurielle réelle du monde contemporain. De nouveaux dangers ont vu le jour depuis la fin de la Guerre froide, d’autant plus inquiétants qu’ils sont multiformes comme les menaces terroristes ou environnementales. Cette conscience des dangers et des risques ne doit pas nécessairement produire des sociétés de la peur mais au contraire constituer le point de départ d’une solidarité mondiale. Sa réflexion juridique sur les interactions entre droit interne et droit international conduit Mireille Delmas-Marty à défendre un universalisme pluriel qui passe par le maintien de différences, sans pour autant en venir à un différentialisme fermé.

Emmanuel Droit


Jahresvortrag des Centre Marc Bloch (19. Oktober 2016)

Prof. Dr. Mireille Delmas-Marty, emeritierte Professorin am Collège de France (Lehrstuhl für Vergleichende Rechtswissenschaft und Internationalisierung des Rechts): Die juristische Globalisierung im Sturm der Widersprüche: Terrorismus und Klimawandel

Nach altem CMB-Brauch wird auch das Wintersemester 2016/2017 von einem Jahresvortrag eingeläutet, den dieses Jahr die bedeutende französische Juristin Mireille Delmas-Marty halten wird. Damit folgt sie auf Henry Laurens, der 2015 die Palästina-Frage erläutert hatte. Die Veranstaltung findet in Kooperation mit dem Lehrstuhl für Öffentliches Recht (Prof. Dr. Christoph Möllers) der Humboldt-Universität zu Berlin statt.

Mireille Delmas-Marty unterrichtete nach ihrer agrégation in Privatrecht und Strafrechtslehre an den Universitäten Lille und Paris und war von 1992 bis 2002 Mitglied des Institut Universitaire de France. Von 2003 bis 2011 hatte sie am Collège de France den Lehrstuhl für „Vergleichende Rechtswissenschaften und Internationalisierung des Rechts“ inne. Als Gastprofessorin hat sie an einer Vielzahl wichtiger Universitäten in Europa sowie u. a. den USA, Lateinamerika, China, Japan und Kanada gelehrt.

Parallel zu ihrer Forschung und Lehre hat Mireille Delmas-Marty zahlreiche Expertisen erstellt, insbesondere im Auftrag des französischen Justizministeriums für die Reform des Strafrechts im Jahr 1981 sowie die der Strafprozessordnung 1988, für den französischen Staatspräsidenten im Rahmen der Verfassungsreform von 1992 sowie für die EU im Rahmen des strafrechtlichen Projekts mit dem Beinamen Corpus Juris (1996–1999) und des Überwachungsausschusses des Europäischen Amts für Betrugsbekämpfung (1999–2005).

Die Spezialistin für Strafrecht, Strafrechtspolitik und Internationalisierung des Rechts hat rund zwanzig Standardwerke verfasst, darunter etwa Pour un droit commun (1994), Vers un droit commun de l’humanité (1996), Les forces imaginantes du droit (vier Bände, erschienen zwischen 2004 und 2011) und Libertés et sûreté dans un monde dangereux (2010).

Als Verfechterin einer anthropologischen Sicht auf juristische Phänomene nach Alain Supiot zeigt sie seit mehreren Jahren die Entmenschlichung des Strafrechts auf, die sich derzeit in einem Großteil der dem Mythos der totalen Sicherheit verfallenen westlichen Demokratien beobachten lässt. Im aktuellen Kontext einer Serie von terroristischen Anschlägen unterstreicht Mireille Delmas-Marty die möglichen Gefahren einer antizipierenden Justiz, d. h. einer Justiz, die Verdachtselemente sucht, die immer weniger mit dem Verbrechen im eigentlichen Sinne zu tun haben. Sie hinterfragt die Konzepte von Verantwortlichkeit und Vorbeugung. Zwar sei die Notwendigkeit, Verbrechen zu verhindern, unbestritten, doch ein antizipierendes Eingreifen bei unklarem Risiko müsse hinterfragt werden.

Mireille Delmas-Marty geht es in keiner Weise darum, die vielfältige und reale Unsicherheit der zeitgenössischen Welt zu bagatellisieren. Seit Ende des Kalten Kriegs sind neue Gefahren entstanden, die umso beunruhigender sind, als sie unterschiedlichste Formen annehmen, so etwa Terrorismus und Klimawandel. Das Wissen um die Gefahren und Risiken müsse aber nicht zwangsläufig zu einer Gesellschaft in ständiger Angst führen, sondern sollte im Gegenteil als Ausgangspunkt für eine globale Solidarität dienen. Im Rahmen ihrer juristischen Reflexion über die Wechselwirkungen zwischen innerstaatlichem und internationalem Recht verteidigt Mireille Delmas-Marty einen pluralen Universalismus, der Unterschiede einbezieht, ohne auf einen geschlossenen Differentialismus hinauszulaufen.

Emmanuel Droit



Liste des manifestations // Veranstaltungsliste

Veranstaltungen am Centre Marc Bloch (Auswahl)

Oktober-Dezember 2016

 

20.-21. Oktober 2016

Internationale Tagung: „Sex still sells. Paradoxical right wing sexual politics in Europe“

In Kooperation mit der Europa-Universität Viadrina Frankfurt/Oder, Collegium Polonicum Słubice, Polen

Ort: Europa-Universität Viadrina Frankfurt/Oder, Collegium Polonicum Słubice, Polen

 

3. November 2016

Atelier: „Choix sous contrainte : Dilemmes, contradictions et paradoxes de la "zone grise" à partir de Primo Levi

Ort: Centre Marc Bloch

 

3.-4. November 2016

Internationale Tagung: „Lampedusa, un lieu de mémoire en Méditerranée“

In Kooperation mit der Allianz-Kulturstiftung und der TU Berlin

Ort: Centre Marc Bloch

Mit einer Lesung und Podiumsdiskussion : „Lampedusa. Schiffbruch mit Zuschauer“ am 03. November

In Kooperation mit dem Literaturhaus Berlin

Ort: Literaturhaus Berlin

 

9. November 2016

Buchpräsentation: „Zur Socio-Histoire der Begriffe in Geistes und Sozialwissenschaften“

In Kooperation mit der HU Berlin

Ort: Centre Marc Bloch

 

18.-19. November 2016

Tagung: „Demokratie und Kapitalismus: Die Weimarer Republik im Vergleich“

In Kooperation mit der Paul-Löbe-Stiftung Weimarer Demokratie

Ort: Centre Marc Bloch

 

8.-9. Dezember 2016

Internationale Tagung:  „The First World War, 100 Years on Transnational cultures of remembrance in interdisciplinary comparisons”

In Kooperation mit der FU Berlin

Ort: Centre Marc Bloch


Report


Compte-rendu : Etat et Homosexualités // Bericht: Staat und Homosexualitäten

Les 27 et 28 mai 2016 s’est tenu au Centre Marc Bloch le Colloque international Etat et homosexualités au XXe siècle. Ruptures et continuités dans les pays francophones et germanophones. Le colloque a été précédé le 26 mai d’une soirée inaugurale consacrée d’abord à la projection, du film Der Kreis – Le Cercle  (titulaire du Teddy Award de la Berlinale de 2014) consacré à l’histoire de la revue homosexuelle suisse entre 1932 et 1967, et ensuite à l’exposé de Thierry Delessert (Université de Lausanne), portant sur le même sujet, qui était en fait un appel éloquent à une histoire compréhensive du mouvement homosexuel suisse.

Le souci de s’ouvrir ainsi à l’histoire politique, sociale et culturelle plus large a en fait caractérisé ce colloque organisé par Sarah Kiani (CMB) et Frédéric Stroh (CMB), du début jusqu’à la fin. Un public toujours nombreux et des débats vifs lors des deux journées consécutives, organisées en quatre panels, ont illustré que l’histoire LGBTQ est loin aujourd’hui de l’époque où elle se faisait en petit cénacle par et pour des militants et en marge voire à l’encontre des grands courants de l’historiographie.

Les deux organisateurs ont présenté dans leur introduction deux modèles non dépourvus de paradoxes  : un « modèle allemand » fait dès l’époque de l’Empire par la mobilisation relativement forte des homosexuels malgré le contexte de la pénalisation par le § 175, et un « modèle français » caractérisé par une mobilisation faible dans un contexte de non-pénalisation de l’homosexualité.

Le premier panel a prolongé l’introduction en analysant le « transfert » des modèles dans la pratique militante et dans l’historiographie. Les trois panels consécutifs ont été consacrés, de manière chronologique, d’abord (Panel II) aux modalités de la répression en Allemagne (1871-1945), puis (Panel III) à la question de l’existence d’une « libéralisation » par la suite dans les deux Allemagnes et en France jusqu’en 1989. Le grand Panel IV a discuté de l’influence des mouvements sociaux (mouvements des femmes, partis politiques, associations homosexuelles) et des Églises sur la construction des politiques étatiques. Pour finir, la conférence de Florence Tamagne (Université de Lille) a revisité des moments-clés de l’histoire de l’homosexualité aux XIXe et XXe siècles afin de remettre en question l’opposition traditionnelle entre une Allemagne répressive et une France tolérante.

Que ce soit lors de la discussion sur la répression ou la persécution, lors des débats sur la libéralisation lente et contrariée depuis 1945 où encore sur l’articulation entre la société et l’Etat, il est devenu évident que les questions soulevées ont toutes eu une importance pour une meilleure compréhension de l’histoire des pays analysés dans ce colloque organisé de manière exemplaire.

 

Klaus-Peter Sick (CMB)


Staat und Homosexualitäten im 20. Jahrhundert

Am 27. und 28. Mai 2016 fand am Centre Marc Bloch eine internationale Tagung zum Thema Staat und Homosexualitäten im 20. Jahrhundert. Brüche und Kontinuitäten in französisch- und deutschsprachigen Ländern statt. Die Tagung wurde am 26. Mai mit einer Abendveranstaltung eingeleitet, auf der als Auftakt der Film Der Kreis (Träger des Teddy Awards der Berlinale 2014) gezeigt wurde, der sich mit der Geschichte der Schweizer Zeitschrift für Homosexuelle zwischen 1932 und 1967 beschäftigt. Im Anschluss daran hielt Thierry Delessert (Université de Lausanne) einen Vortrag zum selben Thema, in dem er überzeugend für eine umfassende Geschichte der Schweizer Homosexuellenbewegung plädierte.

Das Bestreben, die Geschichte der Homosexualität für politik-, sozial- und kulturgeschichtliche Zugänge zu öffnen, zog sich durch die gesamte von Sarah Kiani (CMB) und Frédéric Stroh (CMB) organsierte Tagung. Das zahlreiche Publikum und die lebhaften Debatten während der über zwei Tage verteilten Panels zeugten davon, dass die Geschichte der LGBTQ heute nichts mehr mit ihren Anfängen zu tun hat, in denen sie im kleinen Kreis von und für Aktivisten und am Rande oder gar gegen die großen Strömungen der Geschichtswissenschaft betrieben wurde.

Die beiden Organisatoren der Tagung stellten in ihrer Einführung zwei widersprüchliche Modelle vor: ein „deutsches Modell“, welches sich durch eine trotz des strafrechtlichen Kontextes des §175 seit der Kaiserzeit relativ starke Mobilisierung der Homosexuellen auszeichne, und ein „französisches Modell“, das von einem kriminalisierungsfreien Kontext und damit einhergehender geringer Mobilisierung geprägt sei.

Das Panel I schloss an die Einführung an, indem es den „Transfer“ der Modelle in den Praktiken der Aktivisten und der Geschichtswissenschaft analysierte. Die anschließenden drei Panels widmeten sich in chronologischer Abfolge erstens (Panel II) den Modalitäten der Repressionen in Deutschland (1871–1945), dann (Panel III) der Frage, inwieweit in der Nachkriegszeit bis 1989 in den beiden deutschen Staaten und Frankreich eine „Liberalisierung“ stattgefunden hat. Auf dem umfangreichen Panel IV  wurde der Einfluss der sozialen Bewegungen (Frauenbewegung, politische Bewegungen und Homosexuellenverbände) und der Kirchen bei der Einführung staatlicher Maßnahmen diskutiert. Und abschließend behandelte Florence Tamagne (Université de Lille) in ihrem Vortrag die Schlüsselmomente der Homosexuellengeschichte im 19. und 20. Jahrhundert und hinterfragte die traditionelle Gegenüberstellung zwischen dem repressiven Deutschland und dem toleranten Frankreich.

In den Diskussionen über die Repression und Verfolgung, den Debatten zur langsamen und vielfach verzögerten Liberalisierung seit 1945 oder zu den Wechselwirkungen zwischen Gesellschaft und Staat wurde immer wieder deutlich, dass die aufgeworfenen Fragen auch für ein besseres Verständnis der Geschichte  beider auf der Tagung exemplarisch untersuchten Länder ausgesprochen zentral sind.

Klaus-Peter Sick (CMB)

Foto: Annabella David

Portrait


A.Kretschmann : Une socio-criminologue au CMB // A.Kretschmann: Eine Sozialkriminologin am CMB

Entre la publication de sa thèse et ses nouveaux projets de recherche, la rentrée universitaire de la sociologue du droit, Andrea Kretschmann, est particulièrement chargée. La chercheuse a rejoint le Centre Marc Bloch en 2015 après avoir terminé un contrat postdoctoral à l’université de Vienne. Dans une courte interview, elle nous parle de ses travaux de recherches en sociologie du droit et de ses études comparatives entre l’Autriche, l’Allemagne et la France.

 

Bloch’Notes: La criminologie recoupe des réalités très différentes en France et en Allemagne, comment définiriez-vous votre discipline ?

Andrea Kretschmann: La criminologie est, en Allemagne, une discipline scientifique à part entière qui a un ancrage dans le droit et dans les sciences sociales. Au sens large, la criminologie est l’étude du crime et de la lutte contre le crime. Il y a plusieurs courants au sein de cette discipline, comme la « criminologie critique » (kritische Kriminologie) qui est en fait une « criminologie sociologique » (sozialwissenschaftliche Kriminologie). Cette dernière s’intéresse assez peu aux institutions pénales. Même si je m’inscris plus ou moins dans cette tradition, mes travaux de recherche portent, quant à eux, plus sur les institutions que sur les criminels. Pour les collègues français, je suis une sociologue du droit plutôt qu’une criminologue, dans le sens où je ne conçois pas la criminologie comme une discipline de recherche appliquée et utilitaire mais comme un champ de recherches et d’analyses à cheval entre les sciences sociales et le droit.

 

BN: Dans votre thèse, qui vient d‘être publiée, il est question de régulation juridique avec l’exemple de la prise en charge des personnes âgées en Autriche.

AK: Je me suis intéressée aussi bien aux employeurs qu’aux employés dans le domaine du soin à domicile : aux employeurs qui avaient embauché des personnes de manière irrégulière et aux employés qui avaient travaillé illégalement. La question centrale de mes recherches était de comprendre ce qui a poussé ces acteurs à respecter les cadres légaux nouvellement instaurés. Il existe en effet de nombreuses travaux qui étudient pourquoi les individus ne se conforment pas aux règles, mais très peu qui examinent pourquoi les individus respectent le droit. Le domaine du soin est un segment du marché du travail peu rémunéré et peu encadré qui est souvent occupé par des personnes en situation de précarité, avant tout les femmes et les immigrés. La législation inhérente à cette branche est très libérale et la conformité au droit du travail ne va pas de soi. En Allemagne par exemple, les tentatives de régulation fonctionnent souvent très mal en raison d’une législation libérale. La manière dont le droit se manifeste dans le quotidien, dont il agit « en dessous » est un sujet très peu creusé. J’essaie de combler cette lacune avec mes recherches.

 

BN: Dans vos publications vous vous intéressez au rapport entre droit et société, notamment à propos des lois antiterroristes, un sujet brûlant dans de nombreux pays surtout en France et en Allemagne

AK: Après les attentats du 11 septembre 2001, la politique pénale a connu une profonde mutation. De nombreux facteurs entrent ici en ligne de compte. Je me suis entre autres posée la question suivante : pourquoi la législation antiterroriste a-t-elle été renforcée en Autriche alors qu’aucun acte terroriste n’avait eu lieu sur son territoire ? Une des pistes de réponse réside dans la circulation des savoirs. Par exemple, quand un acte terroriste ou un renforcement des lois antiterroristes survient dans un pays européen, cela peut avoir un impact sur la législation d’un pays tiers.

 

BN: Quel est votre regard sur la situation de la France face au terrorisme ?

AK: La France traverse actuellement une situation extrême : c’est le premier pays européen qui doit faire face à un retour du terrorisme, désormais global. C’est un véritable problème auquel il faut remédier. Ce que j’observe cependant, ce sont les effets secondaires produits par un renforcement, de la législation antiterroriste sur le système pénal et la société au sens large. Grâce aux lois antiterroristes, de nombreux organes du système pénal disposent d’un champ d’intervention élargi. Plus ce phénomène s’installe, plus il est susceptible de s’étendre à d’autres domaines de la société. A titre d’exemple, la France au début de l’été a mis en place des mesures antiterroristes qui ont eu pour effet d’interdire des manifestations organisées par un grand syndicat contre la Loi Travail. De même, grâce à l’Etat d’urgence, on a pu assigner des personnes à résidences sans autorisation judiciaire préalable. La France se dirige ainsi vers une criminalisation du droit de réunion et d’expression, une dérive inquiétante pour une démocratie.

 

BN: Un autre sujet que vous abordez sur ce rapport entre droit et société est celui du système pénitentiaire. En Allemagne, le débat politique à ce sujet semble très discret.

AK: À l’inverse de la France, il n’y a tout simplement pas de débat sur le sujet en Allemagne. Il existe un véritable fossé entre les décisions politiques et l’état de la recherche sur le système carcéral. Un consensus existe parmi les chercheurs sur le fait que les peines alternatives sont plus efficaces dans la prévention des récidives. Mais on constate un recul des peines alternatives, de toute façon déjà peu appliquées en Allemagne. Dans l’ensemble, il existe en Allemagne peu de recherches en sciences sociales sur le système carcéral, alors qu’elles pourraient contribuer à l’enrichissement du débat public.

 

BN: Quels atouts la perspective franco-allemande offerte par le Centre Marc Bloch vous apporte-t-elle dans vos travaux ?

AK: Mes travaux de recherche s’inscrivent essentiellement dans un contexte germanophone : j’ai travaillé et vécu à la fois en Autriche et en Allemagne. Toutefois la recherche française a toujours eu un rôle essentiel dans mes travaux ; j’ai très souvent recours à la recherche hexagonale en philosophie et en sociologie. Aussi, je me réjouis de pouvoir travailler au CMB. Ce qui m’intéresse particulièrement dans la recherche en sciences sociales telle qu’elle est pratiquée en France, c’est le regard théorique au sens large du terme : s’interroger sur le pouvoir, le savoir et la circulation des savoir et surtout analyser leur influence dans la société. Cette manière d’envisager la recherche me touche particulièrement.

Interview effectué par Sébastien Vannier


 

Andrea Kretschmann: Eine Kriminalsoziologin am CMB

Mit der Veröffentlichung ihrer Dissertation und ihren neuen Projekten ist die Rechts- und Kriminalsoziologin Andrea Kretschmann in diesem Herbst vielbeschäftigt. Nach einer ersten Post-Doc-Stelle an der Universität Wien ist sie seit 2015 Forscherin am Centre Marc Bloch und erzählt im Interview von ihrem Interesse an rechts- und kriminalsoziologischen Themen und ihren Vergleichsstudien zu Österreich, Deutschland und Frankreich.

 

Bloch’Notes: „Kriminologie“ ist ein Fach, das am Centre Marc Bloch selten vertreten ist. Wie würden Sie diese Disziplin definieren?

Andrea Kretschmann: Kriminologie, breit definiert, ist die Lehre vom Verbrechen und von der Verbrechensbekämpfung. Es gibt verschiedene Strömungen und eine davon ist die sogenannte kritische Kriminologie, eine dabei auch explizit sozialwissenschaftliche Kriminologie. Die kritische Kriminologie schaut sich vor allem die Strafrechtinstitutionen an. Mich interessiert in loser Verbundenheit mit dieser Tradition weniger die TäterInnenperspektive als die Perspektive der Institutionen. In Deutschland ist die Kriminologie vor allem an die Rechtswissenschaft gebunden. Die sozialwissenschaftliche Perspektive muss bis heute stark um ihren Platz im wissenschaftlichen Diskurs kämpfen. Im angloamerikanischen Raum und in Frankreich ist das anders. Kriminologische Themen bearbeite ich als Soziologin allerdings meist grundlagensoziologisch. Ich sehe keinen Nutzen in einer Disziplin „Kriminologie“, hier stimme ich völlig mit der Diskussion in Frankreich überein.

BN: In Ihrer Dissertation, die gerade veröffentlicht wurde, geht es um die rechtliche Regulierung am Beispiel der Pflege älterer Menschen in Österreich.

AK: Ich habe mir ArbeitgeberInnen, die zuvor irregulär beschäftigt haben und irregulär Beschäftigte in der häuslichen Pflege angeschaut. In der Arbeit ging es darum, zu erfahren, was diese Akteure dazu bringt, sich an neu entstehende rechtliche Rahmenbedingungen zu halten. Es gibt nämlich viele Theorien, die sich damit beschäftigen, warum Menschen sich nicht an rechtliche Vorgaben halten, aber nur ganz wenige, die fragen, warum sie sich an das Recht anpassen. Gerade der Pflegebereich ist ein Segment im Arbeitsmarkt, in dem Arbeit nicht nur ethnisiert und vergeschlechtlicht, sondern auch gering bezahlt und gering formalisiert ist. Daher wird dort sehr liberal reguliert und Rechtskonformität ist nicht selbstverständlich. In Deutschland zum Beispiel funktionieren Regulierungen aufgrund liberaler Gesetzgebungen oft sehr schlecht. Wie Recht im Alltag und damit ‚von unten‘ wirksam wird, ist eine völlig unterbelichtete Perspektive. Meine Forschung soll einen Beitrag zu diesem Desiderat leisten.

BN: In Ihren Publikationen beschäftigen Sie sich mit dem Zusammenhang zwischen Recht und Gesellschaft, zum Beispiel im Falle des für Deutschland, Frankreich und viele weitere Länder sehr aktuellen Themas: den Terrorismusgesetzen.

AK: Kriminalpolitiken unterliegen seit 9/11 einem starken Wandel. Viele Faktoren spielen hier hinein. Ich habe mich für Österreich u. a. mit der Frage beschäftigt, warum Anti-Terrorismusgesetze verschärft werden, obwohl es dort eigentlich keinen Terrorismus gibt. Ich habe hierbei verfolgt, wie Wissen auf Reisen geht. Das ist zum Beispiel der Fall, wenn Vorfälle oder verschärfte Gesetzgebungen in anderen europäischen Ländern Anlass dafür sind, die Gesetze im eigenen Land zu ändern.

BN: Wie schätzen Sie die französische Situation zu diesem Thema ein?

AK: Frankreich erlebt gerade eine extreme Situation, als erstes Land in Europa erlebt es ein Comeback des Terrorismus, eines spezifisch globalisierten. Das ist ein reales Problem, dem begegnet werden muss. Was ich jedoch auch beobachte, das sind Nebeneffekte, die aus Verquickungen der Antiterrorismusgesetzgebung mit anderen gesellschaftlichen Entwicklungen im Kriminaljustizsystem resultieren: Mit der Antiterrorismusgesetzgebung bekommen viele Organe des Kriminaljustizsystems erweiterte Eingriffsbefugnisse. Je länger es diese gibt, desto mehr werden sie auf andere gesellschaftliche Bereiche übertragen. Auf einmal werden, wie in Frankreich vor dem Sommer, Antiterrorismusmaßnahmen eingesetzt, um beispielweise Demonstrationen einer großen Gewerkschaft gegen das Loi Travail zu untersagen. Oder es werden auf Grundlage des État d’urgence Menschen ohne richterliche Kontrolle unter Hausarrest gestellt. Dadurch entstand in Frankreich eine Tendenz zur Kriminalisierung von Versammlungen und Meinungsäußerungen – eine demokratiepolitisch problematische Entwicklung.

BN: Ein weiteres Beispiel für diesen Zusammenhang zwischen Recht und Gesellschaft ist das Thema Strafvollzug. In Deutschland scheint die politische Debatte dazu allerdings sehr ruhig.

AK: Im Gegensatz zu Frankreich gibt es einfach keine Debatte. In Deutschland gibt es eine Kluft zwischen dem, was politisch getan wird und den Ergebnissen der WissenschaftlerInnen, die sich mit dem Strafvollzug beschäftigen. WissenschaftlerInnen sind mehrheitlich der Meinung, dass offene Formen des Strafvollzugs viel wirksamer bei der Prävention von Rückfällen sind. Gleichzeitig stellt man eine Rücknahme des offenen Vollzugs fest, der in Deutschland ohnehin schon wenig angewandt wird. Insgesamt gibt es in Deutschland wenig sozialwissenschaftliche Forschung zum Strafvollzug. Die aber könnte die gesellschaftspolitische Debatte bereichern.

BN: Welchen Vorteil bringt Ihnen für diese Fragestellungen die deutsch-französische Perspektive, die vom Centre Marc Bloch angeboten wird?

AK: Meine Perspektive ist eigentlich die des deutschsprachigen Kontextes, weil ich sowohl in Deutschland als in Österreich wissenschaftlich gearbeitet habe und in beiden Ländern zu Hause bin. Der französische Wissenschaftskontext ist für mich aber schon immer wichtig gewesen, weil ich in meiner soziologischen Arbeit unter starker Bezugnahme auf die französische Philosophie und Sozialwissenschaft arbeite. Deswegen ist es für mich sehr spannend, ans CMB zu kommen. Was mich an der französischsprachigen Sozialwissenschaft interessiert, ist der – im weiten Sinne verstanden – kulturtheoretische Blickwinkel: dass Fragen von Macht, Wissen, Wissenszirkulation diskutiert werden und zwar mit Blick auch auf deren gesellschaftspolitische Brisanz. Mit diesem Stil Wissenschaft zu betreiben, kann ich sehr viel anfangen.

Interview geführt von Sébastien Vannier

Foto: Paula Pfoser

Research


La balance des peines : les élaborations d’un sondage croisé // Strafen in der Waagschale: eine vergleichende Befragung

Fabien Jobard (CMB), Kirstin Drenkhahn (FU), Tobias Singelnstein (FU)

Il est établi que « le tournant néo-libéral », selon le terme du politiste français Bruno Jobert (1994), s’est doublé dans les Etats occidentaux d’une intensification des mécaniques pénales. L’indicateur le plus rudimentaire, celui du taux de détention, ne laisse apparemment pas de place au doute : aux Etats-Unis, ce taux est passé ces 30 dernières années de 150 à 750 détenus pour 100.000 habitants ; en France de 50 à 110. En Allemagne, pourtant, il est resté stable, aux alentours de 80 détenus pour 100.000 habitants, s’autorisant depuis le début des années 2000 une décrue légère mais continue, au moment où, en France,  une volonté générale de punir semblait saisir les médias, les politiques et les juges.

Comment expliquer cette différence ? Comment expliquer des évolutions ainsi divergentes entre deux pays dont les traditions juridiques et les dynamiques institutionnelles, depuis les codes napoléoniens jusqu’aux harmonisations européennes, devraient obéir aux mêmes logiques ?

Pour répondre à ces questions, nous menons un projet de recherche, financé par la Mission de recherche Droit et Justice, qui envisage de comparer la « punitivité » en France et en Allemagne, en soumettant à quatre échantillons différents (population française, population allemande, magistrats français, magistrats allemands) une série de cas pratiques et en leur proposant de prononcer une peine choisie dans une liste prédéfinie. Sept cas sont proposés (violence ; violence conjugale ; vol à l’étalage ; fraude fiscale ; alcool au volant ; revente de drogue ; outrage à policiers) avec pour un certain nombre d’entre eux des variations de genre, de patronyme, de circonstances ou d’antécédents de l’auteur supposé des faits.

Par exemple, M. Amandier (Herr Baum) a insulté un homme rencontré sur le parking d’une boîte de nuit, puis lui a donné deux coups de poing sans raison apparente, à la suite de quoi la victime a subi une fracture de la mâchoire et s’est vue prescrire un arrêt de travail de 15 jours. M. Amandier 23 ans, de nationalité française (Herr Baum est allemand), est chauffeur routier et gagne environ 1500 € par mois. Selon les cas, son casier judiciaire est vierge ou porte une condamnation antérieure pour des faits semblables ; il a charge de famille ou est célibataire ; ou bien s’appelle M. Guerroudj (ou Herr Büyül).

Magistrats français, magistrats allemands, profanes français, profanes allemands, prononceront une peine parmi les 10 proposées – parmi lesquelles, bien sûr, l’absence de peine. Nous obtiendrons alors une matrice des peines déclinées selon chaque cas selon les 4 ensembles interrogés. Les juges français ont-ils, à infraction, auteur et circonstances égales, une préférence pour l’emprisonnement ferme par rapport à leurs homologues allemands ? Les Allemands sont-ils plus sévères que les Français quant aux infractions routières ; les Français plus sévères que les Allemands sur le deal de rue ? Quel est l’impact sur le jugement pénal du sexe de l’auteur ? de son patronyme ? de sa situation de famille ? Grâce à la collaboration avec une équipe de psycho-sociologues de l’Université de Grenoble-Alpes (Laurent Bègue et Oulmann Zerhouni), nous modulons également certains cas selon l’alcoolisation des prévenus, si bien que ce sont pas moins de 39 cas différents qui seront soumis aux jugements des magistrats et des profanes des deux pays.

Peu de recherches ont été menées sur des cas fictifs de manière comparée, qui plus est dans cette double perspective, à la fois binationale et bi-populationnelle (magistrats et opinions publiques). Les recherches internationales interrogent habituellement d’autres dimensions : le sens général, abstrait, de la peine (« à vos yeux, à quoi doit servir une condamnation pénale ?») ; la perception du fonctionnement des institutions judiciaires ; l’acceptation sociale d’un certain nombre de comportements (« pensez vous qu’il soit parfois justifié de… » mentir, voler, frauder, dégrader des biens publics, etc.) ou finalement la criminalité imputable à tel ou tel groupe social (par exemple les immigrés). Enfin, les recherches qui s’attachent à comprendre les préférences pénales attachées à des cas fictifs visent souvent soit les magistrats, soit les opinions publiques, mais peu les deux simultanément.

Qu’attendre de cette future matrice ? Du côté des magistrats, tout d’abord, examiner si les préférences de peines exprimées par les juges de chacun des deux pays font écho aux peines prononcées par catégories d’infraction, si les peines effectivement prononcées correspondent aux peines souhaitées. Du côté des populations, examiner comment s’ordonnent, sur une échelle de sévérité, les différentes infractions, et si certaines infractions suscitent la clémence ou la sévérité du public. Cette comparaison binationale permettra de comprendre si les Français et les Allemands partagent, au-delà de leur monnaie commune et de leur histoire partagée, une même culture pénale, ou bien si celle-ci se limite à certaines déviances particulières, certaines peines ou certains groupes, ou encore si, sur le plan de la pénalité, tout sépare encore Allemands et Français. Notre recherche est ainsi l’une des premières qui permettra de connaître et de comprendre les ressorts d’une éventuelle culture judiciaire au cœur de l’Union européenne, qui est aussi un espace de justice et de droit.

Photo : (c) flickr.com / ssalonso

 

Strafen in der Waagschale: eine vergleichende Befragung

Fabien Jobard (CMB), Kirstin Drenkhahn (FU), Tobias Singelnstein (FU)

 

Es gilt als gesichert, dass die „neoliberale Wende“ – nach den Worten des französischen Politikwissenschaftlers Bruno Jobert (1994) – in den westlichen Staaten mit einer Verschärfung der Strafmechanismen einhergegangen ist. Die Auswirkungen dessen variieren indes. Dies zeigt bereits der einfachste Indikator hierfür, die Zahl der Strafgefangenen: In den USA ist die Rate in den letzten dreißig Jahren von 150 auf 750 Häftlinge pro 100.000 Einwohner gestiegen, in Frankreich von 50 auf 110. In Deutschland hingegen ist sie mit rund 80 Häftlingen pro 100.000 Einwohner stabil geblieben. Dabei lässt sich hier seit der Jahrtausendwende zudem eine leichte, aber konstante Abnahme beobachten, während in Frankreich Medien, Politiker und Richter offenbar von einem allgemeinen Bestrafungswillen erfasst worden sind.

Wie lässt sich diese Differenz erklären, diese unterschiedliche Entwicklung in zwei Ländern, deren Rechtstradition und institutionelle Dynamik vom Code Napoléon bis hin zu den europäischen Vereinheitlichungsbemühungen doch eigentlich derselben Logik folgen sollten?

Unser von der „Mission de recherche Droit et Justice“ finanziertes Forschungsprojekt will diesen Fragen nachgehen. Hierzu soll die „Straflust“ in Deutschland und Frankreich anhand einer Befragung verglichen werden, bei der vier verschiedenen Zielgruppen (französische Bevölkerung, deutsche Bevölkerung, französische Richter, deutsche Richter) mehrere praktische Fälle vorgelegt werden. Im Anschluss sollen die Befragten aus einer vorgegebenen Liste eine Sanktion oder sonstige Form der Verfahrensbeendigung auswählen. Sieben Fälle werden abgefragt (Gewaltanwendung, häusliche Gewalt, Ladendiebstahl, Steuerbetrug, Alkohol am Steuer, Drogenverkauf, Beamtenbeleidigung gegenüber Polizisten), wobei in einigen Fällen Geschlecht, Familienname, Umstände oder Vorgeschichte des mutmaßlichen Täters variieren.

Als Beispiel hat etwa Herr Baum (Monsieur Amandier) auf dem Parkplatz eines Nachtclubs einen Mann beleidigt, ihm augenscheinlich grundlos zwei Faustschläge versetzt, wodurch das Opfer einen Kieferbruch erlitt und zwei Wochen krankgeschrieben wurde. Herr Baum, 23 Jahre, ist deutscher (bzw. französischer) Staatsbürger, Lastwagenfahrer und verdient rund 1.500 € pro Monat. Je nach Fallbeschreibung hat er entweder keine einschlägige Vorgeschichte oder er wurde bereits einmal für eine ähnliche Tat verurteilt, er ist entweder Familienvater oder alleinstehend, oder er heißt nicht Baum, sondern Büyül (oder Guerroudj).

Die deutschen und französischen Richter und Laien wählen eine Form der Sanktionierung bzw. Verfahrensbeendigung aus, die sie aus den zehn vorgeschlagenen Möglichkeiten auswählen. So entsteht also eine Matrix der Strafen nach Fällen und nach den vier befragten Gruppen. Haben die französischen Richter bei gleichem Gesetzesverstoß, gleichem Täter und gleichen allgemeinen Umständen eine stärkere Neigung, eine Gefängnisstrafe zu verhängen, als ihre deutschen Kollegen? Beurteilen die Deutschen Verkehrsdelikte strenger als die Franzosen, bestrafen die Franzosen den Straßenverkauf von Drogen härter als die Deutschen? Welchen Einfluss hat das Geschlecht des Täters auf die Wahl der Strafe, wie beeinflussen sein Nachname oder sein Familienstand das Urteil? Im Rahmen der Zusammenarbeit mit einem Team von Sozialpsychologen der Universität Grenoble-Alpes (Laurent Bègue und Oulmann Zerhouni) haben wir zudem in einigen Beispielfällen den Alkoholspiegel des mutmaßlichen Täters verändert, sodass den Richtern und Laien beider Länder insgesamt 39 verschiedene Fälle vorgelegt werden können.

Die vergleichende Forschung zu fiktiven Fällen ist noch neu, insbesondere in Form der doppelten Perspektive einer binationalen Untersuchungsgruppe. Zudem konzentriert sich die Forschung, die Strafverhalten anhand fiktiver Fälle untersucht, meist entweder auf die Richter oder auf die öffentliche Meinung und nur selten auf beide Gruppen gemeinsam.

Welche Möglichkeiten bietet die für unser Projekt gewählte Matrix? Auf Seiten der Richter soll sie zunächst aufzeigen, ob die Präferenzen der Richter beider Länder für bestimmte Strafen die für bestimmte Gesetzesverstöße ausgesprochenen Strafen widerspiegeln, ob also die tatsächlich verhängten Strafen den bevorzugten Straftypen entsprechen. Auf Seiten der beiden Bevölkerungsgruppen soll sie aufzeigen, wie die Schwere der verschiedenen Gesetzesverstöße auf einer Skala eingeordnet wird und ob bestimmte Verstöße in der Öffentlichkeit entweder eher toleriert oder aber als besonders strafwürdig angesehen werden. Dieser binationale Vergleich soll aufzeigen, ob Franzosen und Deutsche – über gemeinsame Währung und geteilte Geschichte hinaus – dieselbe Strafkultur haben, ob sich die Gemeinsamkeiten auf einige Formen von Devianz, bestimmte Strafen oder Gruppen beschränken oder ob sich im Gegenteil Franzosen und Deutsche hinsichtlich ihrer Straflust noch gänzlich unterscheiden. Als eine der ersten Untersuchungen ermöglicht unsere Befragung also die Erkenntnis und das Verstehen der Triebkräfte einer potenziellen Rechtskultur innerhalb der Europäischen Union, die nicht zuletzt ein Raum der Justiz und des Rechts ist.

Foto: (c) flickr.com / ssalonso